Le Prophète Muhammad (saw)
Sa vie sociale
 

Les plaisanteries du Prophète Muhammad (saw) et de ses compagnons

Nous avons beaucoup lu sur les questions religieuses et les évènements marquants de la vie du Prophète Muhammad (saw) et de ses compagnons.  Lorsque nous évoquons la Sira, le sérieux est à l’ordre du jour la plupart du temps dans nos esprits et on en oublie les « petites » histoires du quotidien. Or ces petites histoires regorgent autant de vérité (Haqiqat) que les grands évènements dans cette étude.

Par exemple, si on observe la vie du Prophète de plus près, on peut apercevoir sa relation avec ses compagnons en tant qu’être humain d’un côté et prophète de l’autre, leurs plaisanteries respectives et les sourires échangés.

Si l’on met de côté les débats sur la plaisanterie dans le domaine du Fiqh, le Prophète  Muhammad (saw) a approuvé la plaisanterie modérée et juste. Muhammad (saw), l’unique exemple des musulmans, plaisantait souvent mais cependant précisait ‘Moi, je ne dis que la vérité,  je n’ai jamais rien dit autre que la vérité’. Les plaisanteries du Prophète n’étaient point blessantes et ne comprenait aucunement des mensonges. Il aimait sourire et plaisanter gentiment.

Et voici quelques exemples qui ont fait sourire le Prophète Muhammad (saw) :

·  Anas Ibn Malik rapporte : « Un jour un homme vint trouver le Prophète et lui demanda un chameau comme monture, le Prophète lui répondit ‘Je vais te donner le petit d’une chamelle comme monture’. Ce dernier demanda ‘Ô Messager d’Allah ! Que vais-je faire avec le petit d’une chamelle ?’ Le Prophète (saw) lui répondit en souriant ‘Tous les chameaux ne sont-ils pas engendrés par une chamelle ? ‘

·  Anas Ibn Malik rapporte qu’un bédouin au nom de Zahir a un jour offert des cadeaux achetés dans le désert au Prophète. Lorsque ce bédouin voulut retourner chez lui, le Prophète lui offrit également des cadeaux et déclara : ‘Zahir est notre représentant dans le désert et nous, nous sommes le sien en ville!’. Ce bédouin n’était pas très beau physiquement mais le Prophète l’aimait beaucoup. Lorsque Zahir faisait ses achats, le Prophète aimait plaisanter avec lui en s’approchant discrètement, puis lui cacher ses yeux et demander de deviner qui Il était. Zahir se tournait vers le Prophète en le reconnaissant immédiatement. Ils se saluaient chaleureusement. Le Prophète vint à demander une fois autour de lui : ‘Qui souhaiterait acheter cet esclave ?’ Sur quoi Zahir répondit ‘Ô Messager d’Allah ! Tu me trouves ainsi sans valeur ?’ Le Prophète lui dit alors : ‘Sache que tu n’es point sans valeur auprès d’Allah, tu es très cher auprès de Lui’.

·  Souhayb rapporte : “Un jour, je mangeais des dattes malgré le mal de mes yeux. Lorsque le Prophète me vit et Il me demanda: ‘Malgré le mal de tes yeux, tu arrives à manger les dattes ?’  Je lui répondis : ‘Ô Messager d’Allah, je ne mange qu’avec le côté qui ne me fait pas mal !’ Sur cette réponse, le Prophète se mit à sourire jusqu’aux oreilles.  

·  Ibn Abbas rapporte : “ Un homme me demanda si le Prophète plaisantait.  Je lui répondu que oui. Il demanda cette fois comment le Prophète plaisantait. Je lui répondis alors : ‘Le Prophète fit habiller une robe très très large à une de ses épouses et lui dit : ‘Portes cette robe, n’oublies pas de remercier notre Seigneur et traines la jupe comme une mariée !’ ».

·  Anas rapporte : « Le Messager d’Allah possédait un caractère des plus parfaits. J’avais un frère appelé Oumayr. Quand le Prophète voyait mon frère, il lui demandait à chaque fois ce que faisait son oiseau car mon frère aimait jouer avec les oiseaux. Le Prophète venait de temps en temps chez nous et nous demandait de ramener un tapis de prière, ensuite il le balayait et l’arrosait, puis se mettait à prier. Nous priions derrière lui. Le tapis était fait de fibre de palmier. »  

· Le Prophète Muhammad (saw) taquinait Anas Ibn Malik en lui disant ‘Ô toi qui a deux oreilles !’

· Awf Ibn Malik rapporte : Je me rendis auprès du Prophète lors de la bataille de Tabouk. Il se trouvait sous une petite tente de cuir. Je l’ai salué devant la porte. Il me salua en retour et me demanda d’entrer. Je lui répondis ‘Puis-je entré en entier et en un seul morceau?’ Il me répondit en souriant ‘Entres en entier et en un seul morceau.’


Le Prophète Muhammad (saw) plaisantait avec ses épouses et les femmes âgées.

Le Prophète Muhammad (saw) aimait plaisanter avec ses épouses, les enfants qui jouent dans les rues et les femmes âgées comme il le faisait avec ses Compagnons. Anas rapporte que le Prophète était le plus joueur et le plus plaisant en présence de ses épouses.

