L'Islam
 

La croyance en Allah dans l’Islam

De même que comprendre l’Islam et le vivre exigent de connaitre le Prophète Muhammad (saw) et sa pratique dans sa vie, le comprendre et le connaitre, de la même façon, ne sont possibles qu’en appréhendant avec justesse les principes fondamentaux de l’Islam. Pour ce faire, nous soumettons à votre attention, sur ledernierprophete.info, les principes fondamentaux de la foi musulmane sous le titre « Islam » à travers des questions telles que Qu’est-ce que la religion ?, Pourquoi l’homme éprouve-t-il un besoin de religion ?, Quels sont les spécificités qui distinguent l’Islam des autres religions ? Cette partie a été préparée par Fatma Bayram, théologienne.

D'après le Coran, Allah n'est pas seulement un être supérieur, Il est aussi le seul véritable être qui mérite par excellence l'attribut d'être; rien dans la création ne peut s'opposer à lui ou être son égal. Nous pourrions affirmer, en ce sens, que la création définie par le Coran est clairement théocentrique.


L'existence d'Allah


« Allah » est défini par les savants musulmans comme étant « l'être supérieur dont l'existence est nécessaire et qui est digne de toutes les louanges ». Dans cette définition, l'expression "existence nécessaire" signifie que l’on ne peut concevoir l’inexistence d’Allah et que son existence ne peut procéder de la création ou de l’assistance d’un autre être. Quant à l’expression « digne de toutes les louanges » signifie qu’Allah est la source même de laquelle proviennent tous les bienfaits nécessaires au maintien de notre existence et dont les noms et attributs expriment une perfection qui n’est en rien comparable à celle des créatures.

D'après le Coran, Allah n'est pas seulement un être supérieur, Il est aussi le seul véritable être qui mérite par excellence l'attribut d'être; rien dans la création ne peut s'opposer à lui ou être son égal. Nous pourrions affirmer, en ce sens, que la création définie par le Coran est clairement théocentrique. D'après le Coran, Allah est au centre du monde des êtres et de l’existant. L’homme et tous les autres êtres sont ses créatures et lui sont inférieures dans l’ordre de l’existence. Toute existence en dehors d’Allah repose sur Son existence.

En s’éloignant des livres divins dans lesquels Allah se décrit et se manifeste, les hommes ne se sont pas éloignés d’Allah mais ils se sont plutôt éloignés d’une conception juste et authentique d’Allah. Ce point est très important car lorsque les hommes n’ont plus cru en Allah, ils ne se retrouvèrent pas dans un état d’incrédulité totale ; bien au contraire ils se mirent à croire en toute chose. Cette attitude s’explique par le caractère impérieux du besoin qu’éprouve l’homme de croire en une force supérieure. L’être humain ne peut exister sans croire. Par conséquent, lorsqu’il est privé d’une croyance juste et authentique à propos d’Allah, il se met à créer ses propres idoles. Au point d’ailleurs qu’il advint même parfois qu’en vertu de la communication qu’établirent les prophètes avec Allah, ils furent considérés par leurs fidèles comme l’incarnation du divin sur terre ; les hommes n’ayant pu opérer dans leurs esprits la distinction entre créateur et créature.

La connaissance de l’existence d’Allah


D’après la croyance islamique, Allah a créé tous les hommes en les dotant de la faculté à reconnaitre son existence transcendante et supérieure ainsi que son unicité. Cette disposition naturelle est commune à tous les êtres humains. C’est certainement la raison pour laquelle les versets relatifs à ce sujet s’étonnent généralement de ce que l’existence d’Allah ne soit pas reconnue ou alors ces versets comportent des avertissements qui expriment la stupéfaction ou des formules de réprobation (par ex : Les Croyants, 23/84-89; Les Fourmis, 27/59-64; L’Araignée, 29/61,63; Les Groupes, 39/61).

D’après l’Islam, les approches sceptiques ou athées au sujet de l’existence d’Allah trouvent leurs sources dans la personnalité humaine construite par l’éducation reçue par l’homme depuis sa naissance ainsi que dans les développements historiques et culturels. En d’autres termes, ces formes de déviations ont pour cause des caractéristiques personnelles telles que l’oubli, le conditionnement, la paresse mentale, l’orgueil, l’ambition ou l’intérêt.

