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La place des femmes dans la Mosquée du Prophète (saw)

La Mosquée du Prophète (Al-Masjid Al-Nabawi) fut le lieu où s’effectua la première rencontre entre la femme et la mosquée. Celles qui désiraient prendre exemple du Prophète (saw) en le voyant, voulaient apprendre la religion en l’écoutant, ressentaient le besoin de lui poser des questions et lui offrir des cadeaux et souhaitaient par-dessus tout gouter au plaisir de la prière dirigée par le Messager (saw), prirent leur place parmi les fidèles permanents de la mosquée.

Ils étaient venus rendre visite à l’hôte sacré qui honora Médine. Ils crurent en sa prophétie et, emportés par l’enthousiasme de la foi qui venait tout juste de naître dans leur cœur, ils prêtèrent serment : « Ô Envoyé de Dieu ! Nous te promettons de ne jamais associer qui que ce soit à Allah, de ne pas voler, de ne pas forniquer, de ne pas tuer nos enfants, de n’accuser en aucun cas l’innocent par nos propres inventions et de t’obéir concernant toutes les choses convenables » (1). Le Prophète (saw) accepta de tout cœur l’allégeance des femmes venues, groupe par groupe, faire sa connaissance. Âgés ou plus jeunes, hommes et femmes, esclaves et libres, il ouvrait ses bras à tous et ne refusait personne… Croire en un prophète signifiait revoir, selon cette nouvelle religion enseignée, sa raison et ses sentiments, son passé et son futur, sa culture et ses valeurs. Les habitudes devaient changer, les esprits se transformer, les actes de bonté se poursuivront, mais les fautes devront être abandonnées. Médine sera témoin, ce printemps, de la naissance de nouvelles personnalités. Bien sûr, cela nécessitera d’obéir aux ordres, d’apprendre les interdits, en résumé « de suivre un enseignement ». Voilà pourquoi la première chose qu’exigea le Messager (saw) fut la construction d’une mosquée. Une mosquée qui sera le centre névralgique de l’enseignement, de l’adoration, de la politique, de la vie sous toutes ses facettes : Al-Masjid Al-Nabawi (la Mosquée du Prophète).

La mosquée du Prophète fut le lieu où s’effectua la première rencontre entre la femme et la mosquée. Celles qui désiraient prendre exemple du Prophète (saw) en le voyant, voulaient apprendre la religion en l’écoutant, ressentaient le besoin de lui poser des questions et lui offrir des cadeaux et souhaitaient par-dessus tout goûter au plaisir de la prière dirigée par le Messager (saw), prirent leur place parmi les fidèles permanents de la mosquée. Le dernier des prophètes avait déclaré « J’ai été envoyé en tant qu’enseignant ». (2) Sa mission prophétique concernait tout le monde, sans aucune distinction de sexe ; la mosquée qui était le lieu principal de la prédication se devait donc d’accueillir homme et femme. Grâce à ce nouveau lieu de culte dont la fonction est de rassembler, de rapprocher et de réconcilier les individus, la ville de Médine était, dorénavant, plus apaisée.

Le Messager avait déclaré : « N’empêchez pas les adoratrices d’Allah de se rendre dans les mosquées d’Allah ». (5) Le message prophétique était très clair : les femmes, à l’instar des hommes, sont des servantes d’Allah… Personne n’est en droit de s’interposer entre eux. Il est tout à fait normal que la mère, le père et les enfants puissent répondre au même appel (à la prière) et ressentent ainsi dans leurs âmes la même ferveur durant le takbir, la même paix durant la psalmodie du Coran et la même emprise à l’écoute des exhortations prophétiques. Ils parviendraient ainsi, en famille, à l’unité et à la vitalité.

Dans cette ville qui accueillit le Messager (saw) et qui s’était imprégnée de la religion en profondeur, les quartiers, les rues, les maisons et les couples constituaient les entités d’un corps splendide se nourrissant d’une même source. D’un côté, un Prophète « qui se consume de chagrin » (3) pour sa communauté, et de l’autre, des compagnons qui l’écoutent avec concentration et respect « comme si un oiseau s’était posé sur leurs têtes » (4). C’est pour que personne ne soit dépourvu de cet élan d’ « apprentissage de la nouvelle religion et de réforme de soi-même » que le Messager avait déclaré : « N’empêchez pas les adoratrices d’Allah de se rendre dans les mosquées d’Allah ». (5) Le message prophétique était très clair : les femmes, à l’instar des hommes, sont des servantes d’Allah… Personne n’est en droit de s’interposer entre eux. Il est tout à fait normal que la mère, le père et les enfants puissent répondre au même appel (à la prière) et ressentent ainsi dans leurs âmes la même ferveur durant le takbir, la même paix durant la psalmodie du Coran et la même emprise à l’écoute des exhortations prophétiques. Ils parviendraient ainsi, en famille, à l’unité et à la vitalité. Cet esprit de complémentarité fut cependant considérablement endommagé par la pensée qui éloigna, durant des siècles, les mères et leurs enfants de la mosquée, en faisant de la mosquée « un lieu de culte ne servant qu’un seul et unique membre de la famille ».

