Les Compagnons
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Le poète du Prophète Muhammad (saw) : Hassan b. Thabit (ra)

Selon la coutume de la satire, qui a une place importante dans la littérature arabe avec l’éloge, dans les poèmes, les poètes blâmés étaient ciblés avec leur tribu. C'est pourquoi, le fait de diffamer les poètes Quraychites conduisait au blâme de la tribu Quraych. Le Prophète (saw) sachant cette vérité dit à Hassan b. Thabit (ra) : « Comment vas-tu les blâmer, moi aussi je suis un Quraychite tout comme eux. » Celui-ci lui répondit : « Je vais t'enlever des mécréants Quraychites tout comme on retire un poil du beurre. »

Hassan b. Thabit (ra) est venu au monde en l’an 570 du calendrier grégorien à Yasrib (Médine). Sa famille faisait partie des Bani Najjars de la tribu des Hazrajs, une des deux lignées importantes vivant ici. Son père était Thabit et sa mère Fouray’a binti Khalid. Le fait que la mère d'Abdulmouttalib, le grand-père du Prophète (saw), était de cette tribu, lui donne une parenté indirecte avec l'Envoyé de Dieu (saw). De par sa croyance à l'Islam et de par sa défense du Prophète (saw), par le biais de ses poésies face aux diffamations des mécréants, il fut réputé avec le nom de Shâïrou’n-Nabi / poète du Prophète. Nous pouvons retrouver des informations à propos de la vie d’Hassan pendant la période de l'Ignorance par ses poèmes transmis par lui-même. Il a répondu aux diffamations du poète Kays b. Hatim de la tribu adverse lors des guerres entre les Aws et les Hazrajs dont il faisait partie. Les batailles sanglantes entre ces deux tribus ont perduré jusqu'avant l’hégire du Prophète (saw) à Médine et, les plus importantes d'entre elles sont Yawmou’r-Rabi’, Yawmou’s-Soumayha, Yawmou’d-Daraq, et Yawmou Bouas.

Hassan b. Thabit (ra) a beaucoup parlé de ces guerres dans ses poèmes datant de la période préislamique. Hassan fut accepté comme un des plus importants poètes arabes de son époque. Son ode Lamiyya citée devant Amr b. Hâris, le roi de Gassanî est un des meilleurs exemples du genre. En effet, grâce à son poème il gagna un grand prestige dans les palais Gassanides. Il avait également de l'affinité avec Nu’man b. Mounzir un des rois de Lahmî à Hîra, qui était en position adverse avec les Gassanides. Ainsi, la vie d’Hassan b. Thabit (ra) avant l'Islam se passait en participant aux différentes réunions poétiques. Une de ses importantes activités était de parler de l’héroïsme de sa tribu, d’encourager les soldats face à l’ennemi pendant les guerres entre les tribus de Hazrajs dont il faisait partie et d’Aws.

Cette activité des mécréants contre les musulmans a continué même après l’hégire de La Mecque vers Médine. Suite à cette évolution, le Prophète (saw) demanda de l'aide de la part des poètes musulmans de Médine contre les poètes mécréants Quraychites tels qu’Abdullah b. Ziba’ra, Abou Soufyan b. Hâris, Dirar b. Hattab, Abou Ouzza al-Joumahi, Hubayra b. Abou Wahb. Hassan b. Thabit (ra), Ka’b b. Malik (ra) et Abdullah b. Rawaha (ra) ont déclaré qu’ils allaient utiliser leurs talents de poète dans cette voie. Selon la coutume de la satire, qui a une place importante dans la littérature arabe avec l’éloge, dans les poèmes, les poètes blâmés étaient ciblés avec leur tribu. C'est pourquoi, le fait de diffamer les poètes Quraychites conduisait au blâme de la tribu Quraychite. Le Prophète (saw) sachant cette vérité dit à Hassan b. Thabit (ra) : « Comment vas-tu les blâmer, moi aussi je suis un Quraychite tout comme eux. » Celui-ci lui répondit : « Je vais t'enlever des mécréants Quraychites tout comme on retire un poil du beurre. » Effectivement, Hassan b. Thabit (ra) répondit aux poèmes des mécréants Quraychites d’une manière encore plus réussie que les attentes sans causer le moindre dommage au Prophète (saw). L'Envoyé de Dieu (saw) étant témoin de sa réussite le félicita par ces dires : « Le don innée d’Hassan b. Thabit (ra) et son inspiration sont confirmés par l’ange Gabriel… ces vers ont sur eux un effet plus sévère qu’une volée de flèches.” Hassan b. Thabit (ra) n'a pas seulement répondu aux poètes mécréants Mecquois mais aussi, aux poètes juifs tels que Ka’b b. Ashraf et Rabi b. Abi’l-Houkayk injuriant l’Islam et les musulmans. Avec ses efforts, il fit tomber à l’eau leurs essais de propagande négative contre les musulmans menés par les Juifs, il neutralisa ainsi leurs poètes. Le plus grand succès d’Hassan b. Thabit (ra) en question de défense du Prophète (saw) avec son art de poète se passa en l'an 9 de l'hégire lorsqu'il domina les poètes des Bani Tamim venus à Médine.

