Le Prophète Muhammad (saw)
Qui est le Prophète Muhammad (saw) ?
 

Un Prophète qui ne blesse pas et ne se vexe pas

Le Coran signale la compassion du Prophète d’Allah pour les créatures et sa miséricorde pour les hommes : ‘’Certes, un Messager pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est compatissant et miséricordieux envers les croyants.’’ (1)

Dans ce verset, Allah a donné au Prophète Muhammad (saw) deux de ses propres noms : très compatissant (Ar-Rauf) et très miséricordieux (Ar-Rahim), aucun des prophètes précédents n’a pas été honoré par ces deux attributs simultanément.

Dans les relations humaines, le caractère dominant de l’empathie est la douceur. Grâce à ce caractère, le Prophète (saw) est accepté par les gens et est entré dans leurs cœurs. Dans les relations humaines, les gens ne sont pas influencés par le génie et l’intelligence mais par le caractère unique et la forte personnalité. En effet, Allah nous dit : ‘’C'est par quelque miséricorde de la part d'Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage.’’ (2)

Le point de départ des relations humaines est de remarquer l’existence de l’autre et le considérer comme un individu à part entière. La vie et la pensée « égocentrique », ainsi que l’ignorance de de l’autre, sont les points faibles les plus importants dans les relations humaines. Les gens qui s’intéressent aux relations humaines et au développement personnel disent que : Le point fondamental des relations humaines repose sur le principe de se mettre à la place d'autrui, c’est ce qu’on appelle ‘’empathie’’.

Vu sous cet angle, pendant la période prophétique (Asr-ı Saadet), les gens ont entouré le Prophète Muhammad (saw) avec un sentiment de chaleur et un cœur épris, en admirant son caractère et sa personnalité. Il n’a pas profité de sa position pour ses intérêts personnels, Il était en première ligne de la résistance contre la difficulté et en même temps Il était en arrière pour le partage des faveurs. Tous ces comportements n’ont pas échappés aux yeux des gens. Au moment où un fracas, de cause inconnue, a été entendu à Médine, où chacun espérait l’aide de l’autre, les gens se sont écrié ‘‘Que se passe-t-il ? C’est quoi ce bruit ?’’. Le Prophète Muhammad (saw) a monté le cheval d’Ebû Talha (ra), nommé Mendub, et est allé à l’endroit d’où le bruit provenait. Après avoir examiné la situation, le Prophète (saw) a tranquillisé les sahaba, les compagnons en disant "Il n'y a rien à craindre".(3)

Par ailleurs, lors des excavations pendant la bataille de la Tranchée, le Prophète a servi aux centaines de ses compagnons, invités à la table de Cabir b. Abdullah (ra). Il s’est assis à table après tous les convives. (4) Son comportement solidaire, généreux et courageux éveilla l’admiration de ses compagnons.

Le Messager de Dieu (saw) se comportait avec compassion et miséricorde avec les membres de sa famille, avec ses compagnons (sahaba) et tous les hommes. Nous observons qu’Il n'a jamais fait de mal à personne.

Il avertissait les gens à propos de leurs fautes en disant que probablement c’était lui le mal voyant. « Que m’arrive-t-il, je vois certains de mes frères dans de telle mauvaise situation. » (5) Avec cette expression, le Prophète (saw) signifiait « Mes frères ne peuvent agir ainsi, cela doit être moi qui ne voit pas bien ».

Il répondait avec maturité à toutes les fautes et injustices faites contre Lui. Il pardonnait les fautes des autres.  Par exemple, lors d’une distribution du butin de guerre, un bédouin Lui demanda brusquement et brutalement une part plus grande du butin, le Prophète Muhammad lui répondit en souriant (6) : Allah dit  « Accepte ce qu'on t'offre de raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants. » (7)

Il est difficile de ne pas se vexer, de ne pas blesser, de toujours réagir avec tolérance envers les personnes qui ne connaissent pas leurs limites et qui les enfreignent souvent. D’ailleurs, on peut même admettre que « ne pas se vexer » est plus difficile que ne pas blesser, car ne pas blesser est une chose contrôlable. Or ne pas se vexer est la plupart du temps indépendant de notre volonté. Vous pouvez contrôler vos mains, votre langue, vos yeux et freinez vos actes, ainsi ne blesser personne. En revanche ne pas se vexer face aux comportements abrupts et maladroits des personnes requiert une forte personnalité capable de surmonter les obstacles de son ego.