En effet, le Messager (saw), lui, n’avait jamais éloigné les femmes de la mosquée, il n’était pas question de les empêcher d’accéder à l’honneur de prier derrière lui et au plaisir d’écouter ses enseignements. Et lorsque les femmes se plaignirent auprès de lui et lui demandèrent : « Ô Envoyé de Dieu ! Ce sont toujours les hommes qui bénéficient de tes paroles. Pourrais-tu nous enseigner aussi ce qu’Allah te révèle à un moment précis que tu auras choisi ? ». Le Prophète (saw) organisa des cours spécifiques pour les femmes au moment et lieu qu’ils décidèrent. (6) Il savait que l’effort fourni pour une femme représentait l’éducation de toute une génération et non pas d’une seule personne. Il était conscient qu’un être qui aurait fait connaissance de la mosquée dans les bras de sa mère porterait les traces de cette rencontre tout au long de son évolution. C’est ainsi qu’il dit : « J’entame la prière en tant qu’Imam avec l’intention de la prolonger, mais j’entends les pleurs d’un enfant et je fais vite et raccourci la prière, car je sais que sa mère sera anxieuse et attristée par ses pleurs ». (7)

La mère se devait d’y être, pour éduquer son cœur et son esprit. Elle devait apprendre, à la mosquée, la vérité, le bon et le juste, pour ensuite l’enseigner à ses enfants. Mais l’esprit qui l’éloigna des cours, des exhortations et des sermons de la mosquée la contraignit à l’ignorance et la laissa dans l’obscurité des superstitions et des croyances erronées.

La mosquée du Prophète était comme un noyau qui abritait tous les codes de la société musulmane. Il (saw) y dirigeait la prière en groupe, y écoutait ceux qui venaient le consulter et y jugeait les litiges. Il discutait des problèmes de la ville dans sa mosquée et y recevait les délégations officielles venues lui rendre visite. Des représentations folkloriques et des baptêmes d’enfants y étaient aussi organisés. Ainsi, en les conviant à la mosquée, il n’appelait pas les femmes uniquement à adorer leur seigneur, mais aussi à participer de manière active à la vie en société. Même si cette participation devait nécessiter que les femmes sortent de chez elles en pleine nuit, l’Envoyé de Dieu (saw) prévint les hommes de ne pas leur en empêcher : « Si vos femmes vous demandent de les laisser partir, la nuit, à la mosquée, permettez-leur d’y aller ! » (8). Cet avertissement prophétique eut tout de suite des conséquences, ainsi que le démontre la parole d’Aicha (r.anha) : « Les femmes croyantes couvertes par leurs voiles, assistaient à la prière du matin avec le Prophète (saw), puis elles rentraient chez elles, tellement qu’il faisait noir, sans que personne ne les reconnaissent ». (9)

Outre les prières journalières, les femmes musulmanes participaient aussi à la prière du Vendredi qui constitue le rassemblement hebdomadaire des musulmans. Certaines étaient très régulières, au point qu’Umm Hichma bint Hâritha (r.anha) déclara : « J’ai appris la sourate Qâf de la bouche de l’Envoyé d’Allah (saw) qui la récitait le vendredi du haut de la chaire (minbar) ». Le Prophète (saw) insistait à ce que les femmes participent aussi à ces deux jours de l’année dans lesquelles se déclare d’une tout autre beauté la miséricorde de Dieu : la Fête du Sacrifice et la Fête du Ramadan.

Outre les prières journalières, les femmes musulmanes participaient aussi à la prière du Vendredi qui constitue le rassemblement hebdomadaire des musulmans. Certaines étaient très régulières, au point qu’Umm Hichma bint Hâritha (r.anha) déclara : « J’ai appris la sourate Qâf de la bouche de l’Envoyé d’Allah (saw) qui la récitait le vendredi du haut de la chaire (minbar) ». (10) Le Prophète (saw) insistait à ce que les femmes participent aussi aux deux jours de l’année dans lesquelles se déclare d’une tout autre beauté la miséricorde de Dieu : la Fête du Sacrifice et la Fête du Ramadan. Il exigeait que tout le monde, du plus vieux au plus jeune, et même la femme ne pouvant prier, car indisposée, participe à ce rassemblement qui s’effectuait à l’extérieur, en plein air (au musalla). Celles indisposées restaient un peu en retrait, mais s’associaient au takbir et aux invocations, elles profitaient ainsi, également, de la bénédiction de ce moment. (11) Lorsqu’une femme l’informa qu’elle ne pourrait participer à la prière, car elle ne possédait pas de quoi se couvrir, il lui conseilla d’emprunter le châle d’une amie afin qu’elle puisse venir. (12) Comment le Prophète (saw) aurait pu davantage exprimer l’importance qu’il accordait à la femme ainsi qu’à l’homme en tant que membre de la société à part entière ?

