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Majidi: J'évolue dans mes films sur la voie droite (Sirat Al-Mustaqim)

 
Le célèbre réalisateur connu mondialement, Majid Majidi, a participé à l’atelier qui avait pour sujet « Biographie du Prophète (saw) et la représentation visuelle» organisé en 2013 par le site internet  www.ledernierprophete.info. Dans le cadre de cette journée, il a répondu aux questions concernant sa vie artistique et son film qui traite de l’enfance du Prophète (saw).
 
 
Pouvez-vous nous parler des débuts du film qui a pour sujet l’enfance du Prophète (saw) et pourriez-vous nous exposer ce que représente ce film pour vous ?
 
Je désire commencer par une anecdote de ma propre enfance. Je suis né dans une famille conservatrice. Ma grand-mère était une femme pieuse qui discutait de l’Islam autour d’elle, des discussions inspirées du Coran.  Quand nous étions petits, nous allions chez elle pour lui demander : « Peux-tu faire une istikhara (prière de consultation) pour nous ? Va-t-on avoir un 20 sur 20 ? » Et elle répondait à chaque fois : « cela sera favorable (khayr) si Dieu le veut ! ». Alors, je disais : « Comment favorable ? Je veux un 20 ». Nous avions du mal à comprendre ce que signifiait favorable, quelle allait être l’issue de cela…
 
Plus tard j’ai continué mes études et j’ai intégré la faculté des beaux-arts. Bien sûr, étant donné que ma famille était conservatrice, elle ne regardait pas d’un bon œil mon intéressement à l’art et au cinéma. Cependant, le cinéma est devenu aujourd’hui une lumière permettant de présenter notre Prophète (saw). Le cinéma en fait nous donne une grande opportunité. Je suis convaincu que si la chaîne prophétique avait continué jusqu’à nos jours, ils auraient sans aucun doute utilisé le cinéma pour rentrer en contact avec le monde entier. Nous voyons bien que nous vivons dans une période importante dans laquelle la communication se fait par le cinéma et la télévision. 
 
Nous avons entrepris ce grand projet afin de transmettre la vie du Prophète (saw) au grand écran. Vous allez remarquer la grandeur de ce projet quand mon film sera projeté et tout le monde en sera témoin. Cette détermination a été le fruit de la grâce du Prophète (saw) et sa bénédiction. Nous avons pour cela créé un grand plateau de tournage qui, je le pense, restera un site important du cinéma islamique. 
 
 

J’ai voulu présenter aux musulmans ainsi qu’au monde entier le vrai prophète, l’Islam authentique, loin des films violents et des scènes de terrorisme. J’ai voulu me retrouver dans une lecture conforme de l’Islam. L’Islam est une religion de miséricorde et s’il faut résumer l’Islam en un mot, l’Islam est une religion d’affection et d’amour.

 
Comment avez-vous pris la décision de faire ce film ? 
 
Je désire vous donner des statistiques concernant les films sur l’histoire de l’Islam. Les musulmans ont présenté une grande négligence sur ce sujet. Dans la religion chrétienne, il existe 250 productions qui ont pour sujet Jésus et ses apôtres, 120 traitent de Moïse et 80 ont pour thème les autres prophètes. 40 films ont été tournés sur Bouddha. Alors qu’il existe comme vous le savez uniquement un seul film sur le Prophète Muhammad (saw) : « Le Message (Al-Rissala) ». Ce long métrage tourné par Moustafa Akkad est sans aucun doute le résultat d’un travail conséquent et il a été un film d’une grande valeur à son époque. Néanmoins, je pense qu’il ne reflète même pas un quart de l’esprit de l’Islam. Comme vous le savez, il n’est traité que de guerres et ne reflète pas réellement le message de cette religion. Ce n’est vraiment pas suffisant. 
 
Suite à l’augmentation de l’islamophobie et d’autres mouvements, je me suis fixé un objectif. Et je me suis dit : « Jusqu’à quand nous allons rester les bras croisés, il faut réagir ». Bien sûr, il fallait que cette réaction soit un travail, un projet, oui il fallait mettre un projet en place. J’ai voulu présenter aux musulmans ainsi qu’au monde entier le vrai prophète, l’Islam authentique, loin des films violents et des scènes de terrorisme. J’ai voulu me retrouver dans une lecture conforme de l’Islam. L’Islam est une religion de miséricorde et s’il faut résumer l’Islam en un mot, l’Islam est une religion d’affection et d’amour.
 