D’après l’Islam, les approches sceptiques ou athées au sujet de l’existence d’Allah trouvent leurs sources dans la personnalité humaine construite par l’éducation reçue par l’homme depuis sa naissance ainsi que dans les développements historiques et culturels. En d’autres termes, ces formes de déviations ont pour cause des caractéristiques personnelles telles que l’oubli, le conditionnement, la paresse mentale, l’orgueil, l’ambition ou l’intérêt.

À cet égard, une question pourrait se poser : « Si la négation d’Allah a pour cause les caractéristiques personnelles, ne sommes-nous pas finalement excusables de nier son existence ? Pourquoi sommes-nous réprouvés dans les livres saints en raison de notre négation ? » C’est précisément sur ce point que réside l’apport essentiel des religions divines concernant le développement personnel de l’être humain. Car Allah nous informe que notre personnalité n’est pas fixe et invariable, qu’il est toujours possible de prendre position en faveur de la vérité et de la justice et que nous devons mener une lutte contres nos penchants personnels qui pourraient nous entraver dans cette voie. À cet égard, on en retrouve les plus illustres exemples dans la lutte que menèrent les prophètes avec leurs sociétés lors de leurs premières prédications.

De nos jours plus particulièrement, le mode de vie hédoniste et centré sur les plaisirs est un des plus importants facteurs qui éloignent les hommes d’Allah et des principes qu’Il a révélés. L’acceptation de l’existence d’un Dieu Suprême impliquant ipso facto l’acceptation des responsabilités à Son égard, les personnes de faible volonté sont généralement gênées par une telle acceptation. Considéré sous cet angle, l’acte de « croire » apparait plus comme une fonction de la volonté qu’une fonction de la raison.

Dans le Coran, ceux qui dévièrent dans la voie de la négation sont définis comme ceux qui « bien qu’ayant reconnu en leur for intérieur », choisissent la voie de la négation « en raison de l’injustice et de l’orgueil » (Les Fourmis, 27/14). Dans les récits des prophètes relatés dans le Coran, « l’orgueil », caractère commun de tous les négateurs à travers l’histoire, retient tout particulièrement notre attention. Dans cette perspective, la croyance en l’existence d’Allah et, par conséquent, le commencement de la foi et de la vie religieuse, outre la reconnaissance mentale, implique que les sentiments soient mobilisés et n’est possible qu’en éduquant la volonté (et donc la personnalité). 

Tout en étant capable de connaitre l’existence d’Allah par l’entendement humain et Son existence ne pouvant être perçue par les sens, elle ne peut être prouvée par la manière avec laquelle on prouve que deux et deux font quatre. Si d’ailleurs, il en avait été ainsi, il n’aurait été nullement question d’une valeur reposant sur un choix et cela n’aurait pas impliqué la punition et la récompense. Par ailleurs, la liberté de choisir dont dispose l’homme aurait perdu tout son sens.

Pour prouver l’existence d’Allah, les savants de l’Islam ont tenté de développer certaines preuves en recourant aussi bien aux faits qui caractérisent le monde externe qu’à ceux qui se déroulent dans notre monde intérieur. La première de ces preuves réside dans la disposition innée chez l’homme à croire en Allah, ce que l’on nomme « la preuve de la nature originelle ». La seconde repose sur l’idée que le monde et tous les êtres qui le peuplent sont créés postérieurement à l’existence d’un créateur et sont dépendants de ce dernier. La troisième postule l’idée que le monde, dont l’existence et l’inexistence sont également possibles, dépend d’une cause pour exister. La quatrième pose l’idée de l’harmonie grandiose de la nature et l’ordre infaillible qui la caractérise en soulignant qu’elle ne peut être que l’œuvre d’un créateur.

