Le Prophète Muhammad (saw)
Sa vie prophétique
 

La méthode de prédication et d’éducation du Prophète Muhammad (saw)

Lorsque l’un de ses compagnons lui demanda de le conseiller, il répéta à plusieurs reprises : « Ne te mets pas en colère, ne te mets pas en colère, ne te mets pas en colère,  » Cette parole du Messager (saw) indique que le fait de ne pas se mettre en colère constitue l’un des fondements importants de la prédication et de l’éducation.

Le Messager (saw), envoyé comme miséricorde au monde entier, mit en place une méthode de prédication de l’Islam et d’éducation des cœurs se basant sur des fondements établis et précisés par le Coran. Les principes fondamentaux de cette méthode furent: la sagesse (hikma),  le bon conseil, la clémence et la douceur. 

Le Coran lui conseilla à ce propos : « Par la sagesse (hikma) et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon » (Al-Nahl/125). Le terme hikma employé dans ce verset possède diverses significations. La hikma est le fait de dire et faire les choses à sa place, comprendre le sens profond de la création et des ordres divins, considérer chaque entité de la création à l’endroit qu’il convient et entreprendre des œuvres pieuses et justes ; réfléchir sur les ordres divins et s’y soumettre ; prendre des décisions rapides et justes ; obéir à Dieu ; et guider vers le bien (pour davantage d’information :  Elmalılı Muhammed Hamdi Yazır, Hak Dini Kur’ân Dili, İstanbul, 1971, II. 205–215).

La sagesse (selon Razi) est le fait de se doter, autant que possible, de la morale enseignée par Dieu (Râzî, Fakhruddin Muhammed b. Umar al-Râzî, Mafâtîhu’l-Ghayb (Tafsîru’l-Kabîr), Beyrouth 1990, VIII, 60).

Une réflexion autour des significations du terme hikma nous permet d’affirmer que le Prophète (saw) poursuivit la prédication de la religion durant toute sa prophétie de la manière la plus efficace, rapide et courtoise. Sa vie et ses actes étaient en complète adéquation avec ses paroles, il s’attacha ainsi fermement au principe coranique affirmant : « Ô vous qui avez cru! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas » (Al-Saff/2-3). Il mit en pratique les fondements de l’Islam, tout d’abord dans sa propre vie et celle de sa famille, car il était conscient que l’efficacité de sa prédication dépendait de la cohérence entre sa conduite et ses actions et le message qu’il transmettait.

Le Coran affirme que la réussite de sa prédication est aussi liée à la miséricorde et à la douceur du Messager (saw) : « C'est par quelque miséricorde de la part d'Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage » (Al-Imran/169). Une corrélation a donc été faite entre la réussite de la prédication islamique et la délicatesse, l’affection et les paroles douces de l’Envoyé de Dieu (saw). Le Prophète (saw) put par ces moyens rassembler les gens autour de lui, leur faire apprécier sa personnalité et la religion qu’il transmit. Ce hadith résume très bien sa méthode quant à la prédication et l’éducation :

« Ô Aisha ! Dieu est doux (Rafîq) et Il aime agir avec douceur (ar-rifq). Il donne pour la douceur, ce quIl ne donne pas pour la violence. Dieu aime celui qui est doux dans toutes ses affaires ». (Bukhari, Daawat, 59; İsti’zan, 22; Muslim, Birr, 77; Abu Daoud, Adab, 11; Tirmidhi, İsti’zan, 12)

La base de l’éducation et de l’enseignement doit être la douceur. Il est indéniable que la douceur est une condition fondamentale pour une éducation et un enseignement efficaces et profonds. Cette parole concernant la douceur du Messager (saw), qui avait affirmé lui-même avoir été envoyé comme pédagogue et « facilitateur » (Ahmed b. Hanbal, Musnad, III, 328; İbn Maja, Muqaddima, 17), constitue aujourd’hui l’un des fondements principaux de la pédagogie moderne.

Lorsque l’un de ses compagnons lui demanda de le conseiller, il répéta à plusieurs reprises : « Ne te mets pas en colère, ne te mets pas en colère, ne te mets pas en colère,  » (Bukhari, Adab, 76 ; Tirmidhi, Birr, 73). Cette parole du Messager (saw) indique que le fait de ne pas se mettre en colère constitue l’un des fondements importants de la prédication et l’éducation.

