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Les traces de l’opinion négative à l’égard de la femme dans les hadiths mawdû’ (inventés-forgés)

Introduction

Cet article portera sur l’étude de certains hadiths mawdû’ (inventés) qui ont été une des causes de la mauvaise conception et représentation faite à l’égard de la femme jusqu’à nos jours (1). La confusion qui règne, encore aujourd’hui, au sujet de la place de la femme dans la vie sociale, culturelle, familiale et religieuse est en grande partie liée aux paroles inventées et attribuées sciemment et injustement au Prophète (saw) afin d’user de son autorité. Ces paroles au contenu négatif à l’encontre des femmes sont en totales opposions avec la tradition prophétique authentique ; ce qui permit l’apparition, à travers ces deux conceptions complètement opposées, d’une large littérature écrite et orale attribuée au prophète (saw). Ainsi, bien qu’elles aient été identifiées dans des livres traitant uniquement des paroles forgées (mawdû’at), certaines d’entre elles continuent à prospérer dans des livres populaires dits de « guide familial » et sont appliquées et imposées par des personnes qui pensent réellement qu’elles sont des conseils prophétiques. Certains de ces hadiths créent un cadre de tension et un sujet de discorde permanent entre les hommes et les femmes ; d’autres délimitent une zone de vie précise à la femme ; tandis qu’un autre ensemble de hadiths forgés empêchent la femme d’offrir ses compétences à la société en énumérant tous les bienfaits de la limiter aux services secondaires. Au final, cela engendre l’impossibilité de voir la femme du point de vue du Messager (saw) et la vie du point de vue de la femme.

Lorsque l’on observe la sunna du Prophète (saw) qui avait dit : « La vie d’ici-bas se constitue de bienfaits et il n’y a de meilleur bienfait dans ce monde qu’une femme pieuse » (9) et les contributions physiques et morales de la femme, nous comprenons à quel point cette position avait créé un bouleversement sans précédent dans l’esprit des gens.

La mauvaise image de la femme dans l’histoire

Il est possible de reculer l’histoire de la mauvaise image de la femme jusqu’au début des narrations de la création. Cette mauvaise interprétation se cache derrière la croyance qu’Adam aurait commis son premier faux pas et donc le premier péché de l’humanité à l’égard de Dieu par la faute de sa femme (2). L’opinion selon laquelle la femme fut pour cette raison condamnée à supporter la partie douloureuse de la procréation et qu’elle aurait une place dans ce monde proportionnelle à ses péchés s’intégra dans les textes sacrés et devint ainsi une pensée très enracinée au sein des sociétés (3). Le Messager de Dieu (saw), en réfutant une telle image de la femme, appela l’humanité à une révolution des esprits. Ainsi, le Coran, en affirmant qu’Allah mit en garde Adam et sa femme contre Satan et non l’un contre l‘autre (4), insista et souligna à plusieurs reprises sur le fait que c’est Satan qui les trompa tous deux et non Ève (5). Les versets narrant les évènements concernant la faute commise par les deux premiers êtres humains, leur regret, leur repentir et leur envoi sur terre ont été révélés dans le coran sous la forme mouthanna (duel : pluriel utilisé pour désigner deux êtres humains), tandis que dans un autre verset le péché est même attribué à Adam directement (6) ; ce qui suffit à libérer la femme de la responsabilité qui lui a été imputée sous le nom de péché originel (7).

Les premiers destinataires du message prophétique étaient sans aucun doute des individus issus d’une société aux préjugés semblables. Bien qu’il y avait quelques femmes influentes en raison de leur richesse et de leur lignée, la société arabe de l’époque, ainsi que le stipule clairement le qualificatif de Jahiliyya (l’Ignorance) qui lui est attribuée, était basée sur la barbarie et il était donc difficile de retrouver des traces d’une approche positive à l’égard des femmes.  Les paroles d’Omar bin Khattab (ra) quant à leur vision de la femme avant l’avènement de l’islam sont très explicites : « À l’époque de l’ignorance, nous n’accordions aucune importance aux femmes ; mais lorsque vint l’Islam et que Dieu les mentionna, nous sûmes qu’elles avaient des droits, mais nous pensions que nous n’étions pas obligés de leur permettre de se mêler à nos affaires. Un jour j’eus une dispute avec ma femme et elle me répondit avec dureté. Je la mis en garde et lui dis : « Ne dépasse pas les limites ! » Ce sur quoi elle répondit : « Tu me sermonnes de la sorte, mais ta fille Hafsa (la femme du Prophète) afflige (en lui répondant aussi), elle, le Messager (saw) » ! (8)