Le Prophète d’Allah n’a ni blessé, ni n’a été blessé. Certains, qui étaient originairement bédouins, parmi les compagnons se comportaient brutalement. Voire quelques-uns ont tenté d’uriner au Masjid al-Nabawi. Le Prophète Muhammad (saw) ne s’est pas énervé et a pris soin de ne pas les blesser. Si quelqu’un parmi les compagnons réagissait exagérément, Il l’avertissait et leurs conseillait de se comporter avec politesse et tolérance. (8) Il n’a pas blessé le jeune homme qui est venu demander sa permission pour l’adultère. En posant certaines questions, le Prophète (saw) lui a persuadé que c’était une action erronée. (9)

Les comportements brutaux et brusques, les attitudes qui dépassent les limites blessent les gens et brisent les cœurs.  Tous les prophètes, et en tête le Prophète Muhammad (saw), étaient un modèle pour l’humanité pour ne pas blesser et ne pas être blessé. Les vertus morales ne peuvent être apprises que par une personnalité unique. On remarque les traces de la personnalité unique et le caractère exceptionnel Prophète Muhammad (saw) dans les bonnes œuvres de l’histoire de l’Islam. À mesure que les gens approchent personnalité du Prophète Muhammad (saw), ils parviennent aux vertus acceptés par la société. L’idée de ne pas blesser et ne pas être blessé a créé un nouveau souffle dans notre littérature et de nombreux poètes ont exprimé leurs sentiments à ce sujet. Parmi eux, Pertev Pacha s’exprime ainsi :

Ne şemm et bülbülün verdin, ne de hârdan incin
Ne gayrın yârine meyl et, ne sen ağyârdan incin
Ne sen bir kimseden âh al, ne âh u zârdan incin
Ne sen bir kimseden incin, ne senden kimse incinsin

(Ni ne sens la rose que le rossignol aime, ni ne sois blessé pas par son épine, si tu es blessé par une épine de rose et que tu as peur, alors ne sens pas cette rose. Car celui qui aime la rose endure ses épines.

Ne t’intéresse à l’amour d’autrui que par l’amour d’Allah, ne sois point blessé pas par autrui pour Allah. Si tu es tombé amoureux de l’éphémère, tu en seras blessé, parce qu’avoir confiance aux mortels brise la confiance de l’homme.

Ne blesse pas autrui, ne sois point blessé pas par autrui. Parce que si tu blesses l’autre, tu n’as pas le droit d’être blessé par leur mauvais comportement.)

En effet, le vrai comportement est ni blesser autrui, ni être blessé par eux. En un mot, avoir un cœur pur.

 


1) At-Tawbah / Le Repentir 9/128. Voir aussi Al-Anbiya / Les Prophètes, 21/107.
2) Al-Imran / La Famille d'Imran, 3/159.
3) İbn-i Sa´d, Tabakat, I, 373; Buharî, Edeb, 39.
4) Boukharî, Megazî, 29; Vakıdî, II, 452.
5) Voir Boukharî, Menakib, 25; Müslim, Salat, 119.
6) Boukharî, Humüs 19, Libas 18, Edeb 68; Müslim, Zekat 128. Voir aussi Ebû Davud, Edeb 1; Nesaî, Kasâme, 24; İbni Mace, Libas 1.
7) Al-Araf / Les Murailles, 7/199
8) Boukharî, Vudû´ 58, Edeb 80. Voir aussi Müslim, Taharet, 98-100; Ebû Davud, Taharet 136; Tirmizî, Taharet 112; İbni Mace, Taharet 78.
9) Ahmed b. Hanbel, Müsned, V, 256-257; Heysemî, Mecmau´z-zevâd, I, 129.

 

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