Les Compagnons
Les Compagnons
 

Un des délégués du Prophète Muhammad (saw) chargé de l’appel à l’Islam: Abdoullah b. Houzafa (ra)


 

Abdoullah b. Houzafa (ra) est venu au monde à La Mecque en tant que membre d'un des bras de la tribu Qurayshite les Abou Sahm. Celui qui donna son nom Sahm à celle-ci était le quatrième grand-père d’Abdoullah b. Houzafa et sa lignée se rejoint à celle du Prophète (saw) à son septième grand-père Ka’b b. Luayy.

Abdoullah b. Houzafa (ra) est venu au monde à La Mecque en tant que membre d'un des bras de la tribu Qurayshite les Abou Sahm. Celui qui donna son nom Sahm à celle-ci était le quatrième grand-père d’Abdoullah b. Houzafa et sa lignée se rejoint à celle du Prophète (SAW) à son septième grand-père Ka’b b. Luayy.[1] Abdoullah qui devint Musulman alors que l'Islam commençait à peine à se propager, a vécu la vie rude lors de la période mecquoise. Notamment, il a participé à la deuxième émigration vers l'Abyssinie avec son frère Kays b. Houzafa à cause des persécutions qu’il subissait de sa propre tribu.[2] Après la bataille de Badr, Abdoullah b. Houzafa (ra) est venu à Médine. Après ceci, Abdoullah participa à toutes les batailles auprès de l'Envoyé d’Allah (saw), un moment il fut amené au poste de commandant d'une troupe de 50 personnes pour une campagne militaire.[3] Suite au pacte de paix de Houdaybiya, le Prophète (saw) commença à envoyer des lettres d'invitation à l'Islam aux tribus se trouvant dans la péninsule Arabique et aux pays voisins. Dans ses lettres, tout en donnant la promesse de sécurité et de protection aux interlocuteurs, il leur a été garanti que leurs terres et leurs trésors, leurs impôts et leurs lieux construits allaient rester entre leurs mains. Il a également été fait savoir que du moment qu'ils accomplissaient la prière et qu'ils versaient l’aumône purificatrice (zakat), leurs droits allaient être préservés mais, que s'ils se détournaient de l'Islam ils perdraient alors toutes leurs garanties. Voici, le texte d'une des lettres envoyée par le Prophète (saw) par l'intermédiaire d'Abdoullah b. Houzafa (ra) à l'Empereur Sassanide :

« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Cette lettre est de Muhammad, le Messager de Dieu, à Chosroès, roi de Perse. Que la paix soit sur ceux qui suivent la voie droite, et croit en Allah, et témoigne que Dieu n’est qu’Un, et n’a pas d’égal ou de partenaire, et que Muhammad est Son serviteur et messager, et sur lui la paix. O roi, sous le commandement de Dieu, je vous invite à l’Islam. Car j’ai été envoyé par Dieu comme Son Messager et cela à toute l’humanité, afin que je puisse mettre en garde tous les hommes qui vivent et compléter mon Message pour tous les incroyants. Acceptez l’Islam et protégez-vous contre toutes les afflictions. Si vous refusez cette invitation, le péché de la négation de tous vos gens va reposer sur votre tête. »

La lettre envoyée par le Prophète Muhammad (saw) rendit très furieux le roi, dès qu'il la prise en main, il la déchira et la jeta. Sur ce, Abdoullah b. Houzafa (ra) parla ainsi face à Chosroès en direction des Iraniens :

"Ô les Perses ! Vous êtes en train de passer des jours comptés sans livre et sans Prophète en dirigeant les terres entre vos mains qui sont seulement une partie du monde. Vous vivez une vie de songe. Alors qu'il y a une grande partie du monde que vous ne dirigez pas. ! Ô Chosroès ! Avant toi de nombreux souverains du bas monde et de l'au-delà sont venus et ont régné. Ceux qui étaient de l'au-delà ont profité également du bas monde, quant à ceux du monde, ils ont anéanti leur part de l'au-delà. Ceux qui rivalisaient entre eux pour ce bas monde, se sont retrouvés dans l’au-delà au même niveau. Tu es en train de mépriser cette affaire que je t'ai apportée mais, par Allah où que tu sois lorsque la chose que tu méprises arrivera à toi, tu seras effrayé mais tu ne pourras t'en protéger."