L’homme qui constate l’harmonie extraordinaire et l’ordre qui caractérisent la nature dans laquelle il se meut ne peut dissimuler son étonnement face à ces œuvres émanant d’un créateur transcendant. Les livres révélés avertissent l’homme du risque qu’il encourt, à ce niveau, à sacraliser la nature, que toute chose, lui inclus, à l’exception de la personne de Dieu est vouée à disparaitre et qu’il n’existe aucun être, en dehors d’Allah, digne d’être adoré, dont le règne va se perpétuer sans interruption et qui est un refuge pour tous (Le Récit, 28/88). 

Tout en étant capable de connaitre l’existence d’Allah par l’entendement humain et Son existence ne pouvant être perçue par les sens, elle ne peut être prouvée par la manière avec laquelle on prouve que deux et deux font quatre. Si d’ailleurs, il en avait été ainsi, il n’aurait été nullement question d’une valeur reposant sur un choix et cela n’aurait pas impliqué la punition et la récompense. Par ailleurs, la liberté de choisir dont dispose l’homme aurait perdu tout son sens.

L’entendement humain ne peut concevoir et englober dans toutes ses dimensions et ne peut complétement connaitre l’être le plus suprême qu’est Allah. Car celui qui est inférieur ne peut connaitre celui qui lui est supérieur dans tous ses aspects. Une existence d’un degré supérieur empêche que l’œil puisse percevoir les êtres. L’œil est d’abord capable de voir les lumières faibles et, au fur et à mesure, les plus fortes. De même, les yeux qui sont capables, dans ce bas-monde, de voir les signes attestant de l’existence du créateur suprême, pourront le contempler directement dans l’au-delà. C’est la raison pour laquelle la foi en l’existence d’Allah dans ce bas-monde est une question d’épreuve. Tandis qu’un grand nombre de signes, en nous et en dehors de nous, nous imposent, pour ainsi dire, de reconnaitre Son existence, le fait que notre raison, incapable de cerner Son être dans sa totalité, ainsi que notre égo répugnant à l’idée d’observer les limites définies par une autorité qui lui est supérieure font que la foi et la soumission deviennent pour nous une véritable épreuve.

La croyance en Allah qui siège dans notre esprit devrait, par conformité avec les noms et attributs avec lesquels Il a qualifié sa personne, être révisée. Et cela est possible en méditant et en intériorisant les Noms Divins abondamment mentionnés dans le Coran et les hadiths.

La science qui est un produit de l’humain s’efforce d’expliquer la genèse de l’univers. Le thème de la raison de l’existence de l’univers ne relève pas de son champ de compétence. Si les conclusions auxquelles est parvenue la science ne sont pas de nature à prouver l’existence d’Allah, il n’en demeure pas moins qu’elle aurait beaucoup de choses à dire à ce sujet. « Certes dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer, chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau qu’Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèces dans la variation des vents et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes pour un peuple qui raisonne. » (La Vache, 2/164)

Dans ce verset et d’autres versets similaires, les hommes sont conviés à méditer sur la création de l’univers et sur l’ordre qui s’y maintient jusqu’à nos jours. Par ailleurs, ces versets expriment la stupéfaction et l’étonnement devant la capacité de ceux dont le métier est la science à ignorer le créateur, sous-entendant ainsi que leur négation implique une plus grande responsabilité. Cela dit, les signes universels concernant l’existence d’Allah n’imposent en aucun cas à l’homme de croire ; en mobilisant sa capacité de croire, ils ne font que lui apporter une satisfaction mentale et apaisent son cœur. Et c’est sur ce point précisément que se pose la question sur la manière avec laquelle les données scientifiques devraient être considérées. Dit autrement, le choix d’une « philosophie de la science » est, en matière de foi, le facteur le plus déterminant quant à la conclusion à laquelle nous parviendrons. En conclusion, la foi n’est pas un sujet qui relève seulement de la raison et de son produit qu’est la science. Elle est une dimension liée à l’existence humaine dans sa totalité. L’âme, la conscience, l’intuition, l’expérience personnelle, la perception…tout cela constitue ensemble la plénitude de l’homme et c’est à travers celle-ci que ce dernier considère la foi. Et comme le souligne le Coran « il voit, mesure, pèse, réfléchit… » et décide. Soit il y ajoute foi, soit il renie.

