Les Compagnons
Ahl Al-Bayt
 

Ali bin Abu Talib (ra)

Durant le processus de fraternisation entrepris par le Prophète (saw) cinq mois après l’Hégire et qui avait pour but de rapprocher les Ansars des Muhajirs, le Messager de Dieu (saw) choisit Ali (ra) comme frère et le maria à sa fille Fatima (r.anha) en l’an 2 de l’Hégire.

Ali bin Abu Talib (ra) était de moyenne taille, d’un teint mat, il avait des yeux noirs et larges, sa barbe était dense et large. Il avait un très beau visage et lorsqu’il souriait, ses dents apparaissaient. Le Prophète Muhammad (saw) l’avait surnommé « Abu Turab » (le père de la terre) mais on le nommait aussi « Al-Murtada » (celui dont on est satisfait) et « Asadulillah Al-Ghalib » (le lion d’Allah vainqueur). Il est coutume de prier sur lui lorsque son nom est mentionné par l’invocation : « Karramallahu wajhah » (qu’Allah honore sa face) car il n’a jamais voué de culte aux idoles durant sa jeunesse. Les sources sunnites et chiites s’accordent à affirmer qu’il a été d’une grande importance dans l’expansion de l’Islam et qu’il possède un rang exceptionnel de par ses hautes qualités morales et humaines quant à sa science, sa piété, sa sincérité, son dévouement, sa compassion, son courage et sa bravoure, et du fait qu’il soit un de ceux qui connaissent le mieux le Coran et la Sunna. Il possède aussi une place très particulière dans la littérature mystique (tasawwuf) et plus particulièrement dans la culture turque, et ce, en raison qu’il a été et est toujours une des personnalités incontournables du soufisme.

Les polythéistes avaient amplifié les tortures et maltraitances et avaient même commencé à planifier le meurtre du Prophète Muhammad (saw). Le Messager (saw) alors décidé d’effectuer l’Hégire vers Médine, mais avant de partir, il laissa Ali (ra) à La Mecque pour faire diversion et occuper sa place durant son absence. Ali (ra) passa donc la nuit dans le lit du Prophète (saw) pour leur faire croire qu’il était toujours chez lui. Plus tard, Ali a rendu les dépôts que le Prophète (saw) lui avait confiés et il est, à nouveau sous l’ordre de l’Envoyé de Dieu (saw), parti de La Mecque avec la fille du Messager (saw) Fatima (r.anha), sa propre mère Fatima (r.anha) et les siens, puis ils rattrapèrent le Prophète (saw) à Quba. Durant le processus de fraternisation entrepris par le Prophète (saw) cinq mois après l’Hégire et qui avait pour but de rapprocher les Ansars des Muhajirs, le Messager de Dieu (saw) choisit Ali (ra) comme frère et le maria à sa fille Fatima (r.anha) en l’an 2 de l’Hégire. Trois fils, Hassan, Hussein et Muhsin (mort à la naissance) et deux filles, Zeynab et Oum Koulthoum (r.anhum) sont nés de cette union. Ali (ra) n’a eu aucune autre épouse du vivant de Fatima (r.anha). Après la mort de Fatima, il a épousé plusieurs femmes et a eu de nombreux enfants. Il est rapporté qu’il serait né à La Mecque environ 22 années avant l’Hégire (600). Son père est Abu Talib et sa mère, Fatima bint Asad bin Hashim (r.anha). Ali (ra) était le plus petit enfant d’Abu Talib. Le Prophète (saw) avait pris Ali (ra) à ses côtés pour alléger les difficultés que rencontrait son oncle Abu Talib lors de la disette qui avait frappé La Mecque. Il grandit auprès du Messager (saw). Ali (ra) a été un des premiers à croire en la prophétie de Muhammad (saw). Les chiites et les sunnites ont divergé quant au fait de savoir s’il a embrassé l’Islam en même temps que Khadija (r.anha), juste après elle ou après Khadija et Abu Bakr (r.anhuma). Il est rapporté qu’il était alors âgé de neuf, dix ou onze ans. En effet, il est fort probable qu’il soit devenu musulman après Kahdija (r.anha) et qu’il ait été, selon son âge, le premier enfant à être musulman et à prier derrière le Prophète (saw). Les sources ne contiennent pas beaucoup d’informations concernant sa vie avant l’Hégire. Cependant, dans les sources chiites, sa vie y est racontée en détail dès sa naissance et entremêlée de miracles et de légendes.