Lorsque l’on observe la sunna du Prophète (saw) qui avait dit : « La vie d’ici-bas se constitue de bienfaits et il n’y a de meilleur bienfait dans ce monde qu’une femme pieuse » (9) et les contributions physiques et morales de la femme, nous comprenons à quel point la position et le message du Prophète (saw) et du Coran avaient créé un bouleversement sans précédent dans l’esprit des gens. Nous allons cependant rappeler, en nous contentant pour cet article uniquement de préciser, que la vie prévue par la révélation pour les femmes se base et se fonde sur le fait de « vivre humainement » (elle ne prévoit donc pas une liberté sans aucune limite éthique).  L’existence de l’être humain eut lieu à partir de la création d’un homme et d’une femme, il est donc impossible de la connaitre et de la décrire comme il se doit sans l’observer des deux perspectives qui la constituent. Par conséquent, aux yeux de Dieu qui ne fit aucune distinction de genre lorsqu’il qualifia les êtres humains de « khalifa » (successeur : responsable de construire un monde meilleur), il n’y a aucune différence entre l’homme et la femme quant à sa responsabilité concernant la construction d’un monde meilleur. C’est pour cette raison que le verset « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir » (11) est destiné aux deux interlocuteurs. Et c’est encore pour cela que l’homme et la femme son sujet à la même sanction en cas de faute (12) et à la même récompense en cas de bonne action (13). Le Prophète (saw) indiqua cette réalité en affirmant : « Les hommes et les femmes sont deux moitiés qui se complètent. » (14).

Le Messager de Dieu (saw) s’exclamait « Faites attention ! De même que vous possédez certains droits sur les femmes, elles en possèdent aussi sur vous ! » (15) à un esprit qui, jusqu’à ce jour, s’était construit en négligeant l’estime naturelle que revêt le statut de khalifa sur terre de la femme et donc en ignorant certains droits humains qui découlent de cette vérité. La conduite respectueuse, affectueuse et tolérante du Messager (saw), qui croyait en la femme et affirmait sa valeur, avait extrêmement surpris les gens. Bien qu’ils fissent leur possible pour suivre la voie du Prophète (saw), face à cet enseignement qui exigeait qu’ils revoient en profondeur leur relation avec la femme et modifient leur manière de penser ainsi que leur comportement, il eut malheureusement des moments où ils agirent sous l’influence de leur ancienne mentalité. Abdullah bin Omar (r.anhuma) avoua cette triste réalité de la sorte : « A l’époque du Prophète (saw), nous ne nous comportions pas comme nous le désirions avec nos épouses et nous ne leur disions jamais de mal de peur qu’un verset nous réprimandant soit révélé, et ce, jusqu’au décès du Messager (saw) ; puis lorsqu’il quitta ce monde, nous commençâmes à leur parler durement et à nous comporter à notre guise ! » (16)

Il n’était bien sûr pas si aisé, afin qu’ils puissent ensuite agir convenablement, de débarrasser les esprits de leurs mauvaises conceptions alors imprégnées dans les gènes de la société. Il est indéniable que certaines franges de la société n’ont pas pu aboutir au changement souhaité. Cette nouvelle construction de la société qui m’était sens dessus dessous des plaisirs et des avantages auxquels certains avaient déjà goutés finit naturellement par se fragiliser après la mort de l’Envoyé de Dieu (saw). Il ne fallut attendre qu’un siècle, lorsqu’Abdullah bin Omar (ra) transmis la parole prophétique : « Lorsque vos femmes vous demandent la permission pour aller à la mosquée ne les en empêchez pas ! », pour qu’un de ses fils s’y oppose en jurant : « Par Allah, on leur en empêchera ! » ; il affirma par ailleurs, afin de souligner son manque de confiance à l’égard des femmes, qu’elles prendraient cette permission pour faire la fitna (discorde). Son père, qui était connu pourtant pour être de nature plutôt calme, reprit alors son fils d’une manière encore jamais entendu jusqu’à ce jour et lui dit : « Je te rapporte la parole du Messager d’Allah (saw) et tu me dis encore nous leur interdirons ! » (17).