L’unicité Divine (Tawhid)


La croyance dans le Tawhid qui consiste à reconnaitre Allah comme Dieu unique, Seigneur et autorité, refuser de Lui associer quiconque dans Ses attributs et attester fermement de son unicité est la principale particularité de la foi musulmane. C’est en vertu de cette spécificité que l’Islam se distingue à la fois du paganisme préislamique (Jahiliyya) et des formes altérées de religions telles que le Judaïsme et le Christianisme.

Le Tawhid consiste à croire à l’existence d’Allah, à son unicité, qu’il n’existe aucune autre divinité en dehors de Lui et que nul n’est son égal ni son semblable. Il découle de cette attestation que le Tawhid implique de considérer toute une culture, une civilisation et une histoire dans sa totalité et comme un tout indivisible. En ce sens qu’il s’agit fondamentalement de croire et de témoigner que ces mêmes principes de la foi ont été prescrits à tous les prophètes. Cela est un indicateur concret que la « vérité » est « une » et « universelle ».

Dans les versets qui traitent d’Allah, le Coran insiste plus sur Son unicité que Son existence. Car la plupart des hommes sont moins dans la négation de Son existence que dans le fait de lui associer des égaux (Joseph 12/106). Il semble qu’il soit plus difficile de parvenir à la conclusion de l’unicité divine, de rester fidèle, autant par la croyance et la pensée que par le culte et les sentiments, à cette conclusion, que d’accepter l’idée de Son existence. Le fait d’associer à Allah d’autres divinités, loin d’être une erreur qui serait une caractéristique des périodes primitives, se manifeste bel et bien, à chaque période de l’histoire, sous des formes variées selon les modèles culturels des hommes.

Quelle que soit sa forme, le chirk (polythéisme) qui consiste à attribuer une qualité appartenant exclusivement à Allah à un autre être en dehors de Lui, est l’hérésie la plus grave parmi celles que l’homme doit absolument éviter. S’incliner par adoration devant une autre divinité qu’Allah, créateur de l’univers et son pourvoyeur, son protecteur et son ordonnateur, doué d’une immense et infinie miséricorde, constitue une profonde injustice pour l’homme qui a été honoré par sa supériorité et sa noblesse parmi nombre de créatures.

L’Islam croit en l’unicité absolue d’Allah. Il prescrit une forme d’adoration et d’invocation qui refuse les images et les symboles qu’il considère comme des restes de cultes primitifs et d’idolâtrie. Les relations qu’entretiennent l’homme et le créateur, sans qu’il ne soit nécessaire de recourir à quelque médiateur, sont directes et personnelles. Même les personnes les plus sacrées, telles que les prophètes, ne sont que des guides, des messagers.

Les Noms et Attributs d’Allah


Tous les systèmes de croyance, y compris les religions primitives, se caractérisent par l’existence d’un « être supérieur » ou, dit autrement, la croyance en « Allah ». Cependant, lorsque les qualités divines que nous attribuons mentalement à Allah ne sont pas conformes à celles par lesquelles Il s’est lui-même décrit, il ne peut s’agir là d’une croyance en Allah acceptable.

Au même titre que les autres attributs d’Allah, l’attribut de création continue de se manifester dans l’univers. En d’autres termes, la création est un processus permanent et continu. Le Coran mentionne au sujet d’Allah, le Très-Haut, le nom de « Khallâq » signifiant « Celui qui crée en permanence et à la perfection ». D’ailleurs, les versets tels que « Chaque jour, Il accomplit une chose nouvelle » (Le Tout-Miséricordieux, 55/29), « Et il crée ce que vous ne savez pas » (Les Abeilles, 16/8) soulignent l’idée d’une continuité de la création.