Il a participé à presque toutes les batailles et expéditions, parmi lesquelles les plus importantes sont les batailles de Badr, Uhud, Khandak et Khaybar. Il a été durant ces batailles le porte-étendard des musulmans et a fait preuve de grande bravoure qui a été transmise plus tard sous forme de légendes. Il avait été blessé à divers endroits, mais avait continué à protéger le Prophète (saw) durant les batailles d’Uhud et Hunayn. À Khaybar, il s’était muni d’une grande porte en fer qu’il avait utilisée en bouclier et c’est principalement grâce à sa bravoure que les musulmans ont pu gagner cette bataille contre les juifs. C’est à nouveau lui qui a dirigé et commandé l’expédition de Fadak contre les Bani Saad et l’expédition du Yémen. Cette dernière avait permis la conversion des Bani Hamdan. Tandis que durant l’expédition de Tabouk, il était resté à Médine en tant que suppléant du Prophète (saw).

L’audace des  insurgés d’Égypte, de Bassora et de Koufa, venus à Médine s’opposer au califat, a sans aucun doute été amplifiée du fait que des personnalités importantes telles que Ali, Talha et Zubayr (r.anhum) ont pu critiquer le calife de cette sorte. Au point qu’ils ont été capables de s’entretenir avec eux et leur proposer le califat après qu’eut été déchu Othman bin Affan (ra). Ces trois dignes compagnons ont refusé avec résolution cette proposition, particulièrement Ali (ra) qui a tenté de les faire renoncer à leurs intentions en les mettant en garde très sérieusement et les conseillant sans cesse d’arrêter. Cependant, ils n’ont pas été capables d’empêcher le siège de la maison du calife. Ali (ra), en raison de l'aggravation de la situation, a posté Hassan et Hussein (r.anhuma) devant la maison du calife et a ainsi poursuivi son soutien à son égard. Malgré toutes ces précautions, le calife a été fait martyr par les insurgés en l’an 35 (656). Ali (ra) n’avait pris aucune responsabilité dans le corps de l’État et n’avait participé à aucune des batailles durant la période des trois premiers califes. Il a uniquement été le suppléant militaire et était resté à Médine durant l’expédition faite en Palestine et en Syrie au moment du califat d’Omar bin Khattab (ra). Il avait préféré vivre à Médine et se concentrer sur les sciences Islamiques. Il était consulté, en raison de sa grande connaissance du Coran et de la Sunna, par Abu Bakr et Omar bin Khattab (r.anhum) sur les questions relevant du droit musulman. La proposition faite durant le califat d’Omar (ra) de prendre l’Hégire du Prophète (saw) comme date de départ du calendrier Islamique avait été acceptée était une initiative d’Ali (ra). Il avait aussi été un des membres du Conseil qui avait pour fonction de choisir le nouveau dirigeant lorsque le deuxième calife, Omar bin Khattab, avait été fait martyr par un ancien esclave qui avait retrouvé sa liberté. Bien qu’il n’ait pas participé aux troubles qui ont eu lieu à l’encontre du calife choisi par ce conseil, Othman bin Affan (ra), il a tout de même émis, ainsi que d’autres compagnons tels que Talha bin Ubeydullah et Zubayr bin Avvam (r.anhum), certaines critiques à l’égard du calife. Il l’a accusé de s’éloigner du Coran et de la Sunna concernant certaines pratiques et plus particulièrement du fait qu’il n’ait pas appliqué certaines sanctions prévues par la charî’a. Ali était le scribe du Prophète (saw) et aussi un des scribes de la révélation, c’est d’ailleurs lui qui avait écrit l’accord de Hudaybiya. C’est aussi à lui qu’avait été donnée la charge de détruire les idoles auxquelles vouaient un culte les tribus de Aws, Khazraj et Tay, ainsi que les idoles de la Kaaba, après qu’ait été conquis La Mecque. Il avait été chargé par le Prophète (saw), durant la 9ème année de l’Hégire, de rattraper Abu Bakr (ra) alors responsable du convoi de pèlerinage, pour leur réciter les premiers versets de la sourate Tawba récemment révélés et les informer qu’après cette année, les musulmans n’effectueraient plus le pèlerinage avec les polythéistes et que plus personne ne sera autorisé à effectuer le tawaf (circumambulation) déshabillé. Après la mort du Prophète (saw), selon ses dernières volontés, c’est Ali (ra), ainsi que parmi ses proches, Abbas, ses fils Fadl et Kusham et Usame bin Zayd (r.anhum) qui ont effectué le lavage mortuaire et les actes qui y sont associés du Messager (saw). Pendant ce temps, à la Saqifah des Banu Saida, les Ansars et les Muhajirs s’étaient rassemblés et mis d’accord sur le califat d’Abu Bakr (ra). Ali (ra) quant à lui, n’a pas porté allégeance à Abu Bakr (ra) et ce, jusqu’à la mort de sa femme Fatima (r.anha). Les chiites et sunnites ont largement divergé quant au fait de savoir si Ali (ra) désirait le califat ou bien qu’il était mécontent que ce sujet eût été traité trop rapidement sans considération de l’avis de certains. En tout cas, durant le califat du premier calife, Ali (ra) n’a jamais prétendu que le califat lui revenait obligatoirement et les compagnons (r.anhum) qui ont choisi Abu Bakr (ra) comme calife, n’ont pas agi en prenant en considération un quelconque testament ou une désignation qui seraient dans les textes scripturaires, comme le soutiennent les chiites. Ils l’ont choisi en raison de certaines de ses qualités telles que sa capacité à pouvoir défendre et élargir le territoire musulman et à pouvoir permettre l’unité et l’ordre, ainsi que son appartenance à la tribu des Quraych, le respect qu’il possédait en raison de son âge et de son expérience, son antériorité dans la conversion à l’Islam, sa proximité et son amitié avec le Prophète (saw).