Il est étonnant de voir qu’en parallèle aux paroles et pratiques du Prophète (saw) enseignées de génération en génération, des pensées antéislamiques furent aussi transmises avec la religion. C’est comme si les données appartenant à la tradition arabe, comportant aussi des traces de la culture judaïque, avaient été soigneusement conservées. Les relations hommes-femmes au sein des familles, à l’opposé de la ligne du Coran et de la sunna, persistaient à rester inégalitaires. Le réel danger qui apparaissait à ce niveau est que l’on puisse confondre la religion à cette situation qui considérait que la femme était moins mature que l’homme du point de vue des compétences et des responsabilités et la reléguait, par conséquent, à un statut inférieur et imposait une inégalité à l’origine. Cette crainte allait tout d’abord apparaitre sous la forme de mauvaises interprétations des hadiths authentiques, puis dans le rajout de paroles (idraj) et pour finir dans l’apparition de hadiths forgés (mawdû’). Bien sûr, le domaine dans lequel les plus grandes falsifications et manipulations eurent lieu est sans aucun doute le hadith mawdû’.

Une analyse globale de ces textes permet de comprendre aisément le profil de femme que désire former cette mentalité qui inventa ce genre de hadiths. Le portrait d’une femme, en quelques mots, qui ne serait pas autorisée à donner sens à la vie, car considérée inférieure, voire inutile, du point de vue de son intelligence, ses idéaux et ses connaissances ; en plus de l’inutilité de profiter de ses compétences et de la consulter, elle serait un rempart à l’adoration des hommes qui ne doivent surtout pas lui faire confiance ; elle serait, en conséquence, limitée aux corvées domestiques et aux travaux de filature (confection de fils) et ne devrait surtout pas avoir accès à l’enseignement et à l’éducation.

Un aperçu des hadiths inventés (mawdû’) à l’encontre de la femme

Les hadiths forgés de toute part, dont l’objectif est de donner un aspect religieux au jugement négatif porté à l’égard de la femme, concernent un large éventail de domaines, allant du simple conseil concernant la manière de traiter nos jeunes filles dans la vie courante aux sujets les plus critiques tels que le statut social de la femme. Une analyse globale de ces textes permet de comprendre aisément le profil de femme que désire former la mentalité qui inventa ce genre de hadiths. Le portrait d’une femme, en quelques mots, qui ne serait pas autorisée à donner une direction et à apporter un sens à la vie, car considérée inférieure, voire inutile, du point de vue de son intelligence, de ses idéaux et de ses connaissances, en plus de l’inutilité de profiter de ses compétences et de la consulter, elle serait un rempart à l’adoration des hommes qui ne doivent surtout pas lui faire confiance. Elle serait en conséquence limitée aux corvées domestiques et aux travaux de filature (confection de fils) et ne devrait surtout pas avoir accès à l’enseignement et à l’éducation.

Nous allons dans la partie à venir vous présenter quelques exemples de hadiths forgés à ce sujet, afin de mettre en évidence toutes les dimensions de cette mentalité qui fut injustement attribuée au Prophète (saw). Il sera utile de progresser à partir des hadiths au sens large qui rejettent la femme de la vie en société vers des domaines plus restreints comme ceux en rapport à la famille.

Selon les hadiths forgés, à l’instar de ce que l’on a pu observer concernant Adam, la femme est la plus importante barrière entre l’homme et le paradis. Ainsi, il a été rapporté : « Si les femmes n’avaient été, Dieu aurait été adoré comme Il le mérite » (18) ; cette parole mensongère a été en plus renforcée par la parole : « S’il n’y avait pas de femmes, l’homme aurait sans aucun doute accédé au Paradis » (19). Alors qu’en réalité le Messager de Dieu (saw) en disant : « Celui à qui Allah permet de marier une femme pieuse, Il l’a aidé dans la moitié de sa religion, qu’il soit conscient de sa responsabilité dans l’autre moitié restante » (20) affirme que la femme offre une possibilité et un nouveau sens quant à la compréhension et la pratique de la religion qui n’est propre qu’à elle. La parole : « Il y a trois choses auxquelles on ne peut faire confiance : le sultan, la femme et ce bas-monde » est frappante du fait qu’elle nuit aux relations entre l’homme et la femme et fonde celles-ci sur une méfiance malsaine. Il est d’autant plus étonnant que certains savants ont pu affirmer, après avoir déclaré que ce hadith est forgé, que le sens de cette parole reste justifié (22). Cette suspicion à l’égard de la femme s’élargit au point de conseiller l’homme de ne rien partager de privé avec elle : « le Prophète a interdit que l’on raconte nos rêves aux femmes » (23). En réalité si l’on regarde bien, raconter un rêve et en attendre une interprétation est en quelque sorte une façon de la consulter et de prendre un avis. En effet, l’un des hadiths inventés les plus connus concernant la femme est : « Consultez les femmes, mais faites le contraire de ce qu’elles vous conseillent » (24). Un autre texte a même lié à la bénédiction (baraka) cette inconcevable idée qui suppose que la femme se tromperait forcément et qu’agir à son opposé garantirait la réussite: « Que l’un d’entre vous n’agisse jamais sans consulter qui que ce soit. S’il ne trouve personne, qu’il consulte sa femme et fasse le contraire. Il y a certes la bénédiction et l’abondance (baraka) dans l’opposition à la femme » (25). Prendre l’avis des femmes peut avoir pour conséquence de faire ce qu’elles conseillent, mais a aussi été empêché par la parole : « l’obéissance en la femme est cause de regret » (26).