Aicha rapporte : « Le Prophète (saw) faisait souvent la course avec moi et je gagnais tout le temps au début, mais avec le temps, je pris du poids et il me dépassa. »

Un jour pendant le repas, alors que le Prophète (saw) était assis entre ses épouses Sawda et Aïcha, Sawda s’exclama : ‘Je n’aime pas cette soupe !’ Aïcha lui répondit alors ‘Si tu ne manges pas cette soupe, je te barbouille le visage avec !’ Dès lors Aïcha mis sa main dans le plat et barbouilla Sawda. Sawda fit de même et le Prophète, amusé, les observait en souriant.

Une fois, lors d’un voyage, ils ont chargés leur serviteur au nom de Safina de porter certaines affaires, Safina signifiant bateau. Le Prophète Muhammad (saw) lui dit en souriant : ‘Maintenant tu es devenue vraiment une Safîna’.

Un jour, une vieille femme vint trouver le Prophète (saw) et lui demanda ‘Ô Messager d’Allah, prie Allah qu’il me fasse entrer au Paradis ! – Les personnes âgées n’entreront pas au Paradis’ lui répondit-il. Elle repartit alors en pleurant mais le Prophète s’empressant  d’ajouter : ‘Apprenez lui qu’elle n’y entrera pas au Paradis en état de vieillesse, mais rajeunie!‘


Les célèbres plaisanteries du Compagnon Nou’ayman  

Autant les Compagnons que le Prophète lui-même, ils aimaient tous plaisanter entre eux.  Nou’ayman El-Ansari était un compagnon farceur et aimait beaucoup le Prophète.  Un jour, il offrit au Prophète des fruits frais, du miel et du lait du marché de Médine et lui dit : ‘Ô Messager d’Allah ! J’ai acheté ceux-ci pour toi et je souhaite te les offrir’. Quelques jours plus tard, lorsque le vendeur vint récupérer son dû auprès de Nou’ayman, celui-ci l’amena auprès du Prophète et annonça : ‘Ô Prophète ! Peux-tu payer ce vieux monsieur le prix de sa marchandise ? – Ô Nou’ayman, ne me les avais-tu pas offert ? répondit-il alors. Nou’ayman ajouta : ‘Ô Messager d’Allah ! Quand j’ai pris la marchandise, je n’avais pas de quoi payer, mais j’ai pensé que cela te plairait et je voulais que tu puisses en manger, c’est pourquoi je les lui ai prise.’ C’est alors que le Prophète, amusé, sourit et paya le vendeur de marchandise.

Un jour, alors qu’Abou Bakr dirigeait l’expédition de commerce, ils se rendirent à Bousra  accompagnés de Nou’ayman et Souwaybit. Ce dernier était alors responsable des vivres, Nou’ayman alla à côté de lui et demanda de lui donner quelque chose à manger. Souwaybit répondit  ‘Je te donnerai quand Abou Bakr rentrera.’ Sur ce, Nou’ayman lui dit ‘Je te préviens, je vais faire quelque chose que tu n’aimes pas du tout… et il se rendit auprès des vendeurs de chameaux. ‘J’ai un esclave très qualifié ! Voulez-vous me l’acheter ? Cependant il a la langue pendue ; il vous dira peut-être que c’est un homme libre. Si vous n’êtes pas intéressés, inutile de vous approcher de lui et de vous prendre la tête.’ Les vendeurs répondirent ‘Nous te l’achetons contre dix chameaux’ Et Nou’ayman, satisfait, prit les chameaux et montra Souwaybit du doigt ‘Il est à vous, Messieurs !’ Malgré les protestations de Suwaybit, les vendeurs l’emmenèrent. Quand Abou Bakr revint auprès des vivres, il apprit la farce de Nou’ayman et s’encourut sauver Suwaybit et rendit les chameaux aux vendeurs.

A leur retour à Médine, le Prophète et les Compagnons rirent beaucoup à cette histoire.


Les plaisanteries mensongères et blessantes ont été interdites

Tous les mots et actes qui offensent la personnalité et l’honneur d’un individu enfreignent les droits de l’Homme. L’ordre public ne peut être assuré qu’en respectant chaque membre de la société. Une personne qui souhaite conserver ses droits doit aussi respecter son prochain. Les plaisanteries mensongères sont en particulier interdites du fait de leur nature mensongère. Il est seulement toléré de plaisanter sans aller dans l’excès, dans l’insulte, la moquerie et le mensonge. Le Prophète a interdit toutes plaisanteries blessantes verbales et physiques. En voici un Hadith :

Une fois, le Prophète voyagea avec un groupe de musulmans. Après la prière de Maghreb, certains s’endormirent. Pour s’amuser, l’un des compagnons pris une corde et attacha son voisin et le traina un peu. Pris d’une grande peur, celui-ci se réveilla soudainement et s’écria. Le Messager d’Allah n’a pas apprécié ce comportement et dit : ‘Il est interdit au musulman de faire peur à un autre musulman.’

 

 

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