Les noms et attributs d’Allah constituent un des éléments fondamentaux de la théologie islamique (Tawhid). Car la croyance en Allah, qui est le premier principe de la foi, n’est pas considérée comme valide par le simple fait de croire en Son existence. Afin de nous protéger des croyances erronées et hérétiques à Son sujet, Allah s’est fait connaitre de façon détaillée à ses serviteurs dans tous les messages divins qu’Il envoya depuis le premier homme et le premier prophète jusqu’à nos jours. C’est pourquoi, il est nécessaire de réviser la croyance en Allah qui siège dans notre esprit et de veiller à sa conformité à l’aune des noms et attributs dont Il s’est Lui-même qualifié. Et cela n’est possible qu’en intériorisant par la méditation les Noms Divins qui sont abondamment mentionnés dans le Coran et les hadiths.

La plupart des versets coraniques qui traitent d’Allah prennent comme thème Ses attributs. Les noms d’Allah mentionnés dans les versets et les hadiths dénotent en même temps ses attributs. Les plus beaux noms appartiennent à Allah et nous devons L’invoquer par ces beaux noms (A’raf, 7/180 ; Le Voyage Nocturne, 17/110 ; L’Araignée, 29/8 ; L’Exode, 59/24). Ces mots qui sont désignés par l’expression Al-Asmâ-oul-Housna (les plus beaux noms) constituent la source des attributs d’Allah. Il est impossible que le Musulman qui apprend ses noms avec leur sens et leur contenu tout en les faisant siens tombe dans l’erreur sur le plan de la croyance en Allah.

Une partie des attributs d’Allah sont exclusifs de sa personne et qu’il n’est ni permis ni possible de les utiliser pour désigner une quelconque créature parmi sa création ; ces attributs sont la nécessité de Son existence, l’éternité de Son existence avec exemption de début et de fin, la différence absolue avec tout ce qui est créé, l’existence par lui-même et le non-besoin et enfin l’unicité et l’absence totale de similitude et d’égal quant à Son être, Ses attributs et Ses actions.

Les attributs qu’il est possible d’utiliser aussi à l’endroit des créatures, tels que la vie, la connaissance, l’ouïe, la vue, la volonté, la puissance, la parole et la création, sont des attributs nécessaires à Allah. Lorsqu’ils sont utilisés à propos d’Allah, ils désignent l’éternité, l’absolu, la perfection et l’excellence tandis qu’utilisés à propos des êtres humains ils renvoient au fini, au conditionnel, au limité, à l’imparfait et à l’insuffisant.

Allah en tant que Créateur et Ordonnateur


Allah qui dispose d’une omniscience telle que rien ne peut se soustraire à sa connaissance, d’un pouvoir et d’une puissance infinis, et d’une volonté qui ne peut être limitée, se distingue des autres êtres principalement par le fait qu’Il est créateur. La différence fondamentale entre Allah et les autres êtres s’explique par la distinction qui sépare le créateur de la créature. Par sa libre volonté, Il a créé l’univers et tout ce qui s’y trouve, Il les a sortis du néant à l’existence. Afin qu’il Le connaisse, qu’il se lie à Lui par la louange et la reconnaissance et qu’il Lui voue un culte, il a créé l’homme qui est un être dépendant et responsable.

D’après la croyance islamique, le seul être disposant du pouvoir de créer est Allah les Très-Haut (A’raf, 7/54). Il est le créateur de toute chose (Les Bestiaux, 6/101; Les Groupes, 39/62; Le Pardonneur, 40/62). Le Coran souligne, par les paroles suivantes,  l’impuissance totale des êtres érigés en idoles en dehors d’Allah à créer : « Et ceux qu’ils invoquent en dehors d’Allah ne créent rien car ils sont eux-mêmes créés. » (Les Abeilles, 16/20)

Il est un point également sur lequel le Coran insiste et qui concerne l’individualité de notre épreuve et de notre responsabilité sur terre. En ce sens que toutes les actions accomplies ainsi que les comportements adoptés sont personnels, ils n’engagent que la personne qui en est l’auteur et qui en porte, seule, la responsabilité. « Certes, nul ne portera le fardeau d’un autre (nul ne sera coupable des péchés d’autrui) »