Lorsque le Prophète (saw) invitait les gens à l’Islam, il se comportait d’une manière très courtoise et agréable afin de remplir pleinement les responsabilités qui lui ont été concédées  par le Coran concernant la prédication. L’influence grandiose de cette méthode, consistant à agir avec douceur et courtoisie, s’illustra clairement dans le récit suivant.

Lorsque le Prophète (saw) invitait les gens à l’Islam, il se comportait d’une manière très courtoise et agréable afin de remplir pleinement les responsabilités qui lui ont été données par le Coran concernant la prédication.

Un jeune homme vint chez le Prophète (saw) lui demander la permission de forniquer. Aussitôt les compagnons en furent consternés, le sermonnèrent et cherchèrent à le faire taire, mais le Messager (saw) lui demanda de s’approcher. Il se rapprocha, puis s’assit auprès de l’Envoyé de Dieu (saw) qui lui demanda dans un premier temps, s’il serait satisfait que l’un fornique avec sa mère, puis sa fille, sa tante ou sa sœur. Le jeune homme répondit bien sûr qu’il ne le serait pas et l’Envoyé de Dieu (saw) dit alors : « Les gens non plus ne le permettent et ne le souhaitent pour leurs mères, leurs soeurs, leurs filles ou leurs tantes! » Puis il posa sa main sur la poitrine du jeune homme et implora Allah en disant: « Ô mon seigneur! Pardonne-lui, purifie son coeur, et rends-le chaste! » Ce jeune homme s’en alla et ne fut plus jamais tenté par de tels actes illicites et négatifs. (Ahmed bin Hanbal, Musnad, V, 257)

Alors que les compagnons voulurent le faire taire en raison de ses propos déplacés, le Prophète (saw) resta calme, ne l’agressa pas, il fut compréhensif et ne l’offensa pas. Bien au contraire, il chercha à raisonner ce jeune, qui lui demandait l’autorisation de transgresser les interdictions de Dieu, en le poussant à faire de l’empathie. Cette méthode porta ses fruits et ce jeune fit savoir qu’il renonça totalement à cet acte et n’y pensa même plus. Il est inutile de dire à quel point nous sommes aujourd’hui dans le besoin de se réapproprier les méthodes prophétiques pour pouvoir transmettre, expliquer et inviter les gens à l’Islam.

Le Prophète (saw) fut tout aussi compréhensif et tolérant vis-à-vis des personnes qui l’ont insulté, lui ont dit des paroles malsaines et l’ont accusé à tort. Lorsque l’un d’eux l’accusa d’être injuste au moment de la répartition et de la distribution du butin de guerre, il répondit : « Qui peut bien être plus juste que moi, ne suis-je pas celui qui crains le plus Dieu ? » Omar bin Khattab et Khalid bin Walid (r.anhum) lui dirent alors qu’ils étaient prêts à corriger cette personne qui avait fait preuve d’un grand manque respect en remettant en cause la piété et la justice du Messager (saw).  Mais l’Envoyé de Dieu (saw) refusa et dit : « Il se peut quil se mette un jour à prier ! » Certains compagnons dirent alors : « Combien de gens qui accomplissent la prière disent avec leur langue ce qui nest pas dans leur cœur ! » Sur quoi le Messager (saw) affirma : « Il ne ma pas été ordonné douvrir le cœur des gens ou de fendre leur ventre ». Il indiqua ainsi qu’il n’était pas de sa responsabilité de juger les intentions et des sentiments que cachent les personnes dans leurs cœurs. Il a pourtant bien été indiqué dans d’autres hadiths que cet individu était un hypocrite (Muslim, Zakat, 142-148), mais malgré cela,  le Prophète (saw) choisit de ne pas le sanctionner. Cette décision met en lumière sa grande miséricorde, ainsi que sa patience et son dévouement quant à la prédication du message divin et est l’illustration de toute sa beauté. 

Il démontra ainsi par sa propre pratique l’importance de patienter, au nom de la prédication de l’Islam, face aux diffamations monstrueuses, accusations mensongères et calomnies de toutes sortes et affirma concernant le fait de sanctionner les hypocrites : « Je me réfugie auprès de Dieu contre le fait de faire dire aux gens que je tue mes compagnons ».