Nous avons le devoir de consolider notre perception de l’Islam. Cela est une nécessité face à l’Occident. Il est question d’une vision exaltée de l’Islam. Il y a beaucoup de choses à expliquer à la population entière : c'est-à-dire que l’Islam et le prophète ont beaucoup de choses à dire, concernant les droits de l’Homme, au monde actuel. 
 
Il y a aussi de nombreuses choses à dire concernant les guerres, en particulier celles où le Prophète (saw) a pris position : la guerre est sans aucun doute notre ennemie, c’est un concept lié au feu et à la mort. Mais regardez comment le Prophète (saw) nous décrit le droit de la guerre : « Ne détruisez pas les arbres, pas même une seule feuille, ne nuisez pas aux mers et aux rivières, ne les polluez pas ! Aucun mal ne doit toucher les enfants, les femmes et les personnes âgées. Et traitez les prisonniers comme un d’entre vous, faites-leur manger de ce que vous mangez ! »
 
Où pouvez-vous retrouver cette vision ? On ne peut retrouver dans aucune école de pensée  une si belle et bienveillante parole. Alors n’y a-t-il pas une injustice à associer l’Islam à la terreur, l’injustice et la colère? Je pense que nous sommes la vraie raison de cette incompréhension. Parce que, nous avons mal représenté l’Islam aux yeux de l’Occident et aux yeux des musulmans. Bien sûr, dans cette situation, l’ennemi ne va pas se gêner de faire son travail.
 
Les séries produites ces derniers temps en Turquie ne reflètent en aucun cas la moralité islamique. Malheureusement, on y voit des scènes immorales dévastatrices pour les foyers. Et cela n’a aucune valeur pour un pays musulman tel que la Turquie, est reste plutôt une honte… On y voit réellement des principes destructeurs. Ces productions cachent un objectif bien précis. On peut donc penser que l’ennemi est venu jusqu’à l’intérieur de nos maisons. Notre ennemie que l’on croyait loin, les mauvaises mœurs, est, en réalité, déjà rentrés chez nous. 
 

J’ai voulu signer, à mon échelle, un projet d’envergure qui porte les valeurs du monde musulman. Nous avons, en réalité, cherché à produire un film au niveau des standards actuels  de qualités. Nous n’avons pas visé seulement un public musulman, mais nous avons destiné ce film à toute l’humanité. Il est question d’une préparation de trois ans. Nous avons dû effectuer des recherches approfondies sur l’histoire du Prophète (saw). 

 
Si nous retournons à votre film, pouvez-vous nous parler des débuts du tournage ?
 
J’ai voulu signer, à mon échelle, un projet d’envergure qui porte les valeurs du monde musulman. Nous avons, en réalité, cherché à produire un film au niveau des standards actuels  de qualités. Nous n’avons pas visé seulement un public musulman, mais nous avons destiné ce film à toute l’humanité. Il est question d’une préparation de trois ans. Nous avons dû effectuer des recherches approfondies sur l’histoire du Prophète (saw). Et  nous ne disposions que de  trop peu de sources sur l’enfance du Prophète (saw). C’est la raison pour laquelle nous sommes rentrés en contact avec tous les savants du monde musulman et des pays musulmans, ce qui nous a permis de recueillir des sources importantes. Nous avons aussi été confrontés à un vaste champ de recherche sur la géographie et les tenues vestimentaires. Nous avons voulu que ce film soit de la valeur d’un documentaire. Cependant, nous avons aussi dû faire face à diverses difficultés. Une des tragédies les plus graves est celle effectuée par les « wahhabites ». Ils essayent de détruire et de faire disparaître toutes les traces du Prophète Muhammad (saw). Nous ne savions même pas où transmettre nos plaintes. J’ai par exemple effectué plusieurs voyages pour trouver le lieu où a vécu Halima al-Sadiya (la nourrice du Prophète). Et quand j’ai finalement trouvé le cite, j’ai été très déçu, car il n’y restait plus aucune trace, ils avaient tout détruit. S’ils en avaient la possibilité, ils détruiraient même Masjid al-Nabawi (la mosquée du prophète à Médine).
 