Quoi de plus naturel pour la femme qui par son essence est honorable du fait de la mission et de la responsabilité que Dieu lui confia que d’être en droit de se diriger vers la Qibla dans les mosquées d’Allah, se prosterner, écouter avec concentration et réflexion les sermons et avoir accès à la culture ?

Qui peut donc prétendre que les masses qui osent dire aux femmes : « Occupez-vous de vos enfants et, si possible, prenez-les et sortez de la mosquée » agissent conformément à la Sunna du Prophète (saw) ?

Où est donc passée la courtoisie du Messager (saw) qui exigea que les hommes restent quelque temps assis après les prières, afin de permettre aux femmes de sortir sans être dérangées ? Comment la perspicacité de l’Envoyé de Dieu (saw), qui exigea des femmes de venir aux mosquées sans se parfumer afin de ne pas causer de problèmes, a-t-elle si vite été oubliée ?

Le temps passa et les esprits se transformèrent. Les langues qui expriment pourtant sans cesse la nostalgie de la sunna prophétique se mirent à imposer des interdits contraires à celle-ci. Les femmes et les enfants disparurent des mosquées.

Ceux qui n’enseignent pas à leur famille les règles de bienséances concernant la mosquée et la prière en groupe, sont-ils en droit, sous prétexte qu’« ils perturbent et dérangent durant la prière », de les empêcher de venir?

Où est donc passée la courtoisie du Messager (saw) qui exigea que les hommes restent quelque temps assis après les prières (13), afin de permettre aux femmes de sortir sans être dérangées ?

Comment la perspicacité de l’Envoyé de Dieu (saw), qui exigea des femmes de venir aux mosquées sans se parfumer (14) afin de ne pas causer de problèmes, a-t-elle si vite été oubliée ?

Le temps passa et les esprits se transformèrent. Les jugements négatifs s’intensifièrent et se renforcèrent. Les langues qui expriment pourtant sans cesse la nostalgie de la sunna prophétique se mirent à imposer des interdits contraires à celle-ci. Les femmes et les enfants disparurent des mosquées. Notre famille est fatiguée de devoir attendre les prières du ramadan (tarawih) pour enfin pouvoir prier tous ensemble sous la même coupole. Nos mosquées, dans lesquelles les larmes sincères et les pépiements d’enfants se font regretter, ont été désertées. Les longues affirmations ayant pour point de départ la crainte de voir apparaitre la fitna nous ont fait perdre de nombreux siècles.

Pourtant, un jour de printemps, à Médine, Atika bint Zayd (ra), qui faisait partie de celles qui participaient régulièrement aux prières journalières, priait continuellement derrière le Prophète (saw), même à la prière du matin (sobh) et de la nuit (ichâ). Son mari Omar bin Khattab (ra) affirmait ne pas être satisfait de cela et les gens qui s’étonnaient de cette situation lui demandaient : « Pourquoi viens-tu alors qu’Omar (ra) n’apprécie pas cela et est très jaloux te concernant ». Sa réponse fut : « La parole du Prophète (saw) : “N’empêchez pas les adoratrices d’Allah d’aller à la mosquée” l’empêche de faire quoi que ce soit ». (16)

Abdullah bin Omar (ra) transmit la même parole prophétique à ses enfants. L’un d’eux s’y opposa en jurant : « Par Allah on leur en empêchera ! ». L’enfant d’une famille tellement proche du Messager (saw) pouvait ainsi renier cette permission sous prétexte qu’elle pourrait engendrer une fitna (discorde). (17) Son père, qui était connu pourtant pour être de nature plutôt calme, reprit alors son fils d’une manière encore jamais entendue jusqu’à ce jour et lui dit une parole qui devrait aussi servir de leçon aux musulmans d’aujourd’hui : « Je te rapporte la parole du Messager d’Allah (saw) et toi tu me dis encore nous leur interdirons ! » (18)

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1. Nasâî, Bi’at, 18.

2. Dârimî, Mukaddima, 32.

3. Al-Kahf  18/6.

4. İbn Hanbal, IV/278.

5. Bukhârî, Jumu’a, 13.

6. Bukhârî, İ’tisâm, 9.

7. Bukhârî, Adhan, 65.

8. Bukhârî, Adhan, 162.

9. Bukhârî, Mawâkît, 27.

10. Muslim, Jumu’a, 52.

11. Muslim, Salâtu’l-‘îdayn, 11.

12. Bukhârî, Salât, 2.

13. Bukhârî, Ezan, 152.

14. Abû Dâoûd, Salât, 52.

15. Muwatta’, Qibla, 6.

16. Bukhârî, Jumu’a, 13.

17. Muslim, Salât, 138.

18. Müslim, Salât, 135.

Cami Yazıları, DİB, Ankara 2012, p. 113-119

 

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