En attendant ces paroles Chosroès s'énerva davantage et s’enorgueillit avec son trône :

"Regarde-moi ça ! Une personne étant en position de mon serviteur, de mon esclave, se lève et m'écrit une lettre hein ! La royauté et la domination ont propres à moi ! À ce sujet je ne crains ni d'être vaincu, ni d'avoir un associé. Pharaon avait dirigé les fils d'Israël. Vous n'êtes pas meilleur et pas plus puissant qu’eux. Quel obstacle y a-t-il pour que je ne vous prenne sous ma domination ? Car je suis meilleur et plus puissant que pharaon !"

Après avoir prononcé ces paroles Chosroès ordonna à ses hommes de faire sortir le délégué du Prophète (saw). Sur ce, Abdoullah b. Houzafa (ra) fut éloigné du palais iranien d'une manière non approprié à un délégué. Par ailleurs, le roi d'Iran Husrav, ordonna à son préfet Bazan se trouvant dans la péninsule Arabique de lui donner des informations à propos du Prophète Muhammad (saw). Alors que le Prophète (saw) apprit que la lettre d'invitation qu'il avait envoyé en Iran par Abdoullah b. Houzafa (ra) avait été déchirée par Chosroès, il implora Allah de le punir de ce comportement irrespectueux.[4] Au même moment, après avoir reçu l'ordre du roi le préfet du Yémen envoya deux de ses hommes à Médine. Peu de temps après, le Prophète (saw) informa les délégués venant à lui que le roi d’Iran Husrev Perviz a été assassiné par son propre fils, par ailleurs il leur dit de faire savoir à Bazan que s'il devenait musulman il resterait à son poste de préfet du Yémen. Lorsque les délégués arrivèrent à leur pays ils comprirent que les informations données par le Prophète (saw) au sujet du changement de gouvernement en Iran étaient véridiques puis, ils transmirent la proposition du Prophète (saw) au préfet. Peu de temps après, Bazan déclara sa conversion à l'Islam avec de nombreux Yéménites.[5]

Notamment, il a participé à la deuxième émigration vers l'Abyssinie avec son frère Kays b. Houzafa à cause des persécutions qu’il subissait de sa propre tribu.[6] Après la bataille de Badr, Abdoullah b. Houzafa (ra) est venu à Médine. Après ceci, Abdoullah participa à toutes les batailles auprès de l'Envoyé d’Allah (saw). Lors des conquêtes dans les terres de Damas pendant le califat d’Omar il tomba captif avec beaucoup de musulmans pendant une guerre dirigée contre les byzantins.

Lors des conquêtes dans les terres de Damas pendant le califat d’Omar Abdoullah b. Houzafa (ra) tomba captif avec beaucoup de musulmans pendant une guerre entreprise contre les byzantins. Les Romains inculquaient d'abord le christianisme aux prisonniers étant entre leurs mains, s'ils acceptaient ils les laissaient libres sinon, ils les tuaient avec toutes sortes de tortures. Le roi apprenant qu’Abdoullah b. Houzafa (ra) se trouvait parmi les prisonniers et qu’il faisait partie des compagnons influents, il lui donna une importance particulière et, il essayait sans arrêt de le convaincre afin qu'il accepte le christianisme. Mais, Abdoullah b. Houzafa (ra) n'écoutait aucune de ses propositions, il continuait à prononcer l'attestation de foi face à lui. Quant au roi, il n'était toujours pas désespéré à son sujet. Car, la conversion au christianisme d'un proche du Prophète (saw) allait se propager de jour en jour tout en engendrant une ambiance de panique parmi les musulmans menaçant Byzance et, ce serait une grande réussite dans le monde chrétien. C'est pourquoi, le roi augmentait sans arrêt les récompenses matérielles qu’Abdoullah b. Houzafa (ra) obtiendrait au cas où il deviendrait chrétien, il lui faisait de nouvelles propositions. Finalement, il lui fit cette proposition :

« Si tu acceptes de devenir chrétien, je te donnerai ma fille, je t'associerai à mon trône est à mon pouvoir. »

Mais, Abdoullah b. Houzafa (ra) répondit en s'écriant avec honneur :

« Même si tu me donnerais toutes les terres de Byzance ou même toutes les terres arabes et les terres perses je ne me détournerais pas un seul instant de ma religion. »

