Les Compagnons
Les épouses du Prophète Muhammad (saw)
 

L’épouse du Prophète (saw) : Sawda bint Zam’a (r.anha)

Aisha (r.anha) affirma la concernant : « La femme à laquelle je désirerais le plus ressembler est Sawda bint Zam’a (r.anha) ».

Sawda bint Zam’a (r.anha) est la seconde femme que le Prophète Muhammad (saw) épousa à La Mecque, après la mort de sa première épouse Khadija (r.anha). Son père, Zam’a bin Qays, était un Quraychite issu du clan d’Amir bin Luay. Sa mère, Chammus bint Qays, était aussi membre de la grande tribu de La Mecque, les Quraych. Dès les débuts de la prédication ouverte, les polythéistes mecquois tentèrent d’empêcher par la force la propagation de l’Islam et l’augmentation des conversions. Le Prophète Muhammad (saw) fut le plus touché par ces pressions. Les violences physiques et tortures infligées par les protagonistes mecquois avaient rendu la ville sainte invivable pour les premiers musulmans qui risquaient leur vie en restant sur place. Le Messager (saw), ne pouvant empêcher toutes ces exactions et craignant que certains ne renoncent à leur foi, il conseilla aux fidèles, plus particulièrement aux plus vulnérables, d’effectuer l’Hégire vers l’Abyssinie. La première caravane de muhajir (exilé), constituée de onze hommes et quatre femmes parvint en l’an 615 en Abyssinie. Apprenant que les musulmans exilés vivaient en Abyssinie dans la paix et la sérénité, un deuxième groupe constitué cette fois-ci de 82 hommes et 18 femmes effectua l’Hégire vers la nouvelle terre d’accueil. Sawda (r.anha) et son mari, Sukran bin ‘Amr (ra), qui était son cousin, furent parmi les premiers musulmans et ils effectuèrent ensemble l’Hégire en Abyssinie. Ils y restèrent un certain temps, puis revinrent à La Mecque en compagnie d’autres muhajir (exilés). Sukran (ra) mourut peu après leur retour à La Mecque. Cette femme honorable et  dévouée devint ainsi une femme veuve, sans personne à ses côtés. Certaines sources indiquent que Sukran (ra) se serait converti au christianisme, en Abyssinie, où il y serait mort. Quoi qu’il en soit, mort en tant que chrétien en Abyssinie ou en tant que musulman à La Mecque, cette femme respectable devenue veuve conserva sa foi et sa croyance malgré toutes les peines et difficultés infligées par ses proches.

L’Envoyé de Dieu (saw), après la mort de sa femme Khadija (r.anha), ressentit le besoin d’une présence féminine qui puisse le consoler et être à ses côtés durant sa solitude, mais aussi pour qu’elle puisse s’occuper de ses petits enfants en bas âge. Il décida alors de demander Sawda (r.anha) en mariage. Le Prophète Muhammad (saw), en se mariant avec Sawda (r.anha) qui avait prouvé son dévouement en quittant sa ville natale au nom de sa foi, désirait protéger l’estime de cette honorable femme et permettre par la même occasion à ses enfants orphelins d’avoir une mère qui les chérisse.  

Sawda (r.anha) répondit favorablement à cette demande mais elle fit savoir qu’il serait nécessaire que soit prise au préalable l’autorisation de son père. Une fois l’accord de son père pris, le mariage eut lieu en l’an 620 (3ème année de l’Hégire), durant le mois de Ramadan ou de Chawwal. Ainsi, le Prophète Muhammad (saw) se maria pour la seconde fois, après la perte de sa première femme Khadija (r.anha). Le frère de Sawda (r.anha), Abd bin Zam’a, qui n’était pas encore converti, s’opposa avec violence à cette union. Il mit même fin à son pèlerinage pour venir faire savoir son opposition à ce mariage et s’en tira les cheveux. Plus tard, lorsqu’il se convertit, il regretta ce qu’il avait fait et en eut fort honte. Ce mariage permit de rapprocher la famille et les membres de la tribu de Sawda (r.anha) à l’Islam. Ils finirent par se convertir et s’installer à Médine.

Sawda (r.anha) était une femme respectable, veuve et dévouée, qui entreprit l’Hégire en Abyssinie au nom de ses convictions.

Les Mecquois et plus particulièrement les Quraychites ne comprirent pas pourquoi le Prophète Muhammad (saw) se maria, après la mort de Khadija, avec une femme vieille et veuve. Sa nouvelle femme n’était ni riche ni belle ni jeune. Cependant, le Messager (saw) voulut se marier avec elle. En réalité, ce mariage n’était pas un mariage d’amour. Sawda (r.anha) en était consciente, mais cela ne la dérangeait pas du moment qu’elle puisse aussi avoir l’honneur de devenir « la mère des croyants ».  C’était, pour elle, une grande chance que de devenir l’épouse du Prophète (saw), plutôt que de rester la veuve de Sukran (ra). Le Prophète (saw) n’eut pas d’enfant de Sawda (r.anha), mais elle s’occupa de ses enfants comme ses propres enfants et leur donna beaucoup d’amour et d’affection.