Ali (ra) n’avait pris aucune responsabilité dans le corps de l’État et n’avait participé à aucune des batailles durant la période des trois premiers califes. Il a uniquement été le suppléant militaire et était resté à Médine durant l’expédition faite en Palestine et en Syrie au moment du califat d’Omar bin Khattab (ra). Il avait préféré vivre à Médine et se concentrer sur les sciences Islamiques.

Lorsque Othman (ra) a été fait martyr, les membres de Banu Umayya ont très rapidement quitté Médine et donc la ville était complètement contrôlée par les insurgés. 

Les compagnons se sont ensuite rassemblés dans le masjid, parmi lesquels se trouvaient Abdullah bin Omar, S’ad bin Abi Waqqas, Mughira bin Sh’uba, Muhammed bin Maslama et Oussama bin Zayd (r.anhum), pour choisir un nouveau calife. Ali bin Abi Talib (ra) a dans un premier temps refusé le califat qui lui a été proposé et l’a lui-même soumis à Talha et Zubayr. Puis suite à l’insistance de certains, il a fini par accepter. Différentes dates, concernant le jour de cette nomination, ont été rapportées. Selon certains, elle aurait eu lieu le jour du martyre d’Othman (18 dhu’l-Hijja/ 17 juin) et selon les autres, cinq jours plus tard.

Le plus important sujet qui l’attendait était la question du meurtre d’Othman (ra). Mais il n’y avait pas un coupable précis, un groupe de plusieurs milliers de personnes disaient : «  Nous avons tous ensemble tué Othman (ra) ». Il était indéniable qu’il ne pouvait pas affronter et faire face pour le moment à ce groupe de rebelles qui contrôlaient la ville entière. La meilleure solution était d’attendre que la situation se calme. Une autre raison qui l’a sûrement poussé à prendre cette décision était le fait qu’on lui ait prêté allégeance uniquement à Médine, la situation dans les autres villes était encore très floue. En effet, le gouverneur de Syrie avait refusé l’invitation du délégué d’Ali (ra) qui l’avait invité à lui prêter allégeance, en raison qu’Ali aurait été complice des rebelles et il a affirmé qu’il chercherait vengeance. Sur quoi, Ali (ra) a été contraint de mettre en urgence sur pied une armée qu’il a envoyée à Bassorah pour pousser Aisha (r.anha), qui avait soutenu les insurgés contre Othman et refusait maintenant de prêter allégeance au nouveau calife, ainsi que Talha et Zubayr (r.anhum) qui l’avaient rejoint quatre mois auparavant, à lui obéir. Il semble difficile d’expliquer, en vue des informations que l’on possède, comment certains compagnons de La Mecque ont pu être du côté de la famille Omeyyade et pourquoi cette posture négative de Muawiya vis-à-vis d’Ali (ra) qui désirait sincèrement que soient punis les meurtriers d’Othman, mais attendait uniquement que les conditions le permettent.