Il suffit à Allah de dire « Soit » pour qu’une chose se produise et accède à la dimension de l’existence (Le Pardonneur, 40/68). Cependant, bien qu’Allah, le Très-Haut, dispose du pouvoir de créer une chose de manière instantanée, Il assigne à toute chose, lors de sa création, une mesure et un ordre déterminé : « Nous avons créé toute chose avec mesure. » (La Lune, 54/49)

Au même titre que les autres attributs d’Allah, l’attribut de création continue de se manifester dans l’univers. En d’autres termes, la création est un processus permanent et continu. Le Coran mentionne au sujet d’Allah, le Très-Haut, le nom de « Khallâq » signifiant « Celui qui crée en permanence et à la perfection ». D’ailleurs, les versets tels que « Chaque jour, Il accomplit une chose nouvelle » (Le Tout-Miséricordieux, 55/29), « Et il crée ce que vous ne savez pas » (Les Abeilles, 16/8) soulignent l’idée d’une continuité de la création.

Faire passer une chose du néant à l’existence, tout en étant le signe d’un pouvoir hors du commun, requiert que le créateur ait une connaissance de la chose créée dans ses moindres détails. Allah qui est aussi le créateur de l’homme, au même titre que le reste, le connait mieux que lui-même, et est, à juste titre, au fait de ses faiblesses et de ses qualités : « Nous avons effectivement créé l’homme et nous savons ce que son âme lui suggère et nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. » (Qaf, 50/16)

Les cieux, la terre et tout ce qui se trouve entre eux n’ont pas été créés en vain (La Fumée 44/38-39). La finalité dans leur création est de tester les hommes, de les soumettre à l’épreuve (Houd, 14/7). Ce bas-monde est le lieu de l’épreuve. Le lieu où Allah teste et met au grand jour la manière avec laquelle chacun fait usage des bienfaits et des dons par lesquels Il l’a gratifié. C’est le terrain sur lequel vont être évalués ceux qui accompliront les plus belles actions et adopterons les meilleurs comportements. (La Royauté, 67/2)

À l’homme à qui Il a, de ses deux mains « grâce à Son infinie puissance » (Sad, 38/75) octroyé l’existence, dans une création singulière, Allah, les Très-Haut, a insufflé une petite quantité du principe existentiel qu’Il appelle « mon âme » (Al Hijr, 15/29 ; La Prosternation, 32/9 ; Sad, 38/72), Il lui a enseigné « tous les noms » en lui faisant connaitre le monde des êtres qu’ils désignaient (La Vache, 2/31) et, enfin, il a exigé des anges qu’ils se prosternent devant l’homme  (La Vache, 2/34 ; Al A’raf, 7/11 ; Al Hijr, 15/29 ; La Caverne, 18/50 ; Ta-ha, 20/116 ; Sad, 38/172). Il a pourvu l’homme afin qu’il soit souverain sur terre, lequel ayant endossé la charge de la raison et de la capacité de jugement que même les cieux, la terre et les montagnes auxquels elle fut proposée n’osèrent accepter ; cette charge qui consiste dans les actes d’adoration et des comportements dont l’observance apporte la récompense et la non-observance, la punition. À chaque étape de ce processus naturel, la volonté divine et la puissance créatrice a déterminé et organisé le développement de l’homme. (Le Pèlerinage, 22/5 ; Les Croyants, 23/12-15 ; Le Créateur, 35/11 ; Les Groupes, 39/9 ; Le Pardonneur, 40/67 ; L’Homme, 76/1-3 ; ‘Abasa, 80/18-19)

Allah, les Très-Haut, a placé l’homme comme lieutenant sur terre (La Vache, 2/30). Pour mener à bien cette mission, l’être humain a été créé et suffisamment pourvu de toutes les dispositions nécessaires (Les Croyants, 23/78 ; La Prosternation, 32/9 ; La Royauté, 69/23 ; L’Homme, 76/2-3). Ainsi donc le but dans la création de l’homme endossant la charge confiée par Allah et désigné comme Son lieutenant et son représentant sur terre, est-il de remplir son devoir d’adoration à l’égard Allah et d’être soumis à l’épreuve. Pour cela, la création de cet environnement adéquat qu’est l’univers et de tous les êtres vivants ou inanimés qui s’y trouvent, est liée et subordonnée à celle de l’homme.