Alors que le Messager (saw) avait lui-même partagé la peur et l’inquiétude qu’il ressentit le jour de sa première révélation en tout premier lieu avec son épouse, il l’a consulta et lui dit : « Je suis inquiet me concernant ! » (27). Ce qu’il se passa quelques années plus tard, le jour de Houdaybiya, suffira aussi à démentir tout ce qui a été rapporté sur le fait d’éloigner les femmes des mécanismes de prises de décisions. Ce jour-là, alors que le Prophète (saw) ne savait plus quoi faire face à ses compagnons qui tardaient à s’exécuter lorsqu’il fallut rebrousser chemin vers Médine sans effectuer le petit pèlerinage (‘Umra), il suivit le conseil de son épouse Oumm Salama (r.anha) et se rasa les cheveux pour sortir de l’état de sacralisation (ihram) avant tout le monde. Les compagnons voyant cela se soumirent et firent de même, ainsi s’arrangea la situation (28). Il est possible d’exposer de nombreux exemples de discussion et de consultation de l’Envoyé de Dieu (saw) avec ses épouses (r.anhunna). Et donc la parole mensongère comme quoi le Messager (saw) aurait dit : « quatre choses tuent le cœur : répéter un péché juste après un autre péché, se disputer excessivement et parler avec sa femme, débattre avec un idiot qui cherche à tout prix à répondre à chacune de vos paroles, ainsi que fréquenter le riche irresponsable et le gouverneur injuste » (29) est fondamentalement opposé à la sunna authentique du Prophète (saw).

Alors que le Messager (saw) avait lui-même partagé la peur et l’inquiétude qu’il ressentit le jour de sa première révélation en tout premier lieu avec son épouse, il l’a consulta et lui dit : « Je suis inquiet me concernant ! »

Le sujet à propos duquel les femmes ont été victimes du plus grand tort, en raison des hadiths forgés, est sans aucun doute le domaine de l’éducation et de l’enseignement. Ces textes qui furent considérés comme des références religieuses n’empêchèrent pas uniquement les jeunes filles d’accéder à l’éducation, mais rendirent également ignorantes des familles entières qui grandirent entre les mains de ces jeunes filles sans éducation une fois devenues mères. En tête de ces propos cités dans les conférences et les discussions, des fois mêmes considérés intéressants par certains savants (30), se trouve la parole : « Ne faites pas s’asseoir vos femmes dans les pièces donnant sur la route, ne leur enseignez pas l’écriture, enseignez-leur la sourate al-Nour et l’art de la filature (confection de fils) » (31). Bien qu’Al-Hakim défendu que cette parole soit authentique dans son œuvre Al-Moustadrak, Al-Dhahabi critiqua fortement cette thèse (32). Azimabadi, qui a écrit un article complet sur ce sujet, détailla chacune des chaines de transmission de ce hadith et prouva clairement que ce propos est un hadith complètement inventé (33). De la même façon, les propos : « Vos femmes sont les lumières de vos maisons, mais ne leur donnez aucun enseignement » (34) et « embellissez les réunions de femmes par la confection de fils » (35) sont aussi des hadiths forgés. Alors que, tout au contraire, le Prophète (saw) approuva que l’épouse du Messager (saw), Hafsa (r.anha), apprenne à écrire auprès de Chifa bint Abdullah (r.anha) et il lui demanda même de poursuivre auprès d’elle pour qu’elle puisse aussi apprendre certaines invocations (36).