Ne jamais blesser, offenser ou contrarier ses interlocuteurs constituait le principe fondamental de sa méthode de prédication et d’éducation. Un jour, un de ses compagnons demanda l’autorisation de rentrer chez lui sans l’avoir salué au préalable.  L’Envoyé de Dieu (saw) dit alors à son servant : « Sors et enseigne-lui de quelle manière il faut demander lautorisation de rentrer, dis-lui quil faut dire : « As-salama alaykum ! Adkhoulu ? » (Que la paix soit sur vous, puis-je rentrer ?) » Le compagnon, toujours à l’extérieur, entendit les propos du Prophète (saw) et mit tout de suite en pratique ce qu’il venait de lui être enseigné. Il finit donc par rentrer dans la demeure prophétique en ayant eu son autorisation (Ahmed b. Hanbal, V, 369; Bukhari, Adab, 38, 48; Abu Daoud, Adab, 138). Nous remarquons dans cette narration que le Prophète (saw) voulut enseigner à son invité de quelle façon demander l’autorisation de rentrer sans trop l’offenser. Il confia pour cela cette tâche à son servant, mais le compagnon, attentif, entendit de lui-même les paroles du Prophète (saw) et comprit ce qu’il devait faire, sans même que le servant ne vienne lui expliquer. Il agit alors en conséquence et eut alors l’honneur de se présenter à l’Envoyé de Dieu (saw).

Lorsque le Prophète Muhammad (saw) entendait une chose désagréable concernant une personne, il mettait en garde la communauté en général et disait : « Comment se fait-il que certains disent ceci ou cela… ? », sans citer le nom d’une personne précise (Abu Daoud, Adab, 6). Anas bin Malik (ra) rapporte qu’un homme vint chez le Prophète (saw) portant sur lui des vêtements jaunis par la saleté. Une fois parti, le Messager (saw) dit : « Il serait bien que vous lui conseilliez de se laver. » (Abu Daoud, Adab, 6). Il apparaît donc que l’Envoyé de Dieu (saw) n’aimait pas blesser les personnes en leur jetant leur défaut à la figure. Il faisait tout son possible et se comportait avec douceur pour ne pas les offenser et les mettre mal à l’aise. Il lui arrivait donc de chercher des moyens de transmettre la religion et d’éduquer ses compagnons par des petits subterfuges afin d’éviter de les contrarier.

L’Envoyé de Dieu (saw) n’aimait pas blesser les personnes en leur jetant leurs défauts à la figure. Il faisait tout son possible et se comportait avec douceur pour ne pas les offenser et les mettre mal à l’aise.

Lorsqu’eut lieu la bataille de Badr qui s’acheva par la victoire des musulmans et que l’oncle du Prophète (saw), Abbas (ra), n’avait pas encore embrassé l’Islam, le Messager (saw) ressentit beaucoup de peine lorsqu’il vit parmi les prisonniers, son oncle Abbas (ra) sans chemise. Il se mit alors à la recherche d’une chemise pour la lui donner. Abbas (ra) était très grand de taille, il n’y avait que le chef des hypocrites, Abdullah bin Ubay bin Salul, qui possédait une chemise pouvant lui convenir.  L’Envoyé de Dieu (saw) lui prit cette chemise et la fit porter à son oncle. Lorsque Abdullah mourut, le Messager offrit sa chemise à son fils, qui était lui musulman, afin d’apaiser sa peine et en échange de l'acte de bonté du défunt durant la bataille de Badr, pour qu’elle lui serve de linceul. Le Prophète (saw) dit à propos de cela : « Ma chemise ne sera daucune utilité pour protéger cette personne du châtiment de Dieu, mais jespère que cela permettra la conversion de mille personnes de sa tribu ». Il a été rapporté que mille membres de sa tribu se convertirent après cet événement et qu’ils se repentirent de leurs activités visant à créer la discorde parmi la communauté (voir : Kurtubi, Abu Abdillah Muhammed b. Ahmed al-Ansari, al-Jâmiu li Ahkâmi’l-Kur’ân, Dâru’l-Fikr, Beyrouth 1995, tom IV, p. 143, 144). La nécessité, aujourd’hui, de transmettre la religion par cette méthode prophétique est indéniable. Il ne faut pas omettre que la pratique d’une telle méthode comme fondement de la prédication et de la transmission de la religion apportera sans aucun doute des solutions et des avantages d’une grande importance pour la communauté.

 

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