L’armée dirigée par Aisha (r.anha) et l’armée du califat se sont rencontrées devant Bassorah à Hurayba (15 Jumada Al-Thani 36/ 9 décembre 656). Cette bataille connue sous le nom de « Waqa’a Al-Jamal » (la Bataille ou l’Evénement du Chameau) s’est fini par la victoire d’Ali (ra) et la mort de nombreux musulmans, dont Talha et Zubayr (r.anhum). Le calife, très attristé de la mort de ces personnes, a lui-même effectué leurs rites funèbres et a envoyé Aisha (r.anha) à Médine accompagnée d’une délégation constituée uniquement de femmes. Après avoir distribué l’argent de Bayt Al Mal (trésor public) et le butin de guerre et avoir réglé la situation, il a réitéré son invitation à se soumettre à son califat à Muawiya (ra), mais cela n’a pas abouti. C’est ainsi que les musulmans se sont à nouveau affrontés à Siffin (dhul Hijja 36/ juin 657). La bataille entre les cavaliers et les infanteries a fait rage durant 3 mois, elle a complètement lassé les deux cotés et a continué dans toutes sa violence jusqu’à la nuit du 10 Safar 37 (27juillet 657), connue sous le nom de « Laylatu’l-harir », pour ce finir au matin un jour de Vendredi.  Alors qu’Ali (ra) était sur le point de porter le dernier coup fatal par le biais de son célèbre commandant, Malik al-Ashtar, Muawiya (ra) dans le désespoir a voulu fuir la bataille, mais Amr bin ‘As (ra) est venu en son aide et l’a conseillé de demander que le conflit soit résolu pas l’arbitrage du Livre d’Allah.  Muawiya (ra) a alors ordonné que soit porté le grand mushaf (compilation coranique) de Sham à l’aide de cinq lances et les membres de son armée ont exposé leur mushaf sur le bout de leurs lances et ont crié : « O les Iraqiens ! Arrêtons cette guerre, que le Livre d’Allah soit notre juge ». Cet acte avait eu l’effet qu’attendait Amr sur les kurra (lecteur et mémorisateur du coran) du camp d’Ali (ra). Bien qu’Ali (ra) les ait mis en garde contre cette ruse, il n’a pas réussi à les convaincre, il a donc été contraint, en raison des nombreux kurra qui insistaient, d’accepter cette proposition. Ali a désigné malgré lui, Abu Musa al-Ashari, comme arbitre et Muawiya, Amr bin ‘As (r.anhum). Les deux partis se sont mis d’accord qu’ils jugeraient selon le Coran et si nécessaire la Sunna du Prophète (saw) (13 ou 17 Safar 37/ 31 juillet ou 4 août 657). En parallèle, à la suite de cette bataille qui a causé la mort de 70 000 musulmans, un groupe du camp du calife issu des Tamimis s’est opposé à cet arbitrage avec pour slogan : « la hukma illâ lillâh » (le jugement n’appartient qu’à Allah). Ils ont exigé qu’Ali (ra) se repente et se soumette au Coran (Hujurat/9) en combattant les rebelles jusqu’à qu’ils obéissent à l’ordre d’Allah. Ali, quant à lui, a affirmé qu’il les avait avertis dès le début de l’ordre d’Allah, mais qu’ils n’ont pas écouté et que maintenant qu’un accord a été fait, il se devait, selon le Coran (al-Nahl/91), de tenir son engagement. Suite à quoi, un groupe d’environ 10 000 personnes, dont la majorité était donc issue de la tribu des Tamim, ont refusé de retourner à Koufa avec le calife et se sont retranchées à proximité de Koufa, à Harura.