L'attitude négative prise par le calife Omar (ra) contre les poètes pour cause qu'ils encouragent le feu du tribalisme a rabaissé son influence et celle des autres poètes. De plus, Omar (ra) a voulu l'empêcher de réciter des poèmes dans la mosquée mais, ayant reçu cette réponse  d’Hassan b. Thabit (ra) : « Tu sais que je récitais même des poèmes ici alors qu'il s’y trouvait quelqu'un de meilleur (le Prophète (saw)) que toi », il renonça à cette pensée.

Hassan b. Thabit (ra) fit partie des quatre personnes dont le nom fut mélangé à l'événement d’Ifq suite à la bataille de Mouraysi. Le Prophète (saw) prit à ses côtés Aïcha (ra) lorsqu'il quitta Médine pour la campagne de Mouraysi. Après la guerre, lors du retour de l'armée Aïcha (ra) quitta sa chaise à porteurs afin de chercher le collier qu'elle avait perdu lors d'une halte mais, lorsqu'elle retourna, elle comprit que les soldats musulmans avaient quitté les lieux et, elle commença à les attendre là-bas afin qu'ils la retrouvent. Un des musulmans qui était venu au lieu de camp pour récupérer des affaires laissées par l'armée, trouva Aïcha (ra) toute seule, il la fit monter à son chameau et l'emmena au Prophète (saw). Cet événement qui n’attira l'attention de personne au départ se tourna à une campagne de diffamation contre Aïcha (ra) à cause des calomnies du chef des hypocrites Abdullah b. Ubay et de ses partisans. Cet événement de diffamation faisant vivre un souci moral autant au Prophète (saw) qu’à Aïcha (ra), a été clarifié par les verser 11-19 de la sourate Nour enregistrant la chasteté d’Aïcha. Hassan b. Thabit (ra) qui fit partie des personnes parlant contre Aïcha (ra) à cause de cet événement reçut la peine de calomnie. Plus tard, dans une de ses odes il parla de la chasteté d’Aïcha et lui demanda pardon, ce pardon fut accepté par la victime de cette affaire. Quant au Prophète (saw), il pardonna également Hassan b. Thabit (ra) qui lui présenta ses excuses à ce sujet. Après cette affaire, le Prophète (saw) continua à tenir Hassan b. Thabit (ra) comme son poète, de plus il lui attribua un endroit dans la Mosquée du Prophète afin qu'il lise ses poèmes.

Hassan b. Thabit (ra) a aussi vécu une longue vie après le décès du Prophète (saw) mais, il n'a jamais pu retrouver l'estime qu'il avait au temps de la prophétie. Car, étant donné que les musulmans avaient désormais une position dominante, aucun poète n'avait le courage d'injurier la religion de l'Islam et donc, le besoin de poète défendant la religion s'était levé à grande mesure. L'attitude négative prise par le calife Omar (ra) contre les poètes pour cause qu'ils encouragent le feu du tribalisme a rabaissé son influence et celle des autres poètes. De plus, Omar (ra) a voulu l'empêcher de réciter des poèmes dans la mosquée mais, ayant reçu cette réponse de Hassan b. Thabit (ra) : « Tu sais que je récitais même des poèmes ici alors qu'il s’y trouvait quelqu'un de meilleur (le Prophète (saw)) que toi », il renonça à cette pensée. Hassan b. Thabit (ra) qui fut également témoin de la période du califat d’Osman (ra), récita de nombreuses élégies à son sujet après son assassinat. Il est connu dans les sources comme un partisan d’Osman (ra). Plus tard, il alla aux côtés de Mouawiya qui commença un mouvement politique à Damas contre Ali (ra) où il vit beaucoup d'estime mais, il ne resta pas longtemps à Damas, il retourna vers son pays, à Médine. Même si sa date de décès est donnée différemment dans les sources, nous savons qu'il a vécu jusqu'à la fin de la période du califat de Mouawiya.

Hassan b. Thabit (ra) a récité lors de l’époque de l’Ignorance des poèmes de genre satirique, élogieux et ode en suivant la coutume des poètes des tribus de son temps. Pendant la période de l’Islam ces styles de poèmes ont été remplacés par l’éloge du Prophète (saw) et de l’Islam. Les sujets de leurs poèmes, ont été formés en grande partie par les sourates du Coran et les hadiths du Prophète (saw). Par ailleurs, les poètes ont également raconté l’héroïsme des soldats Musulmans lors des guerres. Quant à Hassan, il a présenté les premiers et les meilleurs exemples du passage de la poésie arabe du temps de l'Ignorance à la littérature de l'époque islamique. C'est pour cette raison que nous pouvons accepter Hassan b. Thabit (ra) comme un des pionniers de la littérature islamique.

Ci-dessous, nous vous présentons un exemple de poème louant le Prophète (saw) :

« Un glorieux Prophète nous est venu.
Là où il n'y avait pas d'espoir, où n'était pas venu de Prophète.
Sur terre, après les années où les idoles étaient adorées
Il est venu et il a été la lampe nous éclairant
Nous guidant vers la voie droite, brillant
Tout comme la brillance d'une épée éblouissant les yeux…
Il nous a prévenus face au feu.
Et, il nous a donné la bonne nouvelle du paradis, il nous a appris l’Islam
C’est pourquoi nous louons Allah. »

Dans un autre de ses poèmes, il éloge ainsi le Prophète (saw) :

« Mes yeux n'ont jamais vu meilleur que toi,
Aucune mère n’a enfanté plus beau que toi,
Tu as été créé purifié de tous vices et de tous défauts
Comme si tu as été créé comme tu le souhaitais. »

 

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