Les byzantins, n’ayant pu obtenir ce qu'ils voulaient d'Abdoullah, le crucifièrent d'abord. Pendant ce temps, les archers envoyaient sans cesse des flèches proches de ses mains et de ses pieds. Entre temps, ils continuaient également à l’inculquer au christianisme. D'un autre côté, un chaudron d’eau fut bouilli et, un des captifs musulmans refusant de devenir chrétien fut amené devant le chaudron attendant d’y être jeté. Sur ce, Abdoullah b. Houzafa (ra) commença à pleurer. Peu de temps après, le captif musulman fut jeté dans le chaudron les mains et les pieds attachés. Les personnes présentes aux alentours ainsi qu'Abdoullah b. Houzafa (ra) furent témoins de cette atrocité. Plus tard, Abdoullah b. Houzafa (ra) fut aussi amené à côté de ce chaudron. À cet instant, il continuait à pleurer. Le roi, croyant qu'il pleurait de peur lui proposa une nouvelle fois de devenir chrétien. Abdoullah b. Houzafa (ra) refusa encore cette proposition faite. Sur ce, le roi lui demanda la raison de ses pleurs. Abdoullah b. Houzafa (ra) répondit à son interlocuteur ainsi :

« Nous, les musulmans, nous n'avons pas peur de mourir dans la voie d’Allah, la raison de mes pleurs est ainsi : je me suis dit : si seulement j'avais autant de vie que le nombre de mes cheveux et que chacune d'elles aille ainsi à la mort et, cette pensée m'a fait pleurer. »

Face aux paroles d'Abdoullah b. Houzafa (ra) qui fut un exemple concret de l'honneur de l'Islam, le roi lui fit une nouvelle proposition :

« Si tu m'embrasses la tête, je te laisserai libre. »

Abdoullah b. Houzafa (ra) qui ne fit aucune concession même face à la proposition de partage du trône de Byzance fit cette fois-ci cette proposition à son interlocuteur :

« Je ferai ce que tu as dit à la condition que tu laisses libre tous les musulmans prisonniers se trouvant ici. »

Abdoullah b. Houzafa (ra) pensait ainsi alors qu’il allait embrasser la tête du roi :

« Je crois à ce que cet homme est un des ennemis d’Allah. J'embrasse sa tête non parce qu'il en est digne mais, car il va laisser libres mes frères musulmans. »

Abdoullah b. Houzafa (ra) embrassa la tête du roi et, celui-ci tint sa promesse en laissant libres 80 prisonniers. Au final, son comportement a conduit à la libération de 80 musulmans et a permis de sauver la foi de bien d'autres.[7] Abdoullah b. Houzafa (ra) retournant à Médine avec les prisonniers qu'il a sauvés a été accueilli par Omar (ra) le calife des musulmans. Omar (ra) a tout d'abord félicité Abdoullah b. Houzafa (ra) puis, il dit aux gens rassemblés là-bas :

« Abdoullah b. Houzafa (ra) a contribué à la libération de 80 de ses frères musulmans en embrassant la tête du roi. C'est pourquoi, c'est un devoir pour tous musulmans d'embrasser la tête d'Abdoullah. Voilà, je l'embrasse en premier. »

Puis, le calife embrassa sa tête.[8] Abdoullah b. Houzafa (ra) qui a participé à la conquête de Damas lors du califat d’Omar (ra), s'est trouvé également à la conquête de l'Égypte sous le commandement d’Amr b. al-As (ra). Il est rapporté qu'il est décédé en Égypte pendant les dernières années (35/655-56) du califat d’Osman (ra).[9]

 


[1] (İbn Sa'd, et-Tabakâtu'l-Kubrâ, I-X, Le Caire 2001, IV,176.)

[2] (İbn Abdilberr, el-İstîâb, Jordanie 2002, s. 391.)

[3] (İbnü'l-Esîr, Üsdü'l-Ğâbe, I-VIII, Beyrouth, (Daru'l-Kutubi'l-İlmiyye), III, 213.)

[4] (Ibn Sa'd, et-Tabakâtu'l-Kubrâ, IV, 177.)

[5] (Buhârî, Cihâd ve's-Siyer 101, Buhârî, Meğâzî 82; İbn Sa'd, et-Tabakât, I, 259-260.)

[6] (İbn Abdilberr, el-İstîâb, Jordanie 2002, s. 391.)

[7] (Zehebî, Siyeru A'lâmi'n-Nübelâ, I-XXIII, (thk. Şuyab Arnavud), Beyrouth1985, II, 13-15.)

[8] (İbn Abdilberr,el-İstîâb, s. 391; İbnu'l-Esîr, usdu'l-Ğâbe, III, 213-214; Siyeru A'lâmi'n-Nübelâ, II, 15-16.)

[9] (İbn Abdilberr, el-İstîâb, s. 391-392; İbn Hacer, el-İsabe, I-V, Kalkuta 1803, IV, 55-56.)

 

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