Le calife est allé à Harura s’entretenir avec eux, et un groupe de 6000 personnes est retourné avec lui à Koufa. Mais le groupe restant, composé d’environ 4000 personnes, que l’on nommera plus tard les kharidjites, est allé à Nahrawan.

Alors que pendant ce temps se déroulait à Dumatul Jandal située sur la route entre la Syrie et l’Irak, durant le mois de Ramadan de l’an 37 (février 658), la première réunion entre les arbitres désignés par le calife et Muawiya (r.anhum). Ils se sont mis d’accord sur le fait qu’Othman (ra) n’avait rien fait qui méritait sa mise à mort et donc, que son meurtre était illégitime. Ali (ra) se préparait à combattre à nouveau Muawiya (ra).  Il a, en parallèle à ses préparations, écrit des lettres aux kharidjites alors à Nahrawan pour les  convaincre de se rallier, mais cela n’a rien donné. Puis les kharidjites ont tué le compagnon Abdullah bin Habab et sa femme enceinte (r.anhum), uniquement en raison qu’il ne partageait pas les mêmes opinions qu’eux. Ali a alors décidé de régler en priorité le problème kharidjite avant de marcher sur la Syrie. Les kharidjites ont refusé toutes les propositions d’Ali (ra) et ont fait débuter la guerre. Durant cette violente bataille qui a eu lieu, le 9 Safar 38 (17 juillet 658), la majorité des kharidjites ont perdu leur vie. Le calife a séjourné après cette guerre à Nuhayla s’apprêtant à marcher sur la Syrie. Il s’est entretenu avec un groupe de 2000 Kharidjites restés à Koufa, nommé les ahl al-Nuhayla. Bien qu’il leur a proposé, soit de le rejoindre pour combattre les Syriens, soit de retourner chez eux, ils l’ont taxé de mécréant et ont refusé ses deux propositions. La grande majorité a été tuée et les survivants ont fui à La Mecque. L’armée d’Ali (ra), lassée et fatiguée de tous ces événements, ne voulait plus combattre. Ali (ra) a alors été obligé de retourner à Koufa et mettre fin à ses préparations pour une expédition à l’encontre de Muawiya.

Les arbitres avaient en réalité décidé à Arzuh, après la réunion de Dumatul Jandal, le mois de Chabaane 38 (janvier 659) de destituer Ali et Muawiya et que le nouveau calife serait choisi par une commission (shura).  Cette décision a été prononcée tout d’abord par l’arbitre choisi par Ali, Abu Musa (r.anhum). Mais quand le tour était venu à l’arbitre choisi par Muawiya, Amr bin As, lui, a affirmé qu’il désignait Muawiya à la fonction de calife. Bien qu’Abu Musa s’y soit opposé, cela n’a rien changé et l’arbitrage a finalement entraîné la question du califat dans une impasse et le monde musulman dans des troubles sociopolitiques. Une partie de la population a reconnu le califat d’Ali (ra) et une autre, celle de Muawiya, ce qui a donné naissance à une division du pouvoir. Ali, après l’arbitrage, s’était retiré à Koufa pour entreprendre de nouvelles préparations pour une énième expédition contre Muawiya, mais il n’a pas trouvé un soutien suffisant de la part des Iraquiens épuisés et abattus. Finalement, ses efforts lui ont permis de former une armée de 40 000 personnes prêtes à combattre.  Mais le kharidjite, Abdurrahman bin Muljam qui brûlait d’envie de se venger, a blessé Ali (ra) à la prière du matin d’un coup de poignard empoisonné. Puis le calife est mort en martyr des suites de cette blessure deux jours plus tard, le 19 ou 21 Ramadan 40 (26 ou 28 janvier 661) et enterré à Koufa (Najaf). Alors que pendant ce temps, Muawiya (ra), avec le soutien total des Syriens, a conquis de nombreuses régions contrôlées par Ali (ra), dont l’Égypte, et a ainsi établi les bases de la Dynastie Omeyyade.

 

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