Sawda (r.anha) était très obéissante à l’égard du Messager (saw). Elle ne lui manquait jamais de respect et appliquait avec soin tous les conseils et ordres qu’elle recevait. Elle désirait et faisait tout son possible pour être toujours auprès de son mari et avoir l’honneur de le servir. Elle avait le goût de l’humour et aimait faire des plaisanteries ; l’Envoyé de Dieu (saw) riait très souvent à ses plaisanteries et effectuait en retour des invocations en sa faveur.

Sawda (r.anha) vint à Médine peu après que le Prophète Muhammad (saw) eut effectué l’Hégire. Le biographe Ibn S’ad rapporte cet événement ainsi : le Messager (saw), alors qu’il résidait encore chez Abu Ayyoub al-Ansari (ra), donna deux chameaux et 500 dirhams à Zayd bin Haritha (ra) et Abu Raf’i (ra) et les envoya à La Mecque. Ils revinrent ensuite avec à leurs côtés les filles du Prophète (saw), Fatima (r.anha) et Umm Kulthum (r.anha) ainsi que sa femme, Sawda bint Zam’a (r.anha), et Usama bin Zayd (ra). Notre mère Sawda (r.anha) vécut, de l’hégire jusqu’à sa mort, auprès de l’Envoyé de Dieu (saw). Elle participa, à l’instar de ses coépouses, aux expéditions militaires auprès du Prophète Muhammad (saw) lorsque son tour arrivait. En effet, elle participa à la Bataille d’Uhud, durant laquelle elle fut d’une grande utilité aux combattants, en leur transportant de l’eau et en soignant leurs blessures. Sawda (r.anha) accompagna le Messager (saw) lors du Pèlerinage d’Adieu et n’effectua plus de pèlerinage après la mort du Prophète (saw).

Elle considérait la jeune épouse du Messager (saw), Aisha (r.anha), comme sa propre fille et lui venait très souvent en aide ; et Aisha (r.anha), elle, l’appréciait aussi énormément. Sawda (r.anha) qui, jusqu’à la venue d’Aisha (r.anha), gérait la maison du Prophète (saw) à elle seule, fit tout son possible pour mettre à l’aise la jeune mariée lorsqu’elle arriva dans sa nouvelle demeure. Elle ressentit toujours beaucoup d’amour à l’égard de la mère des croyants Aisha (r.anha).

Sawda (r.anha) mourut vers la fin du califat d’Omar ou, selon d’autres sources, en l’an 54 de l’Hégire.

En effet, Sawda (r.anha) participa à la Bataille d’Uhud, durant laquelle elle fut d’une grande utilité aux combattants, en leur transportant de l’eau et en soignant leurs blessures.

Elle était une femme très attachée à sa religion. Aisha (r.anha) avait dit d’ailleurs la concernant : « La femme à laquelle je désirerais le plus ressemblais est Sawda bint Zam’a (r.anha) ». Il a été rapporté qu’elle aimait énormément faire l’aumône ; un jour, alors que le calife Omar bin Khattab (ra) lui avait envoyé un sac rempli de dirham d’argent, elle en fit don dans sa totalité dès sa réception. Les textes indiquent qu’elle offrait tous les cadeaux qu’elle recevait aux pauvres. Elle était, au sujet de faire l’aumône, en constante compétition avec Zaynab bint Jahch (r.anha), l’une des épouses du Messager (saw).

Elle rapporta uniquement cinq hadiths de l’Envoyé de Dieu (saw). L’un d’eux se trouve dans le Sahih de Bukhari. Abdullah bin Abbas (ra) et Yahya bin Abdullah (ra) transmirent les hadiths rapporté par Sawda (r.anha), dont la tradition prophétique suivante : « Un jour, les épouses du Messager (saw) se réunirent et lui demandèrent laquelle d’entre elles serait la première à le rejoindre dans l’au-delà. L’Envoyé de Dieu (saw) annonça alors que la première qui mourrait après lui était celle qui avait le bras (la main) le plus long. Les femmes se mirent à comparer la longueur de leur bras afin de savoir laquelle d’entre elles aurait la chance de le retrouver la première. Nous comprîmes, lorsque la plus généreuse d’entre nous, Zainab bint Jahch (r.anha) mourut la première, que le Prophète Muhammad (saw) avait indiqué par cette métaphore, celle qui était la plus généreuse ».

Revue du Diyanet de septembre 2010

 

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