Les Compagnons
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Hamza, le Lion d'Allah, le Martyr d'Uhud

Il est né en 570, un an avant le Prophète (saw), à la Mecque. Son père est Abdoulmouttalib, sa mère est Hâla bint Wouhayb, cousine paternelle d’Amina. De fait, Hamza est parent du Prophète (saw) autant par sa mère que par son père. Outre la parenté oncle-neveu, le Prophète (saw) et Hamza ayant été conjointement allaités par Souwayba, la servante d’Abou Lahab, ils sont aussi frères de lait. Du fait qu’ils étaient pairs entre eux, ils passèrent leur enfance et leur jeunesse ensemble.

Grâce à sa conversion, les Musulmans, en faible nombre à la Mecque en raison de l’exil en Ethiopie, se virent renforcés et reprirent courage et, par conséquent, les sombres desseins que les polythéistes entendaient faire subir aux croyants furent, dans une certaine mesure, évités.

Après avoir été en 610 (ap. J.C.) chargé de la mission prophétique et avec le début des activités de prédication et d’appel à l’Islam, le Noble Message (saw) décida d’entamer la diffusion de son message par ses proches parents. Pour ce faire, il organisa des diners à l’intention de ses oncles et les appela à la fois à l’Islam et à lui apporter leur soutien dans ses activités de prédication. Dans ces réunions, tandis que parmi ses oncles, Abou Lahab s’opposait au Messager d’Allah (saw), Abou Talib, un autre oncle, tout en n’ayant pas embrassé l’Islam, promit à son neveu sa protection. Quant aux autres oncles, dont Hamza, ils ne manifestèrent aucun intérêt aux demandes du Prophète (saw).

Depuis les activités de prédication du Prophète (saw) destinées à ses oncles et jusqu’à sa conversion à l’Islam, le nom de Hamza n’est guère évoqué lors des événements qui survinrent pendant la période mecquoise. Bien qu’il soit rapporté qu’il aurait embrassé l’Islam en l’an 2 (612) ou en l’an 6 (616) de la mission prophétique, les avis penchent plutôt pour la seconde version. La conversion de Hamza est étroitement et directement liée aux pressions et persécutions que subit le Prophète (saw) de la part des polythéistes mecquois. En effet, Abou Jahl, un des notables polythéistes avait proféré des injures au Prophète (saw). Une femme qui avait été témoin de la scène avait rapporté les faits à Hamza qui se rendait à la Kaaba pour y effectuer des processions. Entrant dans une colère noire, Hamza se rendit directement sur lieu de rassemblement des polythéistes, frappa Abou Jahl avec l’arc qui se trouvait entre ses mains, le blessant à la tête et lui lança : « Et bien moi aussi je suis de la religion de Muhammad, si tu l’oses, tiens-moi les mêmes propos que tu lui as tenus », défiant ainsi Abou Jahl et, par la même occasion, déclarant aux chefs polythéistes qu’il avait désormais embrassé l’Islam. Quittant la Kaaba, Hamza se rendit immédiatement auprès du Prophète (saw), lui fit part de l’évènement et, en prononçant la formule de profession de foi, il embrassa l’Islam. Grâce à sa conversion, les Musulmans, en faible nombre à la Mecque en raison de l’exil en Ethiopie, se virent renforcés et reprirent courage et, par conséquent, les sombres desseins que les polythéistes entendaient faire subir aux croyants furent, dans une certaine mesure, évités. D’autre part, à la suite d’Abou Talib, grâce au soutien et à la protection de son autre oncle, le Prophète (saw) put mener à la Mecque ses activités de prédication avec plus de confiance et de courage.