Un grand effort a été nécessaire, nous avons essayé de recueillir de nombreux échantillons sur la composition de cette région, des accessoires et des vêtements. Nous avons essayé de former un véritable trésor en rassemblant divers échantillons. On peut parler d’un grand fond scientifique et d’une grande bibliothèque. Ces ressources nous serviront plus tard à la production d’autres films et pourront servir dans le cadre de différentes activités sur la biographie du Prophète (saw). Les décors ont aussi été le résultat de beaucoup d’efforts. Je pense que nous avons donné naissance à une œuvre importante de l’histoire mondiale du cinéma. Je peux affirmer que nous avons reproduit La Mecque avec exactitude et Médine a été reconstruit autant que notre histoire du film nous le permettait. Concernant le scénario, nous avons essayé de bénéficier des compétences des meilleurs noms. Nous avons aussi eu l’aide de professionnels du cinéma, extérieur à l’Iran. Nous avons travaillé avec Vittorio Storaro, un cameraman reconnu mondialement. Nous avons collaboré avec des spécialistes des costumes de scène d’Allemagne et de Yougoslavie. Nous avons travaillé la scène avec les éléphants en Afrique du Sud. Nous avons filmé l’attaque perpétrée à la Kaaba avant la naissance du Prophète (saw). Nous avons vraiment signé un grand projet. En ce qui concerne les effets spéciaux, nous avons collaboré avec Scott Anderson. Nous sommes en train d’effectuer les dernières touches, je  pense que le film pourra être projeté dans une année. Nous espérons que cela sera l’impulsion vers un nouveau mouvement. 
 
Une des questions les plus posées concerne le fait de montrer ou non le visage du Prophète (saw). Va-t-on dans ce film voir un visage du Prophète ?
 
En raison de notre respect au monde musulman, le visage du prophète ne sera dans aucun cas montré. 
 
Avez-vous fait place aux miracles qui ont eu lieu lors de la naissance du Prophète (saw) ?
 
Nous avons traité des événements extraordinaires qui ont eu lieu durant la nuit de sa naissance. Toutes les conséquences incroyables qui ont eu lieu à sa venue, telle que la chute d’étoiles, y figurent. Cependant, son plus grand miracle est son comportement imminent. Sa moralité exemplaire est un message pour toutes les époques. Il nous a montré des miracles et a été une bénédiction.  Une de ses vertus les plus importantes est sa loyauté, c’est pour cela qu’on l’a nommé Muhammad al Amin (Le loyal).  Nous nous sommes donc concentrés davantage sur ce miracle. 
 

son plus grand miracle est son comportement imminent. Sa moralité exemplaire est un message pour toutes les époques. Il nous a montré des miracles et a été une bénédiction.  Une de ses vertus les plus importantes est sa loyauté, c’est pour cela qu’on l’a nommé Muhammad al Amin (Le loyal). 

 
Quand nous regardons vos films, nous avons l’impression de lire le Coran. Les versets du Coran affluent dans notre esprit. Lorsque vous produisez ces films construisez-vous le scénario avec au départ un verset ou principe islamique dans votre esprit ? Ou bien lorsqu’un musulman produit un film, cela apparaît inéluctablement ?
 
J’évolue dans mes films sur la voie d’Allah, nommé  «Sirat al-Mustaqim ». Bien sûr, étant sur cette voie, la couleur d’Allah, la couleur d’Houda  (Dieu, le guide) se reflète dans nos travaux. Du moment que nous sommes sur cette voie, le reste est la couleur de Dieu, je pense. Évidemment, j’intègre dans mes films mes pensées ainsi que mes croyances et j’écris mes scénarios sous l’influence du courant islamique dans lequel je suis né. 
 
« Le responsable du projet est ici ! »
 
Je comprends, de ce que vous nous avez dit, que cette production est plus qu’un simple film pour vous. Contrairement à vous, les personnes qui vous ont accompagné, du fait qu’ils sont non-musulmans, ont dû appréhender ce projet comme un simple film. Comment a été l’interaction entre vous, positive ou négative, dans votre manière d’aborder le film ?
 
Je vais vous répondre en vous racontant une petite anecdote : durant mon premier voyage vers La Mecque et Médine, dans le cadre de mes recherches, je me disais : « Comment va se passer ce projet ? Comment va-t-on faire aboutir ce projet immense ? » J’avais encore beaucoup de doutes et de questions. Un ami, un aîné, était à mes côtés. Quand je lui ai dit ce que je pensais, il m’a répondu : « Le responsable de ce projet est ici, va et demande cela à lui-même ! ». J’étais à ce moment en train de passer devant le tombeau du Prophète (saw) ; alors j’ai partagé mes pensées avec lui et dit : « Montres-moi la voie, si cela est bénéfique que j’évolue dans cette direction ! »
 
Un des soucis les plus importants était au niveau des prises de vue. Notre directeur de la photographie était Vittorio Storaro, âgé de plus de 70 ans, il est l’un des meilleurs et même, je dirais, le meilleur dans son domaine. Il a été cinq fois nominé et trois fois rétribué aux oscars. Quand j’ai dit que je voulais travailler avec lui, mes amis m’ont dit que cela était impossible. « Il est impossible qu’une personne comme lui, d’une si grande notoriété, puisse venir dans un pays comme l’Iran présenté comme un pays plongé dans le terrorisme. » Cependant, je voulais à tout prix travailler avec lui. Il est l’auteur du livre « Writing with Light ». Effectivement, lorsque l’on regarde ses images, elles donnent l’impression d’avoir été tracées au crayon. 
 