Allah en tant que Maitre de la destinée


Allah est détenteur de l’omniscience, de l’omnipotence et d’une volonté sans limites. Créateur de toutes choses, Il agit selon Sa volonté. Sa souveraineté et Son règne sont sans partage. Il a créé toute chose selon une mesure et l’a subordonnée à une finalité précise ainsi qu’à des lois de développements déterminées. Comme la vie, la mort aussi est assujettie à Son pouvoir et à Sa décision.

Allah, les Très-Haut, de par sa prescience, c'est-à-dire par sa science absolue qui n’est pas limitée par le temps, sait ce que feront les hommes, par leur libre-arbitre, comme choix, ainsi que le lieu où et la manière dont ils le feront et il exerce Sa volonté selon cette prescience. De même, toujours selon cette volonté, Allah procède à l’acte de création, le moment venu, dans le sens du libre-arbitre de Sa créature. Ainsi, la prescience d’Allah, tout en étant liée au choix de l’homme, n’exerce aucune contrainte sur la volonté et le choix de ce dernier. En réalité, les hommes ne sont pas conscients de la science qu’Allah détient à leurs sujets et ils agissent et se comportent, dans leur quotidien, en fonction de leur libre-arbitre, sans être influencés par cette science.

L’école Jabriya (fataliste) qui apparut dans l’histoire de l’Islam et qui avançait que les actions humaines, loin d’être le fruit du libre-arbitre, n’étaient autres que le résultat de la création d’Allah ainsi que l’école qadarite qui affirmait, elle, que les actes de volonté des hommes étaient totalement affranchis de toute intervention divine, furent considérées comme des approches extrêmes et furent réfutées.

La complexité de ce sujet réside dans l’impossibilité de distinguer le caractère libre ou déterminé des facteurs qui influent sur les comportements humains. Aussi, il convient de considérer, ensemble et comme un tout, la puissance divine et les actes de l’homme. Tout comportement pour lequel nous devrons rendre des comptes dans l’au-delà est placé sous notre responsabilité et la puissance divine agit en fonction de nos choix.

Bien que les alternatives qui nous sont proposées soient initialement déterminées par la volonté d’Allah, c’est nous-mêmes qui opérons un choix parmi l’une d’entre-elles. C’est Allah qui a doté l’homme de la capacité à agir selon son libre-arbitre mais c’est l’homme, lui-même en personne, qui choisit d’accomplir les bonnes ou les mauvaises actions. Car il dispose de la liberté d’exercer sa capacité dans le bien comme dans le mal.

Allah en tant que Pourvoyeur de la subsistance


Tout ce dont Allah pourvoit les êtres vivants afin qu’ils survivent et se développent est une subsistance. En ce sens, au même titre que le Coran mentionne comme subsistance les animaux domestiques, les produits végétaux, les aliments, que ce soit pour les humains ou pour tous les autres êtres vivants, la pluie, la fortune, le patrimoine, la propriété, tout ce qui provient du sol ou du ciel ainsi que tout ce qui permet d’assurer la continuité de la vie, de la même façon, les bienfaits, l’élévation et le rang dont jouiront les élus au paradis ainsi que thèmes tels que la prophétie et la voie sont aussi définis comme des subsistances.

Le premier principe concernant la question de la subsistance dont le sens recouvre un champ sémantique assez vaste consiste dans le fait que son unique pourvoyeur est Allah. C’est Allah qui distribue leurs subsistances entre les hommes (L’Ornement, 43/32). C’est Lui qui détient le pouvoir d’étendre ses largesses ou de les restreindre à l’homme (Le Tonnerre, 13/26 ; Le Voyage Nocturne, 17/30 ; L’Araignée, 29/62…). Il y a des sagesses et des enseignements dans la répartition différente des subsistances parmi les hommes (Les Groupes, 39/52)

Dans la croyance musulmane, bien qu’en matière de subsistance c’est Allah qui, dans une large mesure, dispose du pouvoir de l’octroyer, la condition préalable que doit remplir l’homme pour en bénéficier est de mettre tout en œuvre en vue de la rechercher et de l’obtenir. D’ailleurs, le Coran souligne que, par principe, il n’existe pour l’homme aucune voie dans l’obtention du gain et dans l’accès à la réussite en dehors du labeur et de l’effort (L’Etoile, 53/39).