En plus d’empêcher la femme de participer à la vie en société en raison qu’elle causerait la fitna, il a aussi été conseillé de la priver de certains besoins fondamentaux comme la nourriture et les vêtements. Une telle parole : « Laissez vos épouses avoir faim, sans nuire à leurs santés, et donnez-leur peu de vêtements, en évitant d’exagérer, car si elles mangent à leur faim et s’habillent joliment, elles ne penseront qu’à sortir. Tandis que si elles ont un peu faim et n’ont pas de quoi s’habiller complètement, elles n’auront rien d’autre de mieux à faire que rester chez elles » (37) refuse à la femme l’estime que mérite tout être. En réalité, selon les hadiths authentiques, le Prophète (saw) répondit lorsqu’on lui demanda le droit des femmes : « Nourrissez-les de ce que vous mangez et habillez-les de ce que vous portez, ne les frappez pas et ne les dénigrez pas ! » (38). De la même façon, cette autre transmission : « La femme possède une faiblesse et une “awra (partie intime à cacher), empêchez leur faiblesse par le silence et dissimulez leur ‘awra par votre maison » (39) insiste à restreindre la place de la femme à la maison et à la faire taire. Il est même possible de trouver un hadith inventé allant encore plus loin, ne cherchant plus à l’empêcher uniquement de participer à la vie en société, mais aussi à la vie tout court, osant affirmer que la vie n’a aucun sens pour la femme et que le dessous de la terre serait préférable pour elle plutôt que le dessus. Ce texte affirme que le Prophète (saw) aurait dit : « La femme possède deux enveloppes protectrices : le mari et la tombe » et lorsqu’on lui demanda lequel des deux est préférable, il répondit : « La tombe ! » (40).

Concernant les hadiths qui traitent de la vie de famille, nous remarquons que certains d’entre eux sont tellement absurdes qu’aucune réflexion n’est nécessaire pour comprendre qu’ils sont complètement inventés et que le Prophète (saw) n’aurait jamais pu dire de telles choses. Dans ce cadre, les propos favorisant le garçon sur la fille, tels qu’« enterrer sa fille est un acte louable » (41) ou « aimer vos garçons, car vos filles sauront se faire aimer » (42) sont des tentatives vaines de restaurer les vestiges de l’époque antéislamique de la Jahiliyya (de l’Ignorance) en totale opposition aux sources religieuses. D’autres hadiths inventés et attribués au Prophète (saw) soi-disant dans une bonne intention consistant à protéger les filles du mépris, tels que « Celui qui a une fille a certes un gros souci, celui qui a deux filles ne sera plus dans l’obligation d’effectuer le pèlerinage, celui qui a trois filles n’est plus responsable de donner la zakat et de recevoir ses invités, celui qui a quatre filles, ô les serviteurs d’Allah, aidez-le ! Prêtez-lui de l’argent, prêtez-lui de l’argent ! » (43) reflète l’envers du décor. Pourtant, l’approche de l’Envoyé de Dieu (saw) consistant à ne permettre aucune différence et discrimination est catégorique et claire : « Craignez Allah et soyez équitable envers vos enfants ! » (44).

Le sujet à propos duquel les femmes ont été victimes du plus grand tort en raison des hadiths forgés est sans aucun doute le domaine de l’éducation et de l’enseignement. Ces textes qui furent considérés comme références religieuses n’empêchèrent pas uniquement les jeunes filles d’accéder à l’éducation, mais rendirent également ignorantes des familles qui grandirent entre les mains de ces jeunes filles sans éducation une fois devenues mères.

« Si Allah aime un de ses serviteurs, Il le protège et ne l’occupe pas avec une femme et des enfants » (45) et « une personne possédant une famille ne sera jamais bien » (46) sont d’autres hadiths forgés aux contenus négatifs même à l’égard du mariage. Le hadith « Mariez-vous et ne divorcez pas, car le trône d’Allah tremble en raison du divorce » (47) est aussi une parole inventée non authentique très souvent citée présentant le mariage comme interminable à l’instar de la religion chrétienne. Cet autre hadith qui encourage le fait d’être entremetteur afin de marier deux personnes est intéressant à donner comme exemple du fait de sa tournure inadéquate qui prouve qu’il n’est pas authentique : « Celui qui œuvre pour que deux personnes se marient dans le licite, jusqu’à ce qu’Allah les rassemble, Allah lui fournira mille houris (femme du paradis). Chacune d’entre elles est dans un pavillon de perles et de rubis. Pour chaque pas qu’il prend et chaque mot qu’il dit sur ce chemin, il reçoit la récompense de la prière de la nuit et du jeune effectuée pendant toute une année. Et si quelqu’un s’efforce de réconcilier une femme avec son mari, il lui est donné la récompense de mille martyrs qui sont morts dans le sentier d’Allah. Pour chaque pas, une récompense équivalente à un an de jeune et de prière nocturne lui est donnée » (48). Il apparait d’une manière frappante que dans les hadiths forgés, la valeur de la femme se mesure primordialement par sa fécondité. Il est important de souligner qu’un long hadith qui continue à être pratiqué durant les mariages a été rapporté à ce sujet : « Ô Ali, lorsque la mariée entre dans ta maison, ôte-lui ses chaussures et lave-lui les pieds. Ensuite, renverse cette eau de la porte de la maison à chaque coin. Et si tu fais ainsi, Allah sortira soixante-dix sortes de pauvreté hors de votre maison et apportera soixante-dix sortes de bénédictions et d’abondance ... Il n’y a aucun doute qu’un tapis dans un coin de la maison est meilleur qu’une femme qui n’enfante pas » (49). Cette parole comportant une insulte à l’égard de la femme infertile a été renforcée par d’autres transmissions inventées telles que : « Une femme noire fertile vaut mieux qu’une belle femme stérile » (50). Une autre parole destinée à encourager la grossesse de la femme étonne autant de par sa forme exagérée que son contenu : « Lorsqu’une femme est enceinte elle reçoit la récompense des personnes priant la nuit, jeunant le jour, adorant leur seigneur avec concentration (Khuchu’) et accomplissant le jihad (effort physique et moral) dans la voie d’Allah. Tandis que sa rétribution durant les douleurs de l’accouchement n’est connue d’aucune créature sur terre, celle reçue pour chaque allaitement correspond à l’affranchissement d’un esclave ; et lorsque la période d’allaitement prend fin, vint à elle un ange et lui dit en lui tapotant sur les deux épaules : “l’écriture de tes actions reprend du début maintenant” » (51).