Lorsque pendant la période mecquoise le Prophète (saw) instaura la fraternité religieuse entre les Musulmans afin d’assurer entre eux la solidarité et de veiller à leur cohésion, Hamza fut déclaré frère avec Zayd b. Haritha, l’un des premiers Musulmans et fils adoptif du Prophète (saw). En vertu de cette fraternité instituée, les Musulmans purent maintenir, durant toute la période qui s’étend jusqu’à l’hégire, leur présence et leur unité à la Mecque. S’agissant de la fraternisation Ansar-Mouhajiroune intervenant à Médine après l’hégire, c’est Koulthoum b. Khidm qui fut sa sœur en religion. À la suite de l’hégire à Médine, tantôt pour assurer la sécurité de la ville, tantôt informer les tribus avoisinantes de la présence des Musulmans, tantôt pour prendre le contrôle sur la route de commerce Mecque-Damas et, de fait, empêcher le passage des caravanes appartenant aux polythéistes mecquois, le Prophète (saw) missionna, de temps à autres et à plusieurs reprises, des unités de combattants. Lors de ces actions nommées « sariyya » qui se déroulaient généralement sous le commandement des Mouhajiroune, Hamza fut également désigné comme commandant de troupe. Lors de l’expédition nommée Sifoul-Bahr, une unité de combattants qui fut mobilisée sous son commandement prit la route le mois de Ramadan de l’an 1 de l’hégire (Mars 623) afin de surveiller le convoi de caravanes qurayshites dans lequel se trouvait aussi Abou Jahl et, si besoin, lancer un raid. Bien qu’aucun affrontement n’eût lieu, cette expédition menée par Hamza montra que les Musulmans médinois représentaient une importante menace pour les polythéistes mecquois. Lors de la bataille de Badr qui fut le premier grand affrontement qui opposa les Musulmans aux polythéistes Mecquois, Hamza joua un rôle important. Hamza fut un des combattants qui furent, au nom des Musulmans, présentés sur le champ de bataille en combat singulier (moubaraza) par le Messager d’Allah (saw) au début de la bataille qui se déroula en l’an 2 de l’hégire (624 ap. J.C.). Tuant rapidement Chayba b. Rabia qui sortit des rangs polythéistes pour l’affronter, Hamza aida, en même temps, prêta main forte pour éliminer Otba b. Rabia, un des chefs polythéistes. Parmi ceux qui furent tués lors de ces duels qui se déroulèrent avant la bataille, Otba, était le père de Hind, l’épouse d’Abou Soufyan, Chayba, son oncle paternel et Walid, son frère. C’est pourquoi Hind nourrit une haine contre Hamza qu’elle tenait responsable de la mort de ses proches et, pour venger son père, elle prit à son service un esclave abyssinien du nom de Wahshi afin que ce dernier le tue lors d’un prochain affrontement.

"Ne crois surtout pas que ceux qui sont tombés pour la Cause de Dieu soient morts. Ils sont, au contraire, bien vivants auprès de leur Seigneur qui les comble de Ses faveurs ;  ils sont heureux d’être reçus au sein de la grâce du Seigneur, et ravis que leurs compagnons de combat qui ne les ont pas encore rejoints ne connaîtront ni peur ni chagrin." (Âl-i İmrân, 169–170)