Je m’étais exprimé au Prophète (saw) au Rawda (lieu situé entre la tombe et le minbar du Prophète) dans ces mots : « Je désire que cette personne travaille avec moi dans ce projet, si vous voyez un avantage dans cela, que cela se réalise si vous plait ! » Plus tard une fois retournés en Iran, nous sommes rentrés en contact avec son agence. Ils nous répondirent : « Il est actuellement à l’étranger pour un autre projet, transmettez-nous votre scénario, on lui fera parvenir à son retour ! ».  Nous leur demandâmes, alors, d’au moins l’informer de l’existence d’un tel projet et de bien vouloir nous donner une réponse. Et quelques jours plus tard, la personne de la communication nous donna la grande nouvelle. Il m’informa de la réponse de Vittorio Storaro.  
 
Dans son message, il demandait des informations supplémentaires sur le projet. Je lui répondis alors rapidement et lui parlais du projet. Bien sûr, j’avais continué mon dialogue en insistant avec des phrases remplies de sympathie.  Et le lendemain, j’ai reçu un message, qui disait : «  Allah », puis en dessous : « Allahu Nuru al-Samawati wa’l-Ard ». J’avais été très étonné de son geste, puis qu’à la suite il dise : « Je serais très honoré de participer à un projet traitant du dernier Prophète envoyé par notre Seigneur ». Un mois après on se donna rendez-vous à Rome. Du matin au soir, nous avons parlé longuement du projet. Mais moi, je pensais sans cesse à: « Comment a-t-il accepté de participer à ce film ? ». Je voyais dans ces yeux un mystère, un secret qu’il gardait pour lui. Alors, je n’ai pu m’empêcher de lui demander : « Comment as-tu accepté ce projet ? Quel secret se cache derrière cela ? »  Storaro a répondu : « J’ai été invité à ce projet ». Alors, je lui ai répondu: « Je n’ai aucun doute sur le fait que vous ayez été invité à ce projet, mais comment cela est arrivé ? ». Je vous explique ; Vittorio Storaro écrivait un livre sur la lumière des Prophètes dans ce monde. Il  a débuté par Abraham puis a continué prophète par prophète. Quand je lui ai envoyé un mail, il était arrivé finalement au Prophète Muhammad (saw) et étudié cette question depuis déjà trois mois. Quand mon message lui parvint, il était en train de lire la scène du Miraj (l’ascension du Prophète (saw).
 
Quand vous avez commencé ce film, tout le monde a voulu apporter une aide matérielle et morale. Pouvez-vous nous en parler ? Est-ce que ce soutien dure encore ? 
 
Cette valeur donnée au projet est le résultat de notre croyance. Partout où nous allions, nous étions accueillis avec beaucoup d’attention et d’enthousiasme. Je vois en cela la bénédiction du projet. Les gens effectuaient des sacrifices dans le lieu où l’on se trouvait. Et cela sans rien attendre en retour. J’ai même envie de dire qu’ils tendaient leurs mains vers nous comme si le prophète était à nos côtés dans la voiture. Nous avons été témoins d’événements étranges. Durant notre tournage dans le sud de l’Iran, se trouvait parmi les figurantes une femme malade. Je suis allé vers elle et lui ai dit : « Tu n’es pas obligée de rester, tu es malade ! ». Elle a répondu : « Non, je veux me trouver ici ! ». Pourtant, la rémunération de ces figurants était faible. Alors, je lui ai dit « Vas-y, va te reposer, tu auras ta rémunération, tu es malade ! ». Elle a répliqué : « Je reste ici pour trouver la santé, je suis ici pour bénéficier de l’intercession (shafa’a) du Prophète (saw) ». J’avais été très touché par cette histoire, le soir durant mon entretien avec le préfet, je lui ai parlé de cet événement. Il m’a demandé alors le nom et la maladie de cette femme. Le lendemain, cette femme a été transportée à l’hôpital pour être soignée gratuitement par les docteurs. Nous avons été témoins de belles et incroyables histoires. Je peux dire que nous avons été en présence de la manifestation du Prophète (saw).  
 

J’évolue dans mes films sur la voie d’Allah, nommé «Sirat al-Mustaqim ».

 
Votre film traite de l’enfance du Prophète (saw). À cette période le monde connaît diverses superstitions. Traitez-vous de ce sujet ? 
 
