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À l’endroit où attendait Yaqoub (as)

Aux côtés de Youssouf (as) c’était un éveil de Yaqoub (as) (as). L’Envoyé d’Allah (saw) a partagé tant le destin de Yaqoub (as) que celui-ci de Youssouf (as). Cette phrase, que Yaqoub (as) a dite à Youssouf (as), a été en premier prononcée par lui. Alors que les paroles sortantes de sa bouche brisait d’abord son cœur…

« Ne raconte pas ton rêve à tes frères... » (Youssouf/5)

Ceci est une triste recommandation. Un avertissement mélancolique. C’est la satisfaction d’attendre tout en sachant ce qui va se passer. C’est répondre par une joie aigre à Youssouf (as) disant avec une joie innocente : «Ô mon père, j’ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi» (Youssouf/4). C’est répondre à son sourire enfantin avec les traits profonds de son front, avec son expérience de grand âge, en tant que « père ». 

C’est le fait de pouvoir dire « Mon enfant, les choses ne sont pas comme tu crois qu’elles le sont. » C’est le silence de « Si tu as un rêve, tu vas avoir des ennuis. » C’est le rappel silencieux du prix qu’il va payer tout au long de sa vie d’un père ayant le visage sur lequel se promènent les ombres tristes de la sagesse, au visage soyeux telle une fleur, à son sourire sans compte. C’est le fait de se taire en avalant la douleur qu’il a en lui et d’attendre. « Ils monteraient un complot contre toi; le Diable est certainement pour l’homme un ennemi déclaré. » (Youssouf/5)        

Muhammad Mustafa (saw) était le garde du sommeil profond de La Mecque. Il tenta de déchirer le devant de la chemise du rêve du monde. Son effort était de faire passer de la lumière à ses nuits sans révélation. Il promettait un matin à l’obscurité sombre des oublis. Ainsi il prit le poids de la Parole des cieux sur ses épaules. Son souhait était de faire lever la nuit du monde. Afin d’amener le printemps il plut de syllabes en syllabes sur les terres mortes de l’humanité. 

Aux côtés de Youssouf (as) c’était un éveil de Yaqoub (as) (as). L’Envoyé d’Allah (saw) a partagé le destin de Yaqoub (as) tant que celui-ci a partagé le destin de Youssouf (as). Cette phrase que Yaqoub (as) a dite à Youssouf (as), a en premier prononcée par lui. Alors que les paroles sortantes de sa bouche brisait d’abord son cœur…

Pendant les jours difficiles de La Mecque, alors que les syllabes de l’histoire de Youssouf (as) étaient lues, il se prépara au rôle de Yaqoub (as). C’était le nom de l’attente Yaqoub (as). C’est le pic du languissement sans révolte. Le four des manques remplis de résignation. L’arrêt où l’on se tait l’un à côté de l’autre tout en considérant la parole comme une braise. La patience de ne pas désespérer de ce qu’on a perdu. C’est le cri de la nostalgie à la beauté tel Youssouf (as). Le nom de se sentir espoir de la tête aux pieds. 

Alors que Yaqoub (as) est le vrai héros de la plus belle des histoires. Et si Yaqoub (as) n’aurait pas été là, qu’est-ce qu’il serait arrivé à l’histoire ? Et si Youssouf (as) n’aurait personne qui l’attendait, dans quel état aurait été Youssouf (as) ? Et si personne n’aurait remarqué l’absence de Youssouf (as) ? Et si dès le départ on aurait consenti à l’absence de Youssouf (as) ? 

Car, Youssouf (as) n’ayant pas de Yaqoub (as) n’aurait pas de valeur même s’il sortait du puits. Youssouf (as) n’étant pas attendu par Yaqoub (as) n’aurait pas d’estime même s’il était sauvé de l’esclavage. Youssouf (as) n’ayant pas de manque de Yaqoub (as) ne deviendrait pas vizir. En fait, le rêve de Youssouf (as) allait commencer à être raconté avec le réveil de Yaqoub (as).

L’Envoyé attendait juste là-bas. Bientôt les pertes allaient arriver. Il allait envoyer les personnes qu’il aimait bien loin. Les décès allaient venir entre-temps. Il était à la veille des séparations. Il allait attendre ceux qui allaient être jetés au puits. Aux côtés des martyrs Soumaya et Yassir (r.anhum) il allait donner la nouvelle de l’éveil de l’au-delà.  

