Dossiers
Divers
 

La couleur de la colère, couleur du feu

 

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ أَخْبَرَنَا مَالِكٌ عَنْ ابْنِ شِهَابٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ لَيْسَ الشَّدِيدُ بِالصُّرَعَةِ إِنَّمَا الشَّدِيدُ الَّذِي يَمْلِكُ نَفْسَهُ عِنْدَ الْغَضَبِ

Selon Abou Hourayra (ra) le Prophète (saw) a dit ainsi : « Le plus brave d’entre vous n’est pas celui qui vain son adversaire mais, celui qui contrôle son ego lorsqu’il est en colère. » Bouhârî, Adab 102; Mouslim, Birr 106-108

Contrôler sa colère malgré que l’on ait la force face à la personne nous énervant, est une vertu que seules les personnes ayant foi en l’au-delà peuvent réussir. Car, pour contrôler celle-ci, la personne a besoin de se réfugier au jugement, à la balance et avant ceux-ci à Celui qui l’a créé.

Dans une expression turque il est dit : « Répondre au bien par le bien est le gain de toute personne, répondre au mal par le bien est le gain des braves. » Dans ce contexte, la colère est l’examen de toute personne. Alors que la patience, est l’excellente réponse des vaillants à la question de l’examen. Ces serviteurs sont nommés « mouttaki »[1] par le Saint Coran, et loué comme étant « brave » par le hadith. 

Le visage du brave est blanc, les traces de la colère qui sont colorées, ne s’installent pas sur son visage même si elles apparaissent pendant un instant. L’homme dont le visage vire au noir lorsqu’il apprend la naissance de sa fille[2] n’est pas un père. La  personne ayant la rage de couleur feue se reflétant sur son visage, puis qui brûle son interlocuteur avec ce même feu, ne peut être un brave qu’importe le nombre d’adversaires qu’il a vaincus. 

Une personne en forme, peut vaincre facilement un adversaire plus faible que lui, s’il connaît les détails de la lutte, il peut le jeter sur le dos sans difficulté. Mais, faire ressentir la défaite à l’ego, n’est pas une affaire liée à la force ni à la puissance. Sans utiliser les méthodes montrées par Allah et indiquées par l’Envoyé de Dieu (saw) aucun lutteur ne peut sortir sain et sauf de ce combat.

Contrôler sa colère malgré que l’on ait la force face à la personne nous énervant, est une vertu que seules les personnes ayant foi en l’au-delà peuvent réussir. Car, pour contrôler celle-ci, la personne a besoin de se réfugier au jugement, à la balance et avant ceux-ci à Celui qui l’a créé. La colère est force, la revanche a bon goût pour l’ego humain. La rancune est facile, choisir de pardonner est difficile. Surtout si la colère ne se freine pas mais s’enchaîne de grand-père aux petits enfants ; les droits du sang, les guerres de cent ans, nous font rappeler la question sage à propos de la création aux anges[3] elle provoque Satan face aux enfants d’Adam.  

Chaque crise de colère se reflétant de serviteur en serviteur, du fort vers le faible, ressemble dans un effet aux dominos qui se font tomber l’un l’autre, jusqu’à atteindre le plus faible. Grandissant telles les vagues s’enflammant réciproquement, jusqu’à taper les rives de l’innocence.     

Sur la route, la secrétaire s’énerve au chauffeur de la voiture se trouvant devant elle. Elle va au travail, elle cherche quelqu’un sur lequel elle puisse vider ses nerfs. Un volcan à l’intérieur d’elle, éclate sur un collègue de plus basse position qu’elle. Elle se sent mieux en partie. Son collègue s’en prend à quelqu’un de plus calme, celui-ci à quelqu’un d’autre. Les portes claquent, la poubelle se fait botter.   

Le matin, la remarque faite par la gardienne de l’immeuble touche l’orgueil du patron. Allant à son entreprise, il fait appeler le directeur général à son bureau. Une tornade intérieure, faisant rage envers son ego, frappe le directeur. Le directeur s’en prend à l’unité en dessous de lui, elle à une autre. Les démissions s’écrivent, les dossiers se déchirent.           

Après s’être fait réprimander par son père, le jeune adolescent qui ne digère pas les paroles entendues s’enferme dans sa chambre, ses nerfs sont en ébullition. Il éclate sur sa mère venant lui apporter un jus de fruit pensant qu’il faisait ses devoirs. Sa mère éclate sur le cadet, le cadet s’en prend au petit. Le jouet est jeté sur la vitre, le coussin est mordu. 

Si la jeune femme s’énervant sur la route aurait englouti ses nerfs en elle et ne l’aurait pas fait passer à la personne en face d’elle, de nombreuses portes se seraient fermées plus doucement. Si le patron avait accepté la remarque, les dossiers seraient restés intacts. Si le jeune avait accepté les remontrances de son père, il n’aurait pas causé la gifle reçue par le petit.

Dans les livres classiques  d’éthique il est dit « la colère est une folie passagère. » Le médecin et moraliste Abou Bakr ar-Râzi dit qu’en moment de colère il n’est pas possible de réfléchir sainement et, qu’il n’y a pas beaucoup de différences entre une personne étant dans cet état et un fou.[4]

Quant à Montaigne, lorsqu’il dit « Aucune chose ne peut dévier les pensées humaines autant que la colère...Celui qui crie lorsque nous nous énervons, ce n’est pas nous, c’est notre cupidité. Tout comme dans le brouillard nous voyons les choses plus grandes qu’elles le sont, dans la cupidité les erreurs grandissent de plus en plus… La colère est une cupidité qui se plaît, qui se gonfle elle-même. Elle ne peut se cacher, elle touche complètement notre intérieur »[5],il parle certainement non pas de quelque chose à anéantir, ni à supprimer (en effet tout comme les moralistes musulmans attirent l’attention sur le fait que ce sentiment qui est inné est en même temps nécessaire pour protéger la religion, l’honneur, les biens et des fois la vie) mais, d’empêcher une colère poussant à des mauvais actes.

---

[1] Âli İmran, 3/ 134

[2] Nahl, 16/58

[3] Bakara, 2/30

[4] Çağrıcı, Mustafa, Gazap mad, DİA, C:XIII

[5] Montaigne, Denemeler,M.E.B, İstanbul 1992

 

Commentaires

 
Aucun message. Cliquez pour ajouter un commentaire

Suivez ledernierprophete.info