Cependant, l’homme ne réussit pas uniquement par ses propres efforts. Par conséquent, il n’est pas le seul propriétaire du bien acquis. Afin d’établir, non pas une égalité au sens fort du terme, mais un équilibre socio-économique, les pauvres, les orphelins et les nécessiteux disposent d’un droit dans toute forme de gain (Les Voies d’Ascension, 70/24-25).

En matière de biens, de fortune et de subsistance, le message essentiel du Coran est que « ces choses ont été confiées à l’homme et, qu’en définitive, Allah est le véritable propriétaire de toutes choses ». Lorsque ce principe fondamental est adopté par l’homme, ce dernier ne s’enorgueillit pas de ce qu’il a acquis en ce bas-monde et n’hésite pas à dépenser ses ressources morales et matérielles conformément à la volonté divine. Car toute chose appartient à Allah qui est le véritable Maitre dans son royaume et nous ne disposons de ces biens que parce que nous en sommes les dépositaires, non les propriétaires.

Allah en tant que Juge


La finalité suprême dans la création de l’homme consiste dans l’adoration d’Allah et dans sa soumission à l’épreuve. Epreuve dont l’irrévocable issue est la réussite ou l’échec et, par conséquent, la récompense ou la punition.

L’épreuve en question vise à mettre en évidence si l’homme, par son libre arbitre, a mené une vie en conformité avec le cadre défini par Allah. À cet égard, la véritable finalité des épreuves réside dans la maturation progressive de l’homme, l’élargissement de son champ de connaissance et la réforme de son caractère et de sa vertu. Dans ce processus, Allah ne tient nul homme responsable de choses qui surpasseraient ses capacités.

Le fait qu’Allah jouisse des attributs de justice et de sagesse implique et exige qu’Il ne mette sur le même pied d’égalité, le fidèle et le rebelle, le croyant et le mécréant, le bien et le mal. C’est, d’une certaine façon, en vertu du fait qu’Allah est Juste et Sage que les hommes seront jugés dans l’au-delà sur la base de leurs actions et de leurs comportements.

Le Prophète (psl) a déclaré que le jour de la Résurrection, les hommes seront interrogés sur la base des cinq éléments suivants : où ils ont dépensé leur vie, comment ils ont vécu leur jeunesse, où ils ont acquis leurs biens, où ils l’ont dépensé et s’ils ont, oui ou non, mis en pratique ce qu’ils connaissaient (Tirmidhi, « La Résurrection », 1).

Un autre point sur lequel le Coran insiste est le caractère personnel et individuel de notre épreuve sur terre. En ce sens que chaque action, chaque comportement n’engage que la personne qui en est l’auteur et qui sera la seule à en être rétribuée : « Assurément, nul ne portera le fardeau d’un autre (nul ne sera puni pour ce qu’autrui aura fait). Sachez qu’en vérité l’homme n’obtient que le fruit de ses efforts et que son effort lui sera, plus tard, présenté. Ensuite, il en sera récompensé pleinement. » (L’Etoile, 53/38-51) Il apparait clairement dans ce verset qu’il ne serait nullement question qu’Allah soit injuste envers l’homme lors du jugement. La rétribution est uniquement à la mesure des mauvaises actions accomplies (A’raf, 7/147). Au contraire, pour les bonnes œuvres, il appartient à Allah de les récompenser profusément et généreusement. Outre celui de justice, les attributs de miséricorde et de clémence qui caractérisent Allah impliquent son pardon et la rémission des fautes commises par les hommes. La volonté divine est encline à pardonner les péchés des hommes (Les Femmes, 4/26). Hormis cela, nos responsabilités à l’égard de la société sont plus tranchées et, du point de vue de leurs conséquences, plus intelligibles que celles, individuelles, que nous avons vis-à-vis d’Allah.

 

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