Informé du départ des Qurayshites de la Mecque vers Médine, avant la bataille d’Uhud, le Prophète (saw) organisa avec ses Compagnons une concertation sur la tactique qu’ils devaient adopter contre l’ennemi et lors de laquelle les Musulmans, dont Hamza, exprimèrent l’avis selon lequel il serait plus judicieux d’affronter l’ennemi en bataille rangée à l’extérieur de la ville, comme ce fut le cas à Badr. Bien que le Messager d’Allah (saw) jugeât plus juste de défendre la ville de l’intérieur, il prit la décision de sortir de Médine pour aller à la rencontre de l’ennemi, se rangeant ainsi au jugement de la majorité de ceux qui, tels que Hamza, exprimèrent leur point de vue. Pendant la bataille d’Uhud, lors de la débâcle causée par les archers qui, en contrevenant aux directives du Prophète (saw), avaient abandonné leurs positions, Hamza se trouvait parmi les rares personnes qui défendirent héroïquement le Messager d’Allah (saw) contre les assauts de l’ennemi. Lorsqu’à un moment donné, il constata la dispersion des Musulmans, il tenta, tout en continuant à combattre, de remonter le moral des combattants musulmans par les paroles suivantes : « Je suis le lion d’Allah et du Prophète. Ô Seigneur, je cherche refuge auprès de Toi contre les méfaits d’Abou Soufyan et de ses hommes. Et j’implore Ton pardon pour les erreurs que les Musulmans ont commis ». À ce moment, Wahshi, l’esclave que Hind avait pris à son service et qui guettait l’instant propice pour tuer Hamza, lança son javelot alors que ce dernier était occupé à combattre l’ennemi et le fit tomber en martyr. Par offense pour les corps des Musulmans tués sur le champ de bataille, les polythéistes mecquois les avaient mutilés et mis en morceaux. Hamza non plus ne fut pas épargné par cette pratique odieuse appelée mousla et interdite par le Prophète (saw) ; son corps aussi fut également mutilé par les polythéistes. Lorsque le Messager d’Allah (saw) vit son oncle martyr dans cet état, il exprima sa tristesse par les paroles suivantes : « Nul n’a connu et ne connaitra le malheur que tu as connu. Rien ne m’a jusqu’à présent mis dans une telle colère. Si je devais porter un deuil, ce serait le tien » Et les versets qui furent révélés à ce moment et dont le sens s’exprime comme suit : "Ne crois surtout pas que ceux qui sont tombés pour la Cause de Dieu soient morts. Ils sont, au contraire, bien vivants auprès de leur Seigneur qui les comble de Ses faveurs ;  ils sont heureux d’être reçus au sein de la grâce du Seigneur, et ravis que leurs compagnons de combat qui ne les ont pas encore rejoints ne connaîtront ni peur ni chagrin." (Âl-i İmrân, 169–170) consolèrent à la fois le Messager d’Allah (saw) et la famille de Hamza ainsi que ses proches.

Le Noble Messager (saw) prit personnellement en charge la subsistance et la protection de la famille et des enfants de Hamza, tombé en martyr. Il confia la protection de sa fille Oumama à Ja’far b. Abou Talib après son retour d’Abyssinie. Car Asma, l’épouse de Ja’far, était sa tante maternelle. Lorsqu’elle fut en âge de se marier, le Prophète (saw) maria Oumama, l’orpheline de Hamza, avec Salama b. Abou Salama, membre des Banu Makhzoum. Après la conquête de la Mecque, lorsque, Wahshi, l’assassin de Hamza lors la bataille d’Uhud, se présenta devant le Prophète (saw) pour embrasser l’Islam, ce dernier, se rappelant le martyr de son oncle lui demanda, en raison de sa tristesse, de se soustraire définitivement de son regard ; ce qui est, dans la vie du Prophète (saw), un comportement rare. Cependant, cette attitude dénote, en même temps, aussi à quel point il aimait son oncle Hamza. Que ce soit dans ses combats précédents ou lors de la bataille d’Uhud, en vertu du courage et de la bravoure dont il fit preuve, Hamza fut reconnu comme un modèle pour les combattants de sa postérité. C’est la raison pour laquelle, on lui attribua les titres de « maitre des martyrs » et « lion d’Allah ».

En rendant généralement service à l’Islam et aux Musulmans par sa bravoure et son courage, Hamza ne trouva pas l’occasion de se pencher sur les activités liées à la connaissance et au savoir ; d’ailleurs il n’en eut pas le temps. Par conséquent, il est rare de trouver des traditions rapportées par lui. Les sources mentionnent que Hamza aurait rapporté du Prophète (saw) les paroles suivantes : « Ô Allah ! Je t’implore par la grâce de ton Sublime Nom et de ton Infini Agrément ».

 

La Revue Diyanet Novembre 2006
 

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