Sira
Vie du Prophète Muhammad (saw)
 

31 - La Conquête de Khaybar

Khaybar était un centre commercial et agricole important où vivaient des Juifs, situé sur une large vallée, sur la route Médine-Syrie, commençant à 180 km au nord de Médine. Après le Pacte de Houdaybiya, le Prophète (saw) commença à réfléchir sur le danger que représentait Khaybar pour les Musulmans. Car après avoir été chassé de Médine, les Juifs de Banu Nadir qui s’installèrent à Khaybar se mirent à fomenter une grande hostilité contre Médine et, outre les polythéistes mecquois ils avaient établi avec certaines tribus arabes une grande alliance. La bataille de Khandaq était une conséquence de ces activités. Le Messager d’Allah (saw), peu de temps après son retour de Houdaybiya, décida de lancer une expédition contre Khaybar et quitta Médine avec une armée forte de 1600 hommes dont 200 cavaliers (ou 1500 hommes dont 300 cavaliers) (Fin Muharram 7/Juin 628). Informés de la situation, les Khaybarites se préparèrent à affronter les Musulmans. Selon les sources, ils disposaient de 20.000 ou, tout au moins, 10.000 combattants. En outre, ils jouissaient de l’avantage défensif de leurs forteresses réputées pour leur solidité et possédaient un stock d’armes important. Au terme d’un siège qui dura près d’un mois et qui fut parfois la scène de violents affrontements, les sept forteresses de Khaybar furent conquises, dont quatre à l’issue de combat et les trois autres par la négociation. Dans cette bataille où les Musulmans, notamment Ali, firent preuve d’un héroïsme exemplaire en s’emparant de la plus grande forteresse, Qamous, quatre-vingt-treize Juifs périrent. Parmi les Musulmans, le nombre des martyrs s’élevaient à 15 ou 20 personnes.

À l’issue de la bataille, un nombre important de combattants, de femmes et d’enfants parmi les Juifs furent faits prisonniers. Comme le souligne Muhammad Hamidullah, si, après la conquête, leur sort avait été fixé selon la loi de la Torah, il aurait fallu passer tous les hommes adultes au fil de l’épée et réduire en esclavage les femmes et les enfants. Cependant, en amnistiant, dans un premier temps, la population toute entière, le Prophète (saw) leur permit de quitter leur patrie. En contrepartie, ils demandèrent l’autorisation de demeurer métayers de leurs terres dans lesquelles étaient produites d’importantes quantités de dattes. Le Prophète (saw) accepta cette proposition. À la suite de Khaybar, il établit également avec les populations de Wad al Qura et Fadak des accords similaires.

À Khaybar fut saisi, une grande quantité de bétail, d’ustensiles, de produits à base de textile ainsi que de la joaillerie. Sur le plan de la quantité, de la variété et de la valeur, ce butin fut, du temps du Prophète (saw), un des butins les plus fructueux. Il existe différentes versions quant à la quantité et le partage des butins meubles et immeubles. Des exemplaires de la Torah, le livre sacré des Juifs, qui se trouvaient furent restitués par le Prophète (saw) à leurs propriétaires.

Pendant que le siège se poursuivait, un berger, esclave noir appartenant à un Juif de Khaybar, se rendant auprès du Prophète (saw), s’informa au sujet de l’Islam et, y ajoutant foi, décida de se joindre au combat dans les rangs des Musulmans. Conscient que les moutons qu’il paissait lui avaient été confiés, il demanda au Prophète (saw) ce qu’il devait en faire. À cette demande, le Prophète (saw), lui rappelant que l’Islam prône la loyauté à l’endroit du dépôt de confiance, lui ordonna de relâcher le troupeau après l’avoir conduit vers les remparts de la demeure du propriétaire. Le berger, dont il est mentionné qu’il se nommait Yasar, se conforma aux paroles du Prophète (saw) et, après s’être assuré que le troupeau était à l’intérieur des remparts, revint et se joignit dans les rangs des combattants musulmans. Peu de temps s’écoula avant qu’il ne tomba en martyr. Le Prophète (saw) s’approcha du martyr et informa ses Compagnons qu’il était du nombre des élus au paradis. Ainsi, tombant en martyr avant même de n’avoir pu, ne fut-ce qu’une seule fois, trouver l’occasion d’effectuer une seule prière après sa conversion à l’Islam, le berger resta gravé dans la mémoire des Compagnons comme la réponse à la question « qui est la personne ayant gagné le paradis sans avoir fait une seule prière dans sa vie ? ».

Lors de la conquête de Khaybar, Zaynab bint Harith, la femme de Sallam b. Michkam, un des chefs de tribu parmi les notables juifs, convia le Prophète (saw), après avoir égorgé un mouton, à un repas. Cependant, sa véritable intention était de l’empoisonner. Le Prophète (saw) se rendit à cette invitation en se faisant accompagner de Bichr b. Bara. Seulement, à la première bouchée, il comprit que plat était empoisonné et, sans l’avaler, recracha sa bouchée. Quant à Bichr b. Bara qui se trouvait à ses côtés, il succomba au poison.

Parmi les prisonniers de Khaybar, le Prophète (saw) affranchit et prit comme épouse Safiyya, la fille de Khaybar Houyay b. Ahtab, un des chefs de tribu parmi les Juifs.

 

 

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