Les hadiths forgés concernant la vie en couple traitent en général de la responsabilité de la femme consistant à servir et se soumettre à son mari. Ainsi, le hadith forgé affirmant : « Lorsqu’une femme lave le linge de son mari, Allah inscrit 2000 récompenses à cette femme et lui pardonne 2000 péchés. Toute chose sur laquelle le soleil se lève demande son pardon et son rang s’élève de 2000 degrés » (52) fixe la relation de couple au niveau du linge et limite les attentes à l’égard de la femme. « Il y a, le vendredi, un laps de temps où Allah exauce toutes les invocations, à l’exception de la femme dont le mari est en colère à son encontre » (53), « Les prières et les bonnes actions de la femme qui tourmente son mari ne sont pas acceptées tant qu’elle n’aura pas réussi à se faire pardonner de son mari et à le satisfaire. Même si elle prie et elle jeune toute l’année, affranchie des esclaves et emménage sur le lieu du jihad dans le sentier d’Allah, elle restera la première à entrer en enfer » (54) sont des paroles inventées imposant à la femme une soumission et obéissance totales à son mari sans même prendre en considération qu’elle aurait très bien pu tout simplement refuser une chose illicite à son mari.

Terminons cette partie sur les hadiths forgés dans le domaine de la vie maritale par un exemple frappant. Selon cette transmission, un homme vint au Prophète (saw) avec une fille à ses côtés et lui dit : « Ma fille s’obstine à ne pas se marier ». Le Messager (saw) aurait alors dit à la fille : « Tu dois écouter la parole de ton père » qui répondit : « par Celui qui t’a missionné par la vérité, je ne me marierai pas tant que tu ne m’auras pas dit les droits de l’homme sur la femme ». Sur quoi le Prophète (saw) aurait déclaré : « Le droit de l’homme sur sa femme est si important que, si l’homme était blessé et que sa femme léchait ses blessures, ou que si l’homme perdait du sang ou du pus de son nez et que sa femme l’avalait, elle n’aurait toujours pas pu rendre son droit à son mari ». La fille alors stupéfaite jura : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité je ne me marierai jamais ! » L’Envoyé de Dieu (saw) mit fin alors à cette conversation en disant : « Ne mariez pas vos filles tant qu’elles ne le désirent pas ». Al-Hakim qui recueillit ce hadith en affirmant qu’il est authentique (55) fut très critiqué et cette parole fut en réalité considérée inventée et fausse (56). Il est bien sûr impensable que le Prophète (saw), connu pour encourager le mariage d’une manière courtoise et aimable, puisse détourner une jeune fille du mariage par des paroles si écœurantes.

En effet, les hadiths forgés nourrissent une relation de méfiance loin du respect, de la tolérance et de la confiance et élèvent les hommes et les femmes les uns contre les autres, au lieu de les rassembler.  Limiter la femme à la vie de maison, à travers des occupations statiques et une instruction limitée, est en réalité préjudiciable pour l’homme autant que pour la femme.

