Sira
Vie du Prophète Muhammad (saw)
 

3 - La naissance de Muhammad (saw)

                     

Le Prophète (saw) vint au monde dans la ville de la Mecque, située dans la région du Hedjaz à l’Ouest de la péninsule arabique. La date exacte de sa naissance n’est pas établie avec certitude. La raison en est que, à cette époque, aucun calendrier déterminé n’était d’usage chez les Arabes. Selon l’opinion la plus largement admise, il serait né un lundi du mois de Rabî`a Al-Awwal, 50-55 jours après l’Evènement de l’Eléphant. D’après les divers calculs, la date de naissance du Prophète (saw) correspondrait soit au lundi 20 Avril (9 Rabî`a Al-Awwal) 571, soit au lundi  17 Juin (12 Rabî`a Al-Awwal) 569. Ces deux dates sont respectivement formulées par l’astronome égyptien Mahmoud Pacha Al Falaki (mort. 1302/1885), pour la première, et le fameux savant contemporain de l’Islam, Muhammad Hamidoullah (mort. 2002), pour la seconde.

Le père de Muhammad (saw) est Abdullah fils d’Abd Al-Mouttalib, du clan des Banu Hachim de la tribu de Quraysh ; sa mère est Amina fille de Vahb b. Abdumanaf, du clan des Banu Zouhra de la tribu de Quraysh. Le Prophète (saw) fut le seul enfant né de leur union.

Le père du Prophète (saw), Abdullah, était un jeune homme élégant et apprécié parmi ses pairs. Son visage laissait transparaitre une beauté et une clarté qui ne se trouvaient pas parmi ses semblables. Il est admis que cela relevait d’une manifestation de la « lumière de la prophétie » (Nour Al Muhammadi) émanant du Prophète (saw). Selon la tradition, lorsqu’Abd Al-Mouttalib, le père d’Abdullah (et grand-père du Prophète (saw)) réaménagea le puit de Zamzam après l’avoir identifié, certains notables parmi les Qurayshites tentèrent de le ridiculiser en le tournant en dérision. À ce moment, Abd Al-Mouttalib qui était impuissant face à eux, car n’ayant pour seul fils que Harith, émit le serment, si Allah lui accordait dix fils, de lui faire offrande de l’un d’eux. Quand plus tard, son vœu fut exaucé et qu’il fut père de dix fils, un songe lui rappela son serment, et il recouru au sort pour définir celui de ses fils qu’il allait sacrifier pour le soumettre en offrande. Lorsque le sort désigna son benjamin Abdullah, il décida de le sacrifier mais de nombreuses personnes et, en premier lieu, ses filles s’opposèrent à sa décision. Cherchant une solution qui lui permettrait d’honorer son serment, Abd Al-Mouttalib décida sur un conseil qu’il reçut et selon les usages en vigueur, de soumettre à nouveau au sort le choix de l’offrande entre son fils et dix chameaux.

Seulement, le sort redésigna Abdullah. Abd Al-Mouttalib continua en réitérant cette action, ajoutant à chaque fois dix chameaux. Lorsqu’il atteignit cent chameaux, le sort désigna enfin les bêtes et il dut sacrifier cent chameaux. Ainsi il put sauver son fils Abdullah qu’il aimait tant. C’est pourquoi, le Prophète (saw), évoquant à la fois son père Abdullah et son ancêtre Ismail (Ismaël) fils d’Ibrahim (Abraham) qui échappèrent au sacrifice, se désignait comme « le fils des deux offrandes ». Quand il fut jeune adulte, Abdullah déclina beaucoup de demandes en mariage qui lui furent soumises et, à l’initiative de son père, il épousa finalement Amina, fille de Vahb. Il en découle qu’à cette période il devait être dans ses dix-huit ans. Lors de son retour de Syrie où il entreprit un voyage commercial, Abdullah fit une halte à Yathrib (Médine) pour rendre visite à ses oncles paternels qu’étaient les fils d’Adi b. Najjar. Seulement, il y tomba malade et après être resté alité près d’un mois auprès de ses proches il décéda et fut enterré à Médine. Abd Al-Mouttalib, apprenant la maladie d’Abdullah, dépêcha son fils Harith à Yathrib mais avant que ce dernier n’atteigne la ville son frère rendit l’âme. Pour cette raison, le Prophète (saw) vint au monde orphelin. La grande majorité des savants sont d’avis qu’Abdullah, qui ne connut la prophétie de son fils, sera parmi ceux qui seront épargnés du châtiment et connaitront le salut.

Amina, la mère du Prophète (saw), jouissait d’un rang élevé parmi les filles de Quraysh. Son père, Vahb, était également un homme influent parmi les Banu Zouhra. Abd Al-Mouttalib, accompagné de son fils Abdullah, alla demander la main d’Amina à son père ou, selon une autre version, à son oncle Wuhayb et sur l’acceptation de ce dernier le mariage fut célébré. Selon les usages en rigueur à cette époque, les trois premiers jours de mariages se déroulèrent dans la demeure d’Amina. Il est admis que la lumière de la prophétie qui se manifestait sur le front d’Abdullah fut transmise à Amina après cette union. Les sources islamiques mentionnent des traditions relatant les faits miraculeux qui se seraient déroulés pendant la période qui s’écoula entre le transfert du Prophète (saw) dans l’utérus maternel et sa naissance. Selon une tradition rapportée, Amina, enceinte du Prophète (saw), aurait fait un rêve dans lequel des signes lui auraient indiqué l’importance de l’enfant qu’elle portait et lui auraient insufflé de nommer Muhammad ou Ahmed l’enfant qui naitra. Parmi ces traditions, il en est aussi qui rapportent qu’Amina n’aurait pas souffert des douleurs de l’accouchement. De même qu’il est évoqué selon une tradition notoire le fait que le Prophète (saw) serait né circoncis. Par ailleurs, il fut purifié par les anges et marqué du sceau de la prophétie. Le grand-père, Abd Al-Mouttalib, apprenant la bonne nouvelle de la naissance de son petit-fils organisa un repas en son honneur et le nomma Muhammad en présence des convives, expliquant son choix par le vœu que son petit-fils soit louangé par Allah et les hommes.

 

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