Bien sûr, notre film se déroule à l’époque de l’Ignorance et en réalité nous cherchons à décrire le monde dans lequel est apparu le prophète et démontrer l’inévitabilité de la venue d’un prophète.  Notre monde n’est pas très différent de l’époque de l’Ignorance (Jahiliyya). Les morts, les viols, les injustices, nous vivons dans un monde de guerre. On peut dire que nous vivons encore dans une certaine ignorance. Je pense que le monde entier, et plus particulièrement les musulmans, attend une nouvelle apparition pour être libéré de cette ignorance. 
 
Pour finir, que voudriez-vous partager encore concernant votre film ? 
 
Je voudrais finir en parlant de l’illustration. Nous ne possédions aucune référence pour reproduire le côté dramatique du film ; c'est-à-dire nous n’étions en possession d’aucune figure existante pour cela. Nous voyons régulièrement dans les autres religions, sur les icônes, les images et au cinéma, qu’ils sont très en avance sur nous, ils possèdent déjà beaucoup de références. Naturellement, durant les discussions du groupe de travail, tout le monde a pensé aux images de Jésus et de Marie. Mais nous avons décidé qu’il fallait que l’on crée une référence nouvelle appartenant à l’Orient et au monde musulman. Nous avons donc essayé de produire un exemple original. Nous allons observer la justesse de notre choix à l’apparition du film. 
 
Nous travaillons dans le cinéma, voilà pourquoi nous avons travaillé davantage les images, plutôt que les paroles. C’est ainsi qu’il a beaucoup été question de la relation du prophète avec la nature et sa relation avec l’univers depuis sa plus tendre enfance. Nous avons essayé de présenter cela à travers de belles images. Nous avons essayé de produire un film nous appartenant, un film appartenant au monde musulman.
 
Pouvez-vous détailler? 
 
Afin d’être plus explicite, j’aimerai vous faire part d’une séquence du film. Il y a la scène où le Prophète (saw) est âgé de 6 ans : à cette période de sa vie, le prophète voyage vers Hira au côté de son grand-père Abd al-Mouttalib. Durant ce trajet, étant plus jeune, le Prophète (saw) marchait plus vite et se rendit compte, quelque temps après, avoir semé son grand-père. Il tourna la tête à droite à gauche, à la recherche de son grand-père, mais ne le trouva pas. Alors, il continua sa route. Les plantes, à travers les rochers, étaient d’une grande beauté. Cette végétation semblait se dérouler tel un tapis sous les pieds du Prophète (saw). Il continua son chemin tout en évitant de piétiner et nuire à cette verdure. Le vent se mit à souffler, l’habit du Prophète (saw) s’envola et s’accrocha aux épines d’une plante. Comme vous le savez, lorsque nous tombons sur une épine, nous essayons de l’ôter pour qu’elle ne nuise à personne d’autre. Regardez comment le Prophète (saw), lui, réagit : il prend son habit et essaye d’ôter très délicatement l’épine pour ne pas nuire à la plante. Lorsqu’il fait cela, son vêtement s’effile et la plante se penche vers le sol. Cela donne l’impression que celle-ci s’incline devant le prophète et un fil de sa tenue tente de le prendre. Le Prophète (saw) essaye alors d’arracher le fil de son habit. Mais lorsque le fil lâche, la plante inclinée remonte brusquement et se met à trembler. Les fleurs de celle-ci se décrochent puis s’envolent dans tous les sens, comme libérées. Les pissenlits s’envolent de toutes parts. Et le Prophète (saw) joue avec. En Persan, on appelle le pissenlit : « l’informateur » ; c’est comme si la plante avait apporté une information, un message. Le Prophète (saw) suit les pissenlits et est tiré vers Hira. Tous les pissenlits se rassemblent devant Hira, de telle sorte qu’ils semblent former un nuage entre terre et ciel. Comme si  les cieux étaient descendus sur terre. Il est question, ici, d’une dimension très poétique. Nous pouvons observer la relation du Prophète (saw) avec la nature. C’est là, une des scènes réalisées, il n’y a rien de vraiment étonnant. Il s’agit, en réalité d’un simple événement, mais cela est une illustration très poétique et gracieuse de sa relation avec son environnement. Nous avons essayé d’utiliser des notions simples et belles plutôt que des notions difficiles et étranges. Car d‘après moi, le plus grand miracle du Prophète (saw), après le Coran, est d’avoir fait vivre le bon comportement. Et dans ce film, nous avons tenté de montrer tous ces miracles. Vraiment, les aspects de son comportement, sous toutes ses dimensions, sont plus importants que tout autre sujet. 
 

 

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