Conclusion

Nous remarquons aisément que l’esprit malsain qui se cache derrière ces hadiths mawdû’ se refuse à comprendre la femme de la perspective enseignée par l’Envoyé de Dieu (saw). Cette mentalité, capable d’attribuer au Messager (saw) des paroles à l’encontre de la femme, a perduré dans les sociétés musulmanes en formant des individus de même mentalité par l’intermédiaire de hadiths forgés soutenant cette vision malsaine, selon laquelle l’existence même de la femme serait dérangeante. Cette opinion domine à peu près toutes ces paroles inventées. L’équilibre, qui doit se faire entre la femme et l’homme, s’est finalement rompu en faveur de l’un, à savoir l’homme ; la femme, quant à elle, qui a été créée à la base capable d’assumer la mission honorable et difficile de khalifa sur terre, perdit ses droits humains les plus fondamentaux et fut ainsi contrainte à prendre position contre l’homme pour sa défense. En effet, les hadiths forgés nourrissent une relation de méfiance, loin du respect, de la tolérance et de la confiance et élèvent les hommes et les femmes les uns contre les autres, au lieu de les rassembler.  Limiter la femme à la vie de maison, à travers des occupations statiques et une instruction limitée, est en réalité préjudiciable pour l’homme autant que pour la femme. Une telle relation brisée, inégale et déséquilibrée, ignorant le fait que les hommes et les femmes ne peuvent donner qu’ensemble un sens à leur vie dans ce monde, empêche les êtres de sexes opposés de s’ouvrir en tirant profit de leurs différences et rend impossible une vie commune équilibrée dans laquelle chaque aspect de la vie serait vécu en symbiose.

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Les sources :

 1. L’article traite uniquement des hadiths considérés forgés avec consensus, les hadiths à propos desquels il y a une divergence ont été tenus à l’écart. Pour davantage d’informations sur le sujet les œuvres suivantes peuvent être sollicitées : Ateş, Ali Osman, Hadis Temelli Kalıp Yargılarda Kadın (la femme selon les modèles de jugement tirés des hadiths), édition Beyan, İstanbul 2001 ; Şefkatli Tuksal, Hidayet, Kadın Karşıtı Söylemin İslam Geleneğindeki İzdüşümü (le reflet de l’hostilité à l’égard des femmes dans la tradition musulmane), édition Kitabiyat, Ankara 2001 ; Çelik, Mustafa, Uydurma Hadislerle Kadın Aleyhtarlığı (l’opposition aux femmes dans les hadiths forgés), édition Ölçü, İstanbul 1995.

2. La Bible, La Genèse 3/6, 12.

3. La Bible, La Genèse 3/16.

4. Tâhâ 20/117.

5. Bakara 2/36; A’râf 7/22.

6. Bakara 2/36-38, Tâhâ 20/121-123.

7. Tâhâ 20/120-121.

8. Bukhârî, Libâs, 31; Muslim, Talâq, 34.

9. Muslim, Radâ, 64.

10. Bakara 2/30; Naml 27/62; Fâtir 35/39.

11. Ahzâb 33/36.

12. Mâida 5/38; Nûr 24/2.

13. Âl İmrân 3/195; Ahzâb 33/35.

14. Abû Daoud, Tahâra, 94.

15. Tirmidhî, Radâ, 11.

16. Bukhârî, Nikâh, 81.

17. Muslim, Salât, 135, 138.

18. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdouât, II/255; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmûa, p. 119, h.no:1

19. İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/204, h.no: 22; Albânî, Silsilatu’l-Ahâdîthi’d-Da’îfe wa’l-Mawdû’a, I/74, h.no: 56; Ajlûnî, Kachfu’l-Khafâ, II/165, h.no: 2128-2129.

20. Hâkim, al-Mustadrak, II/175, h.no: 2681.

21. Aliyy’l-Qârî, al-Asrâru’l-Marfûa, p. 181, h.no: 150; Ajlûnî, Keşfü’l-Hafâ, I/323, h.no: 1033; Sahâwî, al-Maqâsidu’l-Hasana, s. 168, h.no: 356.

22. Aliyy’l-Qârî, al-Asrâru’l-Marfûa, p. 181, h.no: 150; Ajlûnî, Kachfu’l-Khafâ, I/323, h.no: 1033; Sahâwî, al-Maqâsidu’l-Hasana, p. 168, h.no: 356.

23. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdouât, III/70; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/279; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/281; Dhahabî, Mîzâni’l-İ’tidâl, II/665; İbn Qayyim, al-Manâru’l-Munîf, s. 132, h.no: 298.

24. Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmûa, p. 220, h.no: 240; Sahâwî, al-Maqâsidu’l-Hasana, p. 248, h.no: 585.

25. Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmûa, p. 130, h.no: 32.

26. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdouât, II/273; Albânî, Silsilatu’l-Ahâdîthi’d-Da’îfe wa’l-Mawdû’a, I/433, h.no: 435; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmûa, p. 129, h.no: 32; Aliyy’l-Qârî, al-Asrâru’l-Marfûa, p. 226, h.no: 240; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/210, h.no: 36.

27. Bukhârî, Bad’ul-wahy, 1.

28. Bukhârî, Churût, 15.

29. İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/393, h.no: 2.

30. Aliyy’l-Qârî, Mirkâtu’l-Mafâtîh, IV/512.

31. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdouât, II/268-269; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmûa, p. 126, h.no: 27.

32. Hâkim, el-Mustadrak, II/430, h.no: 3494. Voir : Dhahabi, Talkhîsu’l-Mustadrak, II/430; Dhahabî, Mîzânu’l-İ’tidâl, I/419.

33. Azîmâbâdî, “Uqûdu’l-Jümân (İnci Gerdanlıklar)”,  trad. Ali Osman Koçkuzu, SÜİFD, sy. II, Konya 1986.

34. Ajlûnî, Kachfu’l-Khafâ, II/316, h.no: 2705.

35. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/277; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/179; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/202, h.no: 14; Albânî, Silsilatu’l-Ahâdîthi’d-Da’îfe wa’l-Mawdû’a, I/27, h.no: 19.

36. Abu Daoud, Tıp, 18; İbn Hanbel, Musnad, VI, 372.

37. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/282; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/213, h.no: 43; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmû’a, s. 135, h.no: 54.

38. Abu Daoud, Nikâh, 40, 41.

39. Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/181; İbnu’l-Jawzî, al-‘İlalü’l-Mutanâhiya, II/632, h.no:1043-1044.

40. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, III/237; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmû’a, s. 266, h.no: 182; Sahâwî, al-Maqâsidu’l-Hasana, p. 215, h.no: 491; Zarkachî, et-Tadhkira, p. 186, h.no: 32; Ajluni, Kachfu’l-Khafa, I/407, h.no: 1308.

41. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, III/235; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/438; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/372, h.no: 281; Sahâwî, al-Maqâsidu’l-Hasana, p. 214, h.no: 491; Zarkachî, al-Tadhkira, p. 186, h.no: 32.

42. Süyûtî, el-Hâvî li’l-Fetâvî, I/358. Bkz. Heytemî, el-Fetâvâ el-Hadîsiyye, s. 118; Ajluni, Kachfu’l-Khafa, I/54.

43. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/275; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/176; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/201, h.no: 11; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmû’a, p. 132-133, h.no: 46.

44. Bukhârî, Hiba, 13.

45. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/278; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/180.

46. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/281; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/180; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/203, h.no: 19.

47. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/277; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/179; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/202, h.no: 15; Albânî, Silsilatu’l-Ahâdîthi’d-Da’îfa wa’l-Mawdû’a, II/161, h.no: 731.

48. İbn Hajar, al-Matâlibü’l-Âliya, II/3. Ayrıca bkz. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/279-280; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/179-180; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/202-203, h.no: 17-18.

49. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/267; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/167; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/200, h.no: 8; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmû’a, p. 126, h.no: 26.

50. Aliyy’l-Qârî, al-Asrâru’l-Marfû’a, s. 222, h.no: 232; Dhahabî, Mîzânu’l-İ’tidâl, III/126. Ayrıca voir : İbn Hajar, al-Matâlibu’l-‘Âliya, II/33, h.no: 1576; İbn Qayyim, al-Manâru’l-Munîf, p.127, h.no: 285; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmû’a, p.121, h.no: 10.

51. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/274; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/211, h.no: 37; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmû’a, p.132, h.no: 45.

52. Haythamî, al-Fatawâ al-Hadthiyya,p.126-127; Ajluni, Kachfu’l-Khafa, I/104, h.no: 300.

53. İbnu’l-Jawzî, al-Mawdou’ât, II/273; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/174; İbn Arrâk, Tanzîhu’ch-charîa, II/201, h.no: 10; Chawkani, al-Fawaid-u’l-Majmû’a, s. 131, h.no: 44.

54. İbn Hajar, al-Matâlibu’l-‘Âliya, II/23, h.no: 1549; Suyûtî, al-Laâlî’l-Masnû’â, II/372.

55. Hâkim, al-Mustadrak, II/205, h.no: 2767.

56. Dhahabî, Talkhîsu’l-Mustadrak, II/205,206,  h.no: 2767, 2768; Haythamî, Macma’u’z-Zewâid, IV/564.

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