La scène de Yaqoub (as) lui a été donnée...

Alors que Yaqoub (as) est le vrai héro de la plus belle des histoires. Et si Yaqoub (as) n’aurait pas été là, qu’est-ce qu’il serait arrivé à l’histoire ? Et si Youssouf (as) n’aurait personne qui l’attendait, dans quel état aurait été Youssouf (as)? Et si personne n’aurait remarqué l’absence de Youssouf (as) ? Et si dès le départ on aurait consenti à l’absence de Youssouf (as) ?  Et si tout le monde se serait habitué à l’absence de Youssouf (as) ? Et si le souffle de Yaqoub (as) rempli de manque n’aurait pas été entendu ? Et si Youssouf (as) n’aurait pas été recherché. Et s’il n’aurait pas été considéré de valeur à être recherché… Si Youssouf (as) aurait été oublié ; si le fait qu’il a été oublié aurait été oublié. S’il n’aurait ni nom ni renommé. S’il n’aurait pas été attendu derrière les portes. Si sa route n’aurait pas été surveillée. S’il n’aurait même pas été quelque chose méritant à être commémoré.

C’est clair que c’est nous qui sommes le Youssouf (as) perdu de cette histoire...

C’est ainsi que notre destin reçoit une part de l’histoire de Youssouf (as) : « Vous vous êtes réveillé d’un rêve du monde où les étoiles, la lune et le soleil se prosternent devant vous. Mais sachez que satan est votre ennemi évident. Des pièges vont être installés sur votre route. À votre tombé les foules vont être contentes. Votre unicité va leur paraître futile. Ils vont banaliser votre personnalité. Ils vont vous pousser vers le puits de « Sois comme tout le monde ! » Ils vont ensanglanter votre chemise. Ils vont faire couler votre sang. Ils vont faire comme s’ils pleuraient derrière vous. Ils vont vous abandonner aux mains de commerçants avides. Ils vont soi-disant vous sauver. Ils vont vous habituer au monde. Ils vont attacher votre cœur aux biens matériels. Mais, ils vont vous vendre à un bas-prix, ils vont piller vos espoirs. Ils vont vous contraindre à peu de ce que vous méritez. Puis, ils vont vous faire oublier et rendre satisfait d’ici-bas. Ils vont faire de vous un objet de la consommation. Ils vont vous divertir dans les couleurs de fausses images. Ils vont vous rendre esclave de vos envies, ils vont vous asservir à votre sensualité. Puis, ils vont déchirer la chemise de votre chasteté. Alors que, vous vivez encore avec une chemise pouvant se déchirer. »

Nous entendons un réconfort commençant par « mais » des phrases provenant de la bouche de Yaqoub (as). Murmurant du fond de la rivière de la révélation. Ceci est le chuchotement dit à notre cœur : « Même si vous tombez dans le puits du péché, même si vous vous perdez dans la prison de la révolte, vous avez quelqu’un vous attendant. Tout comme Yaqoub (as). Il ne perd jamais l’espoir en vous. Il ne dira jamais « Fais ce qu’il vous plaît ! »

Durant les jours difficiles de La Mecque, ces paroles sont entendues pendant les nuits remplies de mélancolie. « Le Possesseur de la Parole du Ciel donne la nouvelle que l’Envoyé d’Allah (saw) se tient toujours à la place où se tenait Yaqoub (as). Il attend sans se faire avoir par les chemises pleines de sang.   Il ne tient pas égal le puits ainsi que notre caractère « Youssoufique ». Il attend sans prendre en compte les chemises déchirées. Il ne tient pas égal Zoulayha et nos tromperies derrière les portes fermées. Il devient même aveugle de bon gré. Du moment qu’il ne nous voit pas à ses côtés, il ne donne pas de valeur à voir autre chose. De loin il surveille notre odeur.

Et si nous enlevions la chemise du monde, il serait content Muhammad Mustafa (saw), il serait aussi content qu’un enfant. Ses yeux s’éclaireraient tout comme notre Yaqoub (as) attendant à côté de notre rêve du monde. Lorsque nos yeux vont s’ouvrir, ses yeux aussi vont